GARDE A VUE POUR UNE GIFLE.
“On ne peut pas accepter qu’un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances”, a commenté le rectorat après qu’un professeur ait giflé un enfant l’ayant traité de “connard”.
Et bien moi je dis si!
D’ailleurs si l’un de mes deux fils (paix à l’âme de mon second) avait traité un de leurs professeurs ainsi, que ce dernier l’eût giflé, je serais allé voir le professeur, avec mon fils, pour savoir ce qui se fût réellement passé et lui en aurait donné une seconde, devant l’enseignant.
Ils n’ont jamais insulté leurs maîtres, même si parfois ils s’estimaient victimes d’injustice. Ils en parlaient, ils en discutaient parfois même avec ceux qui les leur faisaient subir. Ils savaient ce qu’était la politesse et le respect.
Aujourd’hui les parents dans la médiocrité de leur éducation, dans la mollesse de leur indifférence, dans le laisser-aller de leurs responsabilités, dans les rots de leur bière bue devant la télé, dans leur discussion de café du commerce, dans la désinvolture de leur accoutrement laissent leur progéniture à l’abandon, ne leur donnant comme enseignement que l’exemple de leur avachissement.
Il ne faut pas s’étonner dès lors que ces tristes rejetons ne sachent plus où se situent les limites au-delà desquelles la tolérance n’a plus lieu d’être. Il faut à l’enfant de la douceur mais aussi de la rigueur. Si ce ne sont pas les parents qui les lui donnent, qui sera-ce?
Les parents reportent sur les enseignants, bridés par une loi stupide, leur totale incompétence. Il faut qu’ils en acceptent aussi les conséquences.
Ne nous étonnons pas alors que ces actes déplorables, ces violences, ces rackets, cette drogue, cette arrogance juvénile qui se vivent dans tous les établissements de France, entraînent leur lot de démotivation, d’exaspération et parfois d’une bonne paire de claques, ô combien méritée, qu’un père n’a pas su donner et qu’un autre à le mérite de prendre en charge.
Et ce n’est pas le professeur qu’il faut juger, c’est ce gendarme qui n’a pu su donner à son fils un soupçon de politesse. Eut-il admis qu’il le traitât de “connard” sans rien dire, sans le gifler? Se permettrait-il, lui, de proférer la même insulte à l’un de ses supérieurs?
Il ne vaut guère mieux que son fils, sans respect pour l’éducation et la nécessaire rigueur qu’elle suppose. Et plutôt que dialoguer, respire à pleins poumons l’air du temps en s’empressant de porter plainte. Encore heureux qu’il n’ait pas dégainé!
Non cette gifle n’est pas blâmable. Elle était nécessaire. J’affirme même que ce gamin de onze ans en mérite une seconde.
Ne pensez pas que je sois nostalgique des sévices d’antan. J’ai vécu le coup de règle sur les doigts ou sur le crâne, la trique sur les mollets, l’agenouillement au centre de la cour, les oreilles ou les cheveux tirés, la claque ou le coup de pied au derrière. C’était trop certainement. Mais lorsqu’on arrivait au lycée, en sixième, on savait lire, écrire, compter et respecter. Or entre le trop d’hier et le rien d’aujourd’hui nous n’avons su que créer des adolescents déliquescents.
Ausone disait déjà vers l’an 350, “il faut à la jeunesse turbulente un peu de verge et beaucoup d’éducation”. C’était le précepteur de Gratien et son élève devint empereur.

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