PORTER PLAINTE SUR LE NET: CA VA PAS MANQUER DE SEL!
“Un homme a dit la vérité Et on l’a exécuté…”
Ce court extrait d’une chanson de Guy Béart pourrait bien être modifié sous peu en remplaçant “homme” par “chercheur”.
Je viens de lire l’aventure de Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, qui dénonce les méfaits du sel dans l’alimentation, mais surtout les lobbies de l’industrie agroalimentaire.
Ces derniers le poursuivent donc pour diffamation.
Ca ne manque pas de sel!
D’autant moins qu’on sait que le sel est un excellent conservateur, donne de la saveur aux aliments et que certains industriels ne s’en privent pas, mais surtout qu’ils se tamponnent comme d’une salière des recommandations formulées par l’Afssa en 2001. Comme le dit l’article paru dans Le Post, on ne note aucun changement concret depuis.
Oui le sel peut tuer! Il retient l’eau dans l’organisme. Et quand il y a rétention d’eau, il y a fuite de potassium, oedèmes et autres risques. Et c’est bien pour cette raison que sa suppression est stricte dans les pathologies cardiaques, rénales ou hépatiques. Par voie de conséquence on peut s’interroger pour savoir si ce ne serait pas à nous, consommateurs, de porter plainte contre l’industrie agroalimentaire pour les dangers qu’elle nous fait encourir sans nous en avertir.
Et j’en viens enfin au sujet de ce billet, car, vous disiez-vous avec finesse, quel rapport entre le sel et internet?
Une loi est en préparation. Elle arrivera au parlement dès la fin des municipales. Elle va faciliter la tâche des nombreux procéduriers, délateurs, plaignants de toutes sortes: dès cet été, si la loi est votée, ce qui est fort probable, tout un chacun pourra porter plainte de chez lui, via Internet, dans un premier temps pour les actes de vol ou de vandalisme.
Mais il est prévu à court terme la création d’un véritable commissariat de police virtuel où seuls les faits de violence ne pourront faire l’objet de plainte. Toute autre affaire pourra y être enregistrée.
Il suffira de cocher des cases, de donner son nom (à priori les plaintes anonymes ne seront pas reçues. Ouf! on respire!), de décrire les faits, de valider et la plainte sera adressée directement au commissariat ou la gendarmerie la plus proche qui se fera un plaisir de vous appeler (n’oubliez pas votre n° de téléphone, ça serait crispant) pour finaliser le tout.
J’en connais qui vont se délecter, se pourlécher,se goinfrer. Déjà qu’on assiste à un véritable déferlement de plaintes en tout genre, pour une gifle, pour un arbre, pour du bruit, pour un avion qui passe, pour une cigarette, pour un médicament, pour… pour… tout et n’importe quoi.
J’espère qu’ils n’oublieront pas une case “divers”, pour mon sel. J’ai l’intention, en effet, de tester cet intéressant service dès que possible.
Un conseil, attention à vos commentaires! Je ne vais pas me gêner!
Au fait, vous savez combien ça coûte pour la mise en place? 5 millions d’euros! C’est salé!
Ce qui risque d’être salée aussi, c’est la note de fonctionnement. Car si vous faites tous comme moi, ce ne sera plus un déferlement mais un tsunami. Et c’est ce que craint, sans trop le dire, le Ministère de l’Intérieur.
Alors, un second conseil, tempérez vos ardeurs et allez plutôt discuter avec votre voisin qui vous empêche de faire la sieste avec sa tondeuse, car le printemps arrive, les pâquerettes vont pousser et les sauniers vont récolter.

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