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Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Sarkozy et les militaires décédés: 2 poids, 2 mesures!

MFO
Ce que j’ai à dire ce soir relève d’une épreuve ardue qui risque d’instaurer le malaise, tout au moins l’incompréhension et peut-être le discrédit à mon égard.

Comprenez-moi bien, il n’est pas dans mon intention de faire une quelconque comparaison entre la mort d’un soldat survenue dernièrement au Soudan et celles d’autres militaires.

La disparition d’un être cher et trop jeune est un événement si douloureux pour ses proches et tellement inacceptable, incompréhensible et aucunement dans l’ordre de la vie qu’il ne me vient même pas à l’esprit de hiérarchiser l’une ou les autres.

Je me bornerai donc aux faits, sans plus.

Gilles Polin avait 28 ans. Sergent chef au 1 er RPIMa déployé au Tchad dans le cadre de l’EUFOR, il est mort le 3 mars dernier sous les balles Soudanaises après une longue agonie, marchant plusieurs heures malgré sa blessure pour tenter de regagner sa base.

La cérémonie militaire de ses obsèques aura lieu mercredi après-midi à Bayonne.

Le président de la République sera présent accompagné des ministres de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires Etrangères ainsi que de Javier Solana.

Gilles Polin sera promu à titre posthume au grade d’adjudant.

Requiem aeternam Gilles, toi qui oeuvrais pour la paix et que tes parents sachent qu’ils sont mes frères en douleur.

Le 6 mai 2007, un petit avion de la MFO s’écrasait dans le centre du Sinaï. A son bord 8 militaires français et 1 canadien. Ils survolaient la Péninsule pour le respect de la paix entre l’Egypte et Israël. Ce 6 mai Nicolas Sarkozy était élu président de la République.

La cérémonie militaire des obsèques eut lieu le 18 mai à Mont de Marsan. Ce jour-là devait avoir lieu le premier conseil des ministres, mais à l’heure où la sonnerie aux morts retentissait sur le tarmac de la base, Nicolas Sarkozy mangeait des frites à Toulouse, à 20 minutes d’avion, dans les hangars d’Airbus.

Il ne daigna pas venir à nous.

Seul le chef d’Etat-Major des Armées représentait le gouvernement.

Aucun de ces militaires ne fut promu au grade supérieur. Ce n’est pas la coutume me répondit-on.

Dans l’un de ces neuf cercueils il y avait mon fils, l’un des deux pilotes.

Requiescant in pace!

 

Si j’ai écrit ce billet, ce n’est pas tant pour moi ou pour mon fils Guillaume, il se moquait des honneurs tout autant qu’ils me sont indifférents, il n’aimait que piloter comme son frère aîné, mais uniquement pour ses camarades dont les épouses auraient pu profiter d’une promotion posthume.
Quant à N. Sarkozy, qu’on le veuille ou non il est le représentant du peuple et chef des armées. A ce titre il était de son devoir de leur rendre hommage, comme il le fait pour Gilles. Il a préféré ce 18 mai 2007 le rendre aux frites de la cantine d’Airbus. A chacun sa conception de la France.

Un commentaire pour “Sarkozy et les militaires décédés: 2 poids, 2 mesures!”

  • angoustrine dit :

    Cher Patrick, cela te paraîtra bien dérisoire, mais permets-moi de te confier ma sympathie. Pour le reste, rien ne peut plus m’étonner, de celui que j’appelle le Pancrate. Ni hélas de la plupart des politiciens de son bord. Quand tu penses qu’il y en a un qui a osé comparer le traitement qu’en font les medias, à celui de Jean Zay, qui, lui, est un vrai exemple d’un homme droit, debout, et finalement républicain! Amitiés!

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