SEGOLENE, LE TIBET, CE SOIR JE VAIS DEPLAIRE.
Ce soir je vais déplaire. Non par plaisir, mais parce qu’il faut bien parfois rétablir quelques vérités sans pour autant se montrer un opposant inconditionnel et systématique aux affirmations du plus grand nombre. Mais souvent le plus grand nombre se trompe, emporté qu’il est par la volupté de savoir qu’il pense comme tous.
J’aborderai deux thèmes, dont l’un est exacerbé dans tous les organes de presse depuis le passage de la flamme olympique à Paris, et l’autre moins médiatisé mais révélateur d’un entêtement stupide de S. Royal. Je commencerai par ce dernier.
Il y a dix ans trois de ses collaboratrices avaient été licenciées après la dissolution de l’Assemblée en 1997, mais avaient continué à travailler pour S. Royal durant la campagne électorale qui suivit, et ce jusqu’en juillet, après son entrée au gouvernement Jospin, sans rémunération. Elles attaquèrent d’abord devant la juridiction prud’homale, ensuite devant la Cour d’appel de Poitiers. L’une d’entre d’elles abandonna la procédure quand elle obtint un travail dans une collectivité territoriale.
Dix ans d’attente pour quelques mois de salaire dus! Car S. Royal multiplia les procédures pour les décourager sans doute. A chaque fois elle était déboutée. Sans parler des tentatives d’intimidation dont fait état une des attachées parlementaires, Evelyne Pathouot qui vient enfin d’obtenir gain de cause, Ségolène Royal ayant été condamnée jeudi par la Cour d’appel de Rennes à verser les salaires.
Invraisemblable! Comment une femme dite de gauche peut-elle à ce point faire preuve d’une aussi mauvaise foi, d’un entêtement stupide, d’un déni de justice et de si peu de considération pour ses collaborateurs, et ce pendant dix longues années pour finir lamentablement par sa condamnation.
Chère Madame, si vous ne savez ce que veut dire le mot négociation vous n’êtes pas apte à diriger, à gérer et à gouverner.
Le second thème est celui du Tibet, dont tout le monde s’accorde à dire que son peuple souffre de la domination Chinoise. Moi y compris, n’acceptant aucune forme de violence, quelle qu’elle soit et d’où qu’elle vienne.
Seulement lorsque j’entends ou lis les commentaires acerbes émis à l’encontre de Jean Luc Mélenchon, je ne puis m’empêcher de penser qu’ils sont inconséquents et sans fondement, car le sénateur a raison. Et je trouve légèrement tendancieux l’article de la rédaction du Post dans lequel il ne montre qu’un court extrait de ce qu’il a dit.
Si vous prenez la peine de lire l’histoire du Tibet, non pas sur “Wikipédia”, mais dans l’excellent article de “l’Encyclopaedia Universalis” vous prendrez conscience que les moines bouddhistes ne sont pas si zen que cela et que les différents Dalaï-lamas alternèrent les alliances selon que celles-ci leur permettaient de conserver leurs privilèges, c’est à dire cette théocratie qui faisait d’eux et de quelques privilégiés les propriétaires du sol tibétain, la population étant réduite à l’état d’esclavage, corvéable à merci. Le 23 mai 1951 une mission tibétaine signait l’intégration du Tibet dans la République Populaire de Chine qui l’avait toujours considéré comme une de ses cinq nationalités, ce qui historiquement n’est pas totalement faux quand on sait l’importance qu’eut la Mongolie sur la pérennité du Tibet.
La Chine administrait et le clergé conservait ses prérogatives.
Cette période de collaboration fut à son apogée en 1954-1955 lors du long séjour qu’effectuèrent le Dalaï Lama et le Pan-chen lama à Pékin.
Je ne vous résumerai pas les longues pages de l’encyclopédie. Il faut les lire. Toutefois à partir de 1952 la Chine commença ses réformes socialistes qui aboutirent à la rébellion de 1959, mâtée et qui vit fuir le Dalaï-Lama pour l’Inde, à Dharamsala. Dès 1961 elle confisqua les terres du clergé pour les distribuer aux pasteurs et aux agriculteurs, diminua le loyer des terres et abolit le servage.
Voilà la véritable raison de la colère des prêtres bouddhistes tibétains et de leur révolte, poussant la population à des exactions, comme le massacre des commerçants chinois, tout autant inacceptables que celles de la police Chinoise. La violence engendre toujours la violence.
Au prétexte de la disparition de leur culture, ce qui malheureusement est vrai tant la Chine par son afflux de population phagocyte comme un macrophage cette province grande comme 2 fois la France (6 fois si l’on considère l’ensemble de l’espace tibétain incluant le Cachemire et d’autres provinces chinoises), les prêtres bouddhistes fomentent la rébellion afin de retrouver leur domination d’un autre âge.
Le XIVe Dalaï-Lama en est-il l’instigateur? Je ne saurais le dire. Ce dont je suis sûr c’est que la Chine n’acceptera jamais la liberté du Tibet. La seule solution passe par la négociation pour une éventuelle indépendance, un retour aux conditions de 1952. L’esclavage n’est plus de mise, mais la conservation d’une culture est essentielle.
Le boycott des jeux ne serait pas un élément positif pour une rencontre entre le régime de Pékin, que je ne soutiens en aucune façon dans ce qu’il a de répressif et d’atteinte aux libertés, et le Dalaï-Lama dont je me demande si son sourire n’est pas qu’une façade. Une crispation serait à craindre.

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