DE TOUT UN PEU. QUELQUES NOTES AU HASARD.
C’est un peu tard jeune homme. Il eut été souhaitable que vous vous y prissiez plus tôt. Que vous vouliez vous frotter au PS et à Ségolène Royal, suite à la condamnation d’icelle, est de votre droit le plus strict; je l’ai d’ailleurs fait en son temps. Mais que vous accusiez l’AFP de partialité parce que l’agence de presse n’a pas diffusé votre communiqué, me paraît être un procès que vous leur faites mu plus par l’aigreur que vous ressentez à n’avoir pas été relayé que par un véritable souci de vérité. Que vous le vouliez ou non, Frédéric Lefebvre, l’AFP n’est pas le porte-parole de tous ceux qui ont quelque chose à dire, pas plus vous qu’un autre. Sous-entendre d’autre part que cette agence privilégierait tel ou tel me semble hautement inconvenant, il suffit de lire les dépêches pour savoir qu’elle traita de cette affaire objectivement, rendant publics les commentaires des uns et des autres, y compris l’absurde demande de votre ami Raffarin. Votre texte n’apportant aucun élément nouveau plus de quinze jours après les faits mérita le sort qui fut le sien, la corbeille.
La prison, la prison avec sursis pour un professeur exerçant dans le Nord, après avoir dit à l’un de ses élèves qui venait de ranger sa classe, “ça, c’est du travail de bougnoule”. Que l’élève fut d’origine maghrébine est certes facteur aggravant, mais tenir de tels propos envers quiconque est intolérable et pour ma part j’estime la sanction légère. Ce n’est pas même un alourdissement de cette peine que j’eusse aimé, mais la radiation pure et simple de ce professeur. Détenteur de l’autorité et de la charge immense d’éduquer, tout enseignant à le devoir de donner l’exemple. Si vous voulez être respecté, respectez d’abord ceux dont vous êtes, par la force des choses, l’objet de tous les regards. Le professeur nie avoir tenu de telles paroles, mais le tribunal de Valenciennes ne l’a pas entendu de cette oreille, ni d’ailleurs l’Education Nationale qui l’a muté.
Dans le même registre, Monsieur Gautier Béranger, adjoint au secrétaire général du ministère de l’immigration, fonctionnaire donc de son état, a traité, le samedi 26 avril, un vigile d’un magasin Carrefour, de “sale noir”.
Ce brave homme, dont on se dit qu’il doit être un zélé travailleur de ce ministère, faisait ses courses. La somme s’élevant à plus de 500 euros, la caissière appelle un vigile pour aller faire les vérifications d’usage puisqu’il voulait payer par chèque. “Monsieur, vous n’avez pas le droit de toucher mes papiers, sale noir, je vous connais, vous êtes sans papiers et vous faites du trafic de papiers. Vous ne savez pas qui je suis, vous pouvez faire une croix sur votre carrière” se serait exclamé le zélé consommateur, dont le caddy devait bomber les grilles d’arrogance.
Le vigile, Pierre-Damien Kitenge, a décidé de porter plainte. Son directeur l’a convoqué pour le convaincre de retirer sa plainte, car l’adjoint du ministère aurait présenté ses excuses. Mais pas publiques, donc le vigile maintient sa plainte. Depuis il reçoit des appels anonymes, craint d’être licencié, et mieux, des employés présents lors de la scène, se sont vus intimer l’ordre de se taire alors qu’ils souhaitaient témoigner.
Je félicite la direction de Carrefour pour l’ardente défense de ses clients, jurant qu’il ne s’était rien passé. Si l’on ne peut plus payer ses achats par chèque sans être importuné, et ce pour l’infime somme de 500 euros, soit grosso-modo un demi-smic, il n’est pas surprenant de constater que la consommation est en proie au doute. Heureusement subsistent des Gautier Béranger, ayant démenti ces propos, pour faire régner l’ordre.
Pour terminer je voudrais également féliciter un autre grand de la distribution, ancien patron et fondateur d’Auchan, Gérard Mulliez, qui s’érige en ardent défenseur de l’objectivité, décidant avec le Ceres de mettre en oeuvre des études toxicologiques indépendantes sur l’impact de la consommation d’OGM pour la santé humaine.
Accusant sans vergogne les études déjà publiées de n’être que partiellement diffusées, pas suffisamment longtemps développées et financées par les industriels et distributeurs d’OGM, donc par ricochet dénigrant la recherche publique et ses chercheurs, Monsieur Mulliez et ses amis vont donc prendre le relais et financer des chercheurs privés.
Ils vont donc faire très exactement ce qu’il dénoncent.
Ce qu’ils dénoncent à tort d’ailleurs, car à lire leurs propos dans l’Expansion, on sait de suite qu’ils n’y entendent rien, leurs affirmations n’étant qu’un fatras de contre-vérités.
Encore un mot pourtant. Hier j’ai pris le train. J’avais réservé mon billet sur internet. Consciencieux j’ai coché les cases, dont celle de l’âge, ayant ainsi bénéficié d’un tarif préférentiel. Très exactement 0,70 euro. Sur le carton bleuté et rectangulaire qu’une charmante préposée m’a remis en gare de Roissy CDG contre la somme d’un peu plus de soixante dix euros figurait ce texte: “DECOUVERTE SENIOR ÂGE A JUSTIFIER”.
J’ai rencontré un contrôleur décontracté, il ne m’a rien demandé, pas même mes papiers.
Tout le monde n’a pas l’esprit aussi étroit qu’un tuyau de poêle à charbon dégageant son gaz carbonique.

angoustrine dit :
joli post, Patrick, et tu as découvert comme moi le nouvel exécuteur de toutes oeuvrs de l’ump, FL, redoutable, parce q’uintelligent, malin, et d’un sang froid semble-til à toute épreuve, et il en faut pour porter la parole d’une telle cacaphonie désintégrante. Quant au prof , au vigile, et au haut fonctionnaire, laissons la justice passer, en lui demandant simplement d’être …juste. On te lit, Patrick, on te lit.BQM.