DEVENIR ASTRONAUTE. L’ESA RECRUTE.
C’est un rêve que caressent des milliers d’enfants. Les hommes ont toujours regardé vers l’espace, subjugués par cette immensité vers laquelle s’élève notre imagination à défaut de nos carcasses pesantes. La mythologie a magnifié ce rêve lorsque Dédale enfermé dans son propre labyrinthe a voulu s’en échapper avec son fils Icare dont les ailes de cire, n’écoutant pas les conseils de son père, fondirent sous le soleil près duquel il tournoya.
Puis vint Galilée et sa lunette astronomique permettant de voir au-delà des nuages. Ce ne fut dès lors qu’une longue succession d’inventions pour observer toujours plus loin, jusqu’à ce télescope spatial Hubble tournoyant à 600 km au-dessus de nos têtes.
Mais l’homme ne se contenta pas de regarder, il fallait aussi pénétrer, découvrir cet inconnu. La Lune avait un tel attrait que Savinien Cyrano de Bergerac s’y rendit bien avant Armstrong; “Je m’étais attaché tout autour de moi quantité de fioles pleines de rosée, et la chaleur du soleil qui les attirait m’éleva si haut qu’à la fin je me trouvai au-dessus des plus hautes nuées.” écrivait-il vers 1649 dans “Les Etats et Empires de la Lune”.
Aujourd’hui le rêve de Cyrano s’est accompli, et si l’on ne va plus marcher sur la lune, on propulse toujours des humains dans l’espace.
Or l’Agence Spatiale Européenne (ESA) à lancé un appel à candidature pour recruter des hommes et des femmes désirant se faire envoyer en l’air. Si vous souhaitez devenir ces nouveaux Bibendum, la tâche sera rude, mais pas impossible puisque sur quelques 20000 candidats seuls 8 seront retenus (4 postes + 4 remplaçants). La pré-inscription est ouverte jusqu’au 15 juin à “des hommes et des femmes très diplômés et avec au moins trois ans d’expérience professionnelle”.
La campagne est ouverte à tous. Il faut être âgé de 27 à 37 ans, avoir de solides compétences dans les disciplines scientifiques, de grandes qualités humaines et parler anglais couramment; le russe est un atout supplémentaire mais non indispensable. La taille aussi à son importance: ne pas dépasser 1,90 mètre et pas moins de 1,53 mètre. Si vous avez la chance d’être jeune, instruit, sportif, ni nain ni géant vous pouvez remplir le gros dossier confidentiel qui élimine déjà presque 80% des candidats. L’écrémage se poursuivra par une batterie d’examens médicaux, de tests psychologiques, d’entretiens et un dernier passage devant un comité. Mais à ce stade vous avez déjà un bras dans la combinaison.
Ces heureux élus “séjourneront dans la Station spatiale internationale” et “iront peut-être dans la Lune”. Auparavant toutefois ils auront subi une série de tests à décourager les plus fanatiques des Montagnes Russes ou des admirateurs des hommes du RAID puis suivi un cursus à faire pâlir les rats de bibliothèques. Comptez quatre bonnes années avant d’imiter Tintin et d’obtenir un salaire qui peut atteindre 6500 euros selon l’expérience.
Toujours partant? J’en vois déjà qui tournent la tête vers des horizons moins lointains. C’est bien! C’est bien et c’est dommage à la fois car je suis partagé. Figurez-vous que l’autre soir mon fils me téléphone pour prendre de nos nouvelles et m’informer qu’il vient…. de poser sa candidature! Le dossier est rempli.
-Quoi? s’écria sa mère! mais tu es fou! Qu’est-ce que tu vas aller faire là-haut?
-Ne t’inquiète pas trop, maman, lui répondit-il. Je suis à la limite d’âge et ils n’en prennent que quatre!
-C’est amusant, ajoutai-je en souriant mais sans aller plus loin dans mon commentaire.
Peut-être regrettais-je qu’il lui manquât cinq petits centimètres pour ne pas franchir le filtre de la toise, ou éprouvais-je un sentiment de bonheur à savoir qu’il irait un peu plus près d’une étoile qui brille et que je regarde chaque soir. Peut-être!
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