Brice Hortefeux va pouvoir pavoiser lorsqu’il affichera ses prochaines statistiques; au nombre des partants vers l’étranger il ajoutera un nom, Alain Ducasse qui, préférant sans doute ne pas subir les affres fiscales, est parti tout seul, comme un grand, vers ce royaume princier où l’argent a vraiment une odeur étrange.
Bravo Alain, votre geste est exemplaire et nous souhaitons tous qu’il soit suivi avec attention par ceux qui regimbent quand on les pousse manu militari dans l’avion du désespoir. Qu’ils soient au moins comme vous, coopératifs. Et surtout n’allez pas brûler au jeu des casinos le maigre pécule qu’on vous a alloué. Vous vous êtes dévoué pour leur montrer l’exemple, il est inutile d’en faire plus.
Pour votre survie, là-bas, à l’étranger où l’on blanchit l’argent sans remords, où le mot fisc est totalement inconnu, achetez donc un petit local pour y enseigner votre talent à l’usage des impétrants. J’ai trouvé son nom: “Le Paradigme”.
Il y a longtemps, lorsque je regardais “Nicolas et Pimprenelle” -attention, la série qui débuta en 1962, pas celle de 1995- ou “Interlude” -vous savez ce petit train rébus- il n’y avait pas de publicité à la télévision. Lorsque celle-ci fit son apparition ce fut de toute part des cris d’effraie. Exactement comme aujourd’hui où l’on parle, à l’inverse, de la supprimer sur les chaînes publiques. En fait, on n’est jamais content. Elle vient, on crie; elle repart, on crie encore. Certes, et ce serait une excellente idée si l’on avait les moyens d’assumer, mais comme il faut bien vivre et que les budgets ne sont plus extensibles, il faudra trouver le financement supplétif. Qui croyez-vous qui supportera le fardeau? Alain Ducasse? Non, il est parti. Nous alors? Bravo, c’est presque ça. Internet et les opérateurs; et comme ils répercuteront la taxe sur nos abonnements, ce sera bien nous.
Comme tout à l’heure je vous disais que les budgets n’étaient pas extensibles, je le répète pour les valeureux penseurs du projet, les nôtres non plus.
Et pendant ce temps-là, la maison Bouygues gagnera sur tous les tableaux avec la publicité sur sa chaîne.
Un autre tableau de chasse à son actif, c’est la signature, le 19 février, avec Madame Dati d’un contrat pour la construction, mais aussi l’exploitation -vous avez bien lu: l’exploitation- de trois prisons.
Qu’un maçon bâtisse, c’est normal, c’est son métier de répondre aux appels d’offre et de gagner la mise si le rapport qualité-prix est bon. Mais qu’un maçon exploite ensuite le bâtiment qu’il a construit, surtout quand il s’agit d’une prison, relève quelque peu de l’outrancier. A quand la Justice rendue par Bouygues? Car au train -qui n’est pas celui de mon interlude- où vont les événements en ce moment on peut craindre le pire.
Comme je ne suis pas en manque d’idées ce soir, j’ai encore une solution pour économiser sur le devis: que Bouygues fasse bâtir les prisons par les prisonniers eux-mêmes, ça les occupera en attendant de pouvoir regarder les programmes de TF1.
J’avais d’autres sujets à sortir de mon panier -il faut dire que la récolte est facile en ces premiers beaux jours- comme les mères porteuses ou encore la chasse ouverte aux généraux qui critiquent le livre blanc, mais je les garde pour plus tard.
On ne sait jamais, des fois que ça se calmerait du côté de nos penseurs, je n’aurais plus rien à vous offrir en pâture.
Allez ruminez bien et à plus tard.
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