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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

SUICIDE D’UN MEDECIN.

Ce matin dans le commissariat d’Asnières-sur-Seine un homme s’est suicidé en se tirant une balle en plein coeur.

Il était médecin. Il avait soixante ans. Une jeune femme avait porté plainte contre lui pour agression sexuelle après lui avoir injecté, affirme-t-elle, des produits pour abuser d’elle.

Convoqué par la police, où il avait déjà été entendu en 2006, il a demandé à se rendre aux toilettes et s’est tué en criant “pour l’honneur!”

Voici les faits.

Mais les questions restent en suspens.

D’abord celle-ci: comment peut-on entrer dans un commissariat avec une arme? Petite et discrète, selon le directeur départemental de la police, il n’avait pas été fouillé car non mis en examen.

Pourquoi dès lors se tuer? Par crainte du scandale, par crainte de la vérité, par honte d’être injustement accusé ou par lassitude?

La jeune femme ment-elle ou dit-elle la vérité? Pour quelle pathologie annoncée lui avait-il administré un produit? Car on n’impose pas une injection sans au moins une raison, même fallacieuse. Où? A son domicile ou au cabinet? Pour quels symptômes avait-elle consulté? Car là encore, on ne se rend pas chez un médecin uniquement pour lui dire bonjour, bien que j’aurais des exemples.

Toutes ces questions que je me pose, les posera-t-on à la jeune femme? Car si elle dit la vérité, justice désormais lui a été rendue par son propre agresseur. Si elle a menti elle portera sur la conscience la mort d’un homme.

Je n’accuse ni l’un ni l’autre, pas plus que je ne condamne. Je sais qu’il existe des brebis galeuses partout, et même chez les médecins que je connais bien pour les avoir côtoyés de longues années, professionnellement. Je sais aussi qu’ils subissent de la part de leurs patients, parfois mécontents, des attaques régulières. Je sais que certains, rares, très rares, ne sont pas dignes d’exercer.

Mais ce que je sais aussi c’est que nombre d’entre eux craignent de plus en plus ces dépôts de plainte presque toujours injustifiés. Un médecin de ma connaissance refuse désormais toute consultation seul à seul dans un foyer de jeunes. Un éducateur spécialisé que je connais, vient de subir une injustice au seul témoignage d’un enfant qui l’accusait de sévérité, sa mère menaçant de porter plainte, ce qu’elle ne fit pas, et pour cause. Et le phénomène touche tous les milieux, sans nier pour autant les quelques abus qui demeurent. Pour le permis de conduire, il faut attendre une réponse postale. Les inspecteurs craignent les violences en cas d’échec. On recrute en duo, dans les sociétés, pour éviter un éventuel chantage. On laisse la porte du bureau ouverte lors d’un entretien. On fait signer des décharges aux malades hospitalisés (même pour un examen banal). On enregistre, on filme, on se fait accompagner.

Un livre n’y suffirait pas, tant les craintes de se voir accuser de tous les crimes de la terre s’amplifient.

Nos concitoyens souffrent d’une pathologie, celle de la “plaintonite”, et je ne sais pas si ça se soigne.

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