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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

LA REACTION DE BIRENBAUM ME LAISSE PANTOIS!

Elle a de quoi me surprendre la réaction de G.Birenbaum à propos de Sarkozy, réaction qu’il a bien voulu accorder au nouvel observateur suite aux affaires dites de la rétention de sûreté et du salon de l’agriculture. Elle me laisse pantois!

Inutile de les rappeler, Birenbaum le fait pour nous en précisant tout d’abord qu’on ne peut pas les comparer.

Détrompez-vous cher chroniqueur! Elles sont semblables et participent du même dédain qu’un homme éprouve pour certains de ses concitoyens et des lois dont il est le garant. Il parle sans réfléchir, emporté qu’il est par la violence de son mépris envers tout ce qui ne satisfait pas son égo.

Lorsque vous dites que l’ancien président répondait à une grossièreté de ce type par “Moi c’est Jacques Chirac. Enchanté.” et que cette réaction était bien plus cinglante que l’insulte, permettez-moi de sourire.

Elle n’était pas cinglante, elle était ironique, bienséante, diplomate et apaisante en dégonflant la colère ou l’irrespect de l’interlocuteur.

Que vous vous fourvoyez dans l’analyse, passe encore. Que vous ajoutiez que ce “casse-toi pauvre con” lui collera à la peau plus que “karcher” augmente encore mes doutes quant à vos capacités de prédiction. Mais que vous ajoutiez sans frémir “Je ne pense pas en outre que Nicolas Sarkozy viole le système constitutionnel. Ce n’est pas la première fois qu’un chef de l’Etat demande l’avis du président de la cour de cassation.” c’est, non seulement une sottise, nous prendre pour des aveugles, faire preuve de peu d’objectivité et de sens critique. C’est du pur Sarkozisme!

Dès vendredi soir l’Elysée a réagi, annonçant que le chef de l’Etat avait demandé à Vincent Lamanda “de faire toutes les propositions nécessaires” pour parvenir “à l’application immédiate de la rétention de sûreté.”

Si ce n’est pas avoir l’intention délibérée de passer outre la décision des sages et de violer ainsi la constitution, c’est quoi à votre avis très éclairé?

Un constitutionnaliste, un vrai, Frédéric Rolin, professeur de droit à Paris X-Nanterre, s’est dit pour sa part surpris: “C’est la première fois qu’on saisit officiellement une autorité pour lui dire *Trouvez-moi un moyen de dire exactement le contraire de ce que vient de dire le Conseil constitutionnel* . Ca ne s’est jamais fait dans des termes aussi frontaux”.

Ce n’est peut-être pas la première fois en effet qu’un Président demande l’avis de la Cour, mais c’est bien la première fois qu’il agit ainsi délibérément alors que la constitution, dans son article 62 que je vous conseille vivement d’approfondir, précise que: “Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toute autorité administrative et juridictionnelle.”

Par conséquent et malgré vos appréciations, y compris à la Cour de cassation.

Enfin vous concluez par une sentence de haute volée en affirmant “Pour moi, cette polémique n’a pas d’intérêt. Le mélange du politique et du juridique n’a pas lieu d’être.”

Faut-il vous rappeler qu’au contraire ce mélange est de tout temps patent et que les lois sont votées par le parlement et appliquées par les instances juridiques, et que si ce mélange n’a pas lieu d’être, ce n’est pas tant dans ce que vous sous-entendez par votre formule péremptoire, mais bien par l’immixion intolérable au sein de ce que vous nommez le juridique, d’un chef d’Etat qui doit penser se croire au-dessus des lois.

C’est bien pour cette raison que cette polémique a un intérêt, excessivement supérieur au mélange du politique et de leurs extravagances mondaines dont vous êtes plus friand, meilleur connaisseur et lu en conséquence.

On ne peut pas être à la fois chroniqueur mondain et exégète politique.

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