LEGION D’HONNEUR: LES CLOCHES ONT PASSE!
Comme chaque année la promotion de l’Ordre national de la Légion d’Honneur est revenue avec les cloches pascales.
Mise à part Bernadette Chirac, dont je m’étonne qu’elle ne l’ait qu’aujourd’hui, je me demande au titre de quels hauts faits on accroche cette médaille sur le torse, bombé comme une poitrine orgueilleuse bourrée d’implants, des autres.
Comme il est d’usage désormais la parité hommes-femmes est respectée, comme s’il fallait que tout passât sous les fourches caudines de cette absurdité technocratique. De nos jours on ne nomme, récompense, cite ou élit non pas en fonction des compétences, mais de l’égalité. Quitte à laisser sur le bord du chemin quelques femmes ou quelques hommes qui le valaient cent fois mieux.
Ils sont 662 cette année à l’avoir obtenu ce ruban rouge au bout duquel pend la médaille tant convoitée. Les femmes sont même majoritaires, 2 de plus que les hommes (332 pour 330). Ils sont allés jusqu’à féminiser les noms de fonction et de métier. On y trouve une commandante, une ingénieure, une écrivaine. Ridicule! A rougir de honte autant que le ruban. Toutefois ils n’ont pu écrire cheftaine, laissant Mme X. chef d’entreprise! Injuste! Pourquoi pas cheffe pour aller au bout de la bêtise?
A rougir aussi les promus? De plaisir sans aucun doute. Clavier, Le Lay, Gattaz, Trigano, Madelin, Dorin… Qu’ont-ils donc fait de si extraordinaire? Et Pichon, champion du monde de moto-cross en 2001. Il l’a eue, sa médaille, celle qu’il devait avoir par son exploit. Et Joyon, et tous les autres, tous ceux tels des enfants sur un manège essayant d’attraper la queue de Mickey.
Où sont-ils ceux qui la méritaient vraiment? Où est-il celui qui sauva une vie, où est-il le mécano de l’armée mort, où est-il l’ouvrier blessé, handicapé, mort sur son lieu de travail, où est-elle l’infirmière, l’aide-soignante où sont-ils tous les humbles, les petits, les gens du peuple qui tous les jours se dévouent pour les autres au détriment de leur existence, pour un salaire de misère et plus souvent des insultes que des remerciements? Nulle part je n’en ai vu un distingué.
C’est aussi pour eux qu’elle fut créée, surtout pour eux et non les comiques, les artistes, les sportifs, les industriels, les puissants, les infatués, les dédaigneux, les caudataires. D’autres médailles existent.
Décoration galvaudée, dépréciée, que signifie-t-elle aujourd’hui? Rien, plus rien, pas plus en tout cas qu’une médaille de concours agricole, comme celles qu’on voit sur les camemberts primés, quand on sait qu’un Poutine par exemple l’arbore depuis longtemps.
Les cloches de Pâques ont passé, distribuant aux enfants leurs oeufs en chocolat. S’égayant dans les jardins à leur recherche, quelques uns en ont trouvé noués d’un ruban rouge.
LIENS: Les nominations
Site de le Légion d’Honneur
ADDENDA: Dans la promotion de Pâques, quelques récipiendaires, peu nombreux, ont infiniment mérité cet hommage, puisqu’on y trouve des infirmières, des assistantes sociales, des médecins ou encore des responsables d’oeuvres caritatives. Il y a même cette femme de 86 ans qui hébergea durant la guerre la famille d’un chanteur afin de la sauver des hordes nazies. Ceux-là, oui, la méritent leur médaille.
