logo
visu

Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Pike | De l’ambition à revendre.

Alors là c’est fort, très fort. Dans la démagogie on ne peut guère aller plus loin. A moins peut-être de promettre un streap-tease si elle est élue, Ségolène Royal ose dire aux militants de payer leur cotisation afin de pouvoir voter -pour elle, bien sûr, tant son propos est cousu de fil aussi blanc que son ensemble de madone- puis de les rembourser, ensuite, s’ils ont des difficultés financières, s’engageant à trouver une solution, en tout cas.
Mais c’est quoi ce discours? Du populisme, de l’ochlocratie. Toutefois, après une courte réflexion, il y a sans doute encore mieux dans le style marketing éhonté, réclame abusive: si vous trouvez moins cher, je vous rembourse deux fois la cotisation. On ne lui pas appris cela à l’ENA? Mais non, les visées y sont plus hautes que dans les écoles d’épiciers, dites de commerce, où tout est bon pour ferrer le badaud qui a le malheur de s’arrêter devant le camelot. Vous m’achetez ma voiture et je vous livre un camion-citerne de carburant! On promet toujours plus de beurre que de pain, quitte après d’affirmer que les vaches laitières n’ont plus de lait pour alimenter la baratte.
Oh! on peut la féliciter de tout faire pour appâter le petit poison rouge, la Ségo, mais certainement pas pour la déontologie, le respect des statuts et celui des adhérents. Toute adhésion nécessite un effort, c’est la base même de la sincérité d’une participation, d’une osmose, d’un accord, d’un consentement, d’un soutien, d’un assentiment envers ceux avec qui on s’engage. Sinon, s’il suffit de venir les mains dans les poches et de repartir en se tapant sur le ventre, ce n’est qu’une mascarade, une piteuse partie de rigolade, du faux-semblant. Une pantomime qui achève par un fou-rire le peu de crédibilité qui restait encore au PS. C’est montrer surtout une ambition sans vergogne. Vendre son âme pour parvenir à ses fins.
Il y en a un qui ne doit pas rire jaune, mais plutôt rouge, en entendant ce chant de sirène, c’est l’ami Rocard. S’il s’attache à son fauteuil ce ne sera pas pour imiter Ulysse craignant de céder à la tentation, mais bien plutôt pour s’empêcher de bondir vers l’ambitieuse et lui dire son fait. Et d’autres qui doivent grommeler dans leurs tombes, ceux de l’époque où le plus pauvre des adhérents, fidèle à ses convictions, ses principes, son attachement à la cause, n’hésitait pas à amputer son maigre salaire du montant de sa cotisation qu’il se faisait un honneur de payer, quitte à se priver quelques jours du café avec les copains ou de tabac pour sa pipe.
On avait de la fierté en ce temps-là.

Les amants de l’Eden.

cranfall.jpg “La chute de l’homme” Lucas Cranach - XVI è siècle

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais il y a parfois des paroles ou des textes qui me hérissent, pas à la manière du hérisson, cet insectivore se mettant en boule, piquants dressés, au moindre danger et dont l’espèce se meurt à cause que ses représentants se figent dans une inaction qu’ils jugent suffisante, mais plutôt comme son homonyme, outil ramonant les conduits faisant ainsi oeuvre utile, toutes griffes érigées raclant la surface des parois surchargées de résidus rebutants. C’est probablement pourquoi, à la lecture d’un commentaire émis pour disqualifier Fabius apportant son soutien à Aubry qui postule pour la direction du PS, mon système pileux s’est une fois de plus senti d’humeur érectile, commentaire émis donc par le grand exégète Michel Sapin nous apportant la réponse révélatrice à la question de savoir pourquoi Laurent Fabius demeure infréquentable.


“Pourquoi Adam et Eve, nous questionne-t-il, sont-ils poursuivis par le démon?” Déjà mes sourcils se dressent à l’évocation du mythe de l’infernal trio, suivis quelques secondes plus tard par les épis de mes cheveux. Pourquoi donc en effet? “Parce qu’ils ont péché, ils ont croqué la pomme”, ce qui dans l’esprit de ce nouvel évangéliste explique que “son indiscipline a énormément marqué les militants.” Désormais ma barbe est hirsute.


Car si je comprends bien cette somptueuse conclusion, qui ne partage pas l’opinion de la foule est voué aux gémonies. Ici comme ailleurs on ne veut voir qu’une tête, et je m’explique mieux l’opprobre jeté à l’encontre de Jack Lang l’autre jour, mais aussi la promesse rusée du pontife parisien lançant à ses ouailles enthousiastes d’être “un responsable pour le respect des décisions des militants.”


Sans vouloir m’appesantir sur le pourquoi de cette référence biblique, après tout les mythes quels qu’ils soient sont respectables, je m’interroge cependant, car si le couple Adam et Eve est l’image de Fabius et Aubry, qu’elle est celle du démon les poursuivant? A moins de penser que Dieu est à la tête du parti voulant les en chasser, pour respecter la narration biblique.


Et cette pomme croquée à bonnes dents, n’était-elle pas précisément celle de la connaissance, de la révélation, de l’ouverture des regards sur la vérité du monde que Dieu voulait obvier?


Décidément le ver religieux est dans le fruit. Après la Madone du Poitou et le prélat parisien, voici que surgissent les amants de l’Eden. Enfanteront-ils un divin enfant rédempteur du PS?

3 septembre 2008 - Aucun commentaire
Classé dans : politique Tags: , , , , , , , , , ,

LES VASES COMMUNICANTS.

pic00012.JPG
Vases  Egyptiens, Musée du Caire.
Je me demande si Ségolène Royal ne serait pas un tantinet psycho-rigide. Je n’adhère à aucun parti. Trois jours au PSU en 68. J’ai compris. La liberté de parole m’est trop chère pour que je puisse adhérer à quoi que ce soit. Et lorsque j’entends la candidate au poste de premier secrétaire du PS confirmer qu’elle fera le ménage -ce qui, soit dit en passant, est le labeur quotidien des femmes, bien souvent, trop souvent- quand un membre de ce parti osera dire ce qu’il pense, j’observe qu’elle ne déroge pas à son rôle de ménagère. Où est la démocratie si tout le monde doit se plier à la ligne politique décidée sans pouvoir émettre une critique? Les dictateurs ne font pas pire. J’ai horreur de tous ces oisillons se pavanant des mêmes plumes, voletant à l’unisson et fientant les mêmes déchets. J’aurai toujours un faible pour le caneton noir au milieu d’une couvée d’oies blanches. La critique est constructive; sans elle point d’avancée, rien qu’un train-train anesthésiant. Si c’est ce à quoi elle aspire, il n’est nul besoin d’être grand clerc pour prédire un nettoyage par le vide, ne subsistant que des bénis oui-oui obséquieux. Il est amusant de constater d’ailleurs, qu’en 2007, sa campagne n’était pas, pour le moins, très orthodoxe, et si elle avait été sanctionnée pour s’être éloignée sans vergogne du projet socialiste, comme elle le souhaite pour les autres à partir de demain, elle serait moins péremptoire. Ce n’est plus un contremaître, c’est un adjudant de la légion qui ne veut voir qu’une tête dans les rangs. C’est réglementaire, mais d’une monotonie! Qu’elle n’oublie pas que pour franchir un pont une colonne de soldats rompt le pas cadencé, sinon le pont s’écroule.

C’est comme Charasse qui va se faire virer du PS, avec dix-sept autres, pour avoir soutenu un socialiste, qui ne l’était plus par les socialistes qui en soutenaient une autre, dans le Puy de Dôme. Exclu lui-aussi, Gouttebel a quand même été réélu à la présidence du conseil général. A force d’exclure, ne restera plus grand nombre; comme ce sont les meilleurs qu’on renvoie, je leur suggère de créer un nouveau parti. La dynamique est en route; les adhésions vont pleuvoir, autant que les averses de ce printemps pluvieux. Ce sera l’application du principe des vases communicants.

La météo en revanche est radieuse à Moscou pour Poutine qui garde son pouvoir intact. A moins d’un revirement spectaculaire -il faut toujours se méfier des moutons- Medvedev ne sera, lui-aussi, qu’un béni oui-oui appliquant ce que l’autre décidera. Comme on n’exclut pas, mais qu’on emprisonne en laissant crever dans les geôles, les voix discordantes sont peu nombreuses et vite étouffées. Là-bas, dans ce pays de cocagne, lorsque Poutine a décidé sa ligne politique, on s’y tient.

Une nouvelle qui me réjouit et que je viens de découvrir dans Le Monde Diplomatique, est que les riches sont de plus en nombreux sur notre bonne vieille planète. Il se sont multipliés par cinq en dix ans! Comme ils s’enrichissent au détriment des pauvres, ces derniers doivent, mathématiquement, diminuer. C’est logique, vous ne croyez pas? Comme encore une fois le principe des vases communicants. C’est simple, vous prenez deux pauvres dont l’un s’enrichit aux dépens de l’autre et devient riche; il vous reste un seul pauvre, un peu plus pauvre, et un nouveau riche apparaît. Non? Aurais-je fait une erreur dans mes déductions? Alors, c’est qu’ils se reproduisent entre eux. Et c’est une autre bonne nouvelle, voilà une espèce qui n’est pas en voie d’extinction! C’est à signaler de nos jours.




28 mai 2008 - Aucun commentaire
Classé dans : politique Tags: , , , , , ,
Fermer
Envoyer à l'email