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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Mahmoud Darwich

m_darwich.jpgA l’heure où le premier scribouillard venu se permet quelques mots hâtifs, croyant en cela pénétrer l’univers espéré du panthéon littéraire, à l’heure où des pigistes fraîchement émoulus d’une école de journalisme se sentent d’humeur rousseauiste, partageant d’un auteur le seul papier blanc qu’ils vont maculer de leur histoire insipide n’ayant de commun avec une confession que le titre pompeux, à l’heure où quelques folliculaires vont gaspiller des feuilles collées entre elles pour n’encombrer que les rayons poussiéreux des libraires que nul n’aborde, à l’heure où quelques prétentieux profitant de leur poste à la tête d’une rédaction pour essaimer, modernes camelots, de multiples messages vantant ce qu’ils osent appeler une oeuvre, j’apprends qu’un poète, un homme rare en ces temps de barbarie et d’inconséquence, se bat contre la mort après une troisième opération du coeur.

Mahmoud Darwich, poète palestinien à l’oeuvre considérable, est né en 1941 à Al-Birwah, en Galilée. A l’époque en Palestine, aujourd’hui en Israël où il a grandi. Fuyant au Liban, sa famille revient clandestinement pour découvrir les ruines du village sur lesquelles s’est installée une colonie juive.

Plus tard, rejoignant le parti communiste israélien, il sera emprisonné pour ses écrits. En 1970 il s’exile au Caire, à Beyrouth en 1973. A partir de 1982, suite au bombardement de Beyrouth par l’armée israélienne, il repart, pérégrin rêveur, pour Le Caire, Tunis et Paris. Elu au comité exécutif de l’OLP, il quittera cette organisation en protestation de négociations qui n’ont pas son aval, préférant “une paix, mais une paix juste”.

A Paris jusqu’en 1995, il obtient l’autorisation de l’Etat Hébreu de retourner en Palestine voir sa mère quelques jours, puis enfin de s’installer à Ramallah.

Aujourd’hui, Mahmoud Darwich est sous assistance respiratoire dans un hôpital de Houston après une intervention à coeur ouvert.

Ce coeur qui battait si vigoureusement pour la paix et la sérénité de deux Etats frères, ne s’opposant pas à l’existence d’Israël, mais réclamant l’indépendance de Gaza et de la Cisjordanie, ce coeur n’est plus qu’une rose qui lentement s’étiole.

“Adieu à ce qui adviendra sous peu… adieu,
Adieu à ce qu’apporteront les lieux.
Ma nuit s’est confondue dans la nuit, mon sable dans le sable
et mon coeur n’est plus bien public.
Adieu à celle que j’aurai pour pays, à celle qui sera ma perdition.
Je saurai comment je rêverai bientôt et comment rêver dans un an.
Je saurai ce qui adviendra dans la danse de l’épée et du lis,
Comment le masque m’ôtera le masque.
Dois-je voler ma vie pour vivre d’autres minutes, quelques minutes entre
labyrinthes et minaret.
Assister à l’apocalypse dans la cérémonie des devins
Et savoir ce que déjà je savais? J’ai vu… j’ai vu l’adieu.”

Plus rares sont les roses - “Adieu à ce qui adviendra”  M. Darwich

En l’an 2000 le ministre israélien de l’éducation demanda que ses poèmes soient étudiés dans les programmes scolaires de son pays. Le premier ministre de l’époque s’y opposa, prétextant qu’Israël n’était pas encore prêt.

 

Dernière minute: Mahmoud Darwich vient de mourir ce samedi à Houston. Les roses pleurent et se raréfient.

Nicolas Sarkozy en Israël.

 

sans-titre.jpg

Capture d’écran Google Earth.


Nicolas Sarkozy est arrivé en Israël aujourd’hui. Comme à son habitude, voulant montrer sa différence, il plaida pour la création d’un Etat Palestinien appelant les dirigeants à reprendre leurs négociations. Une fois n’étant pas coutume, je l’approuve, quand bien même le prétexte avancé, diplomatique en diable certainement pour moins heurter les esprits orthodoxes susceptibles et pointilleux sur le sujet, était la sécurité du peuple israélien. Car il ne s’agit pas que de cela, mais aussi et surtout de justice envers le peuple palestinien qui depuis soixante ans est spolié d’une partie de ses terres. A l’inverse du président français, je n’affirmerai pas que la création d’Israël fut un des actes majeurs du vingtième siècle, mais au contraire une imbécillité notoire qui valut au monde pendant plus d’un demi-siècle la menace pérenne de l’explosion de cette poudrière, enfantée aux forceps depuis que fut rendue publique la déclaration Balfour, en 1917. Il n’était peut-être pas nécessaire d’aller au-delà, et l’on peut penser -mais l’histoire ne se peut refaire- que l’installation d’un foyer juif au sein de la Palestine, comme ce fut le cas à partir de 1920, eût été suffisante pour une mixité harmonieuse des deux peuples cousins. A vivre ensemble, si l’on se chamaille quelques fois, on finit souvent par se côtoyer et s’estimer.

 

 

 

Il n’en fut pas ainsi, et il ne fallait pas être grand clerc pour deviner qu’un tel morcellement allait exacerber les colères légitimes mais aussi exagérer une volonté d’hégémonie et d’expansion. Je l’avais d’ailleurs écrit il y a bien longtemps et malheureusement les faits ne m’ont pas démenti.

 

 

 

Il faut donc désormais faire avec, comme on dit; et soixante ans depuis le plan de partage de la Palestine, ce sont trois générations d’hommes et de femmes qui n’auront connu que violence et rancoeur, avec parfois quelques lueurs d’espoir quand un couple mixte se forme, pour donner ces enfants de l’amour surgit de la haine.

 

 

 

Il faut que cesse cette barbarie, cette violence, afin que chacun puisse vivre dignement sans avoir à compter, de part et d’autre, les cadavres qui s’accumulent suscitant la vengeance, accentuant à chaque fois un peu plus le mouvement pernicieux de ce balancier. Sarkozy a raison, tendez-vous la main une bonne fois pour toutes, et vivez en paix sur cette terre d’où émergea la civilisation, et qu’on nommait autrefois la Phénicie.


23 juin 2008 - 3 commentaires
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LE SOUS-PREFET AUX CHAMPS.

796px-arc_de_germanicus.JPGEut-il été préférable qu’il fît des vers le sous-préfet de Saintes (Charente-Maritime), comme son illustre prédécesseur du conte d’Alphonse Daudet, plutôt que d’écrire un excellent article sur Oumma.com, le 13 mars, commentant les accusations partiales de quelques intellectuels pro-israélien?

Sans doute, car la parole devant être modérée pour un serviteur de l’Etat, il vient d’être limogé par le ministère de l’Intérieur.

Le 27 février dernier paraissait dans Le Monde un texte accusant le conseil des droits de l’homme signé par Bruckner, Finkielkraut, Lanzmann, Wiessel, Taguieff et d’autres, intitulé “L’ONU contre les droits de l’homme”. Les signataires de cet article faisant un savant amalgame entre les détracteurs de l’Amérique et d’Israël et leur silence sur les discriminations subies par les femmes dans les pays Arabes, au nom d’un relativisme culturel.

Notre sous-préfet Charentais, Bruno Guigue, diplômé de normal sup et de l’ENA, rappelait dans sa tribune que les alliés des Etats Unis, comme l’Arabie saoudite, sont plus fondamentalistes en ce domaine que ceux comme la Syrie baasiste ou l’Irak se rapprochant de l’occident quant aux droits des femmes et considéré pourtant comme un Etat voyou pour l’un et anéanti pour l’autre.

Ce n’était qu’un début, rappelant aussi l’aide de la CIA aux mollahs, la création d’Israël aux dépens des Palestiniens, fustigeant les thuriféraires d’Israël qui accusent l’ONU de complaisance à critiquer l’occupation militaire des territoires arabes ou encore rappelant les exactions Israéliennes.

Bruno Guigue s’est exprimé sur un site dont on dit qu’il est le porte-voix de Tariq Ramadan, cet intellectuel vivant en Suisse, excessivement controversé, s’étant par exemple opposé à la loi française sur les signes religieux. Et pourtant, bien qu’étant le site de l’Islam francophone le plus visité, et notamment par les jeunes musulmans, je n’y ai pas trouvé de diatribes subversives.

Est-ce pour avoir écrit sur oumma.com ou pour ses propos que notre sous-préfet fut congédié? Je ne sais, mais il est certain que certaines de ses phrases sont sans ambiguïté pro-palestiniennes. Ce n’est peut-être pas l’axe politique actuel.

Pour ma part je considère toutefois que l’hégémonisme israélien ne concourt qu’à souffler sur les braises, et l’ONU par ses résolutions, dont se moquent Israël et son allié Bush, tend au contraire à les éteindre et n’ont rien d’atteinte aux droits de l’homme.

Pour s’être exprimé en citoyen libre, le sous-préfet fut limogé.


LIENS: oumma.com
              Libération

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