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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Moi, j’ai dit bizarre, bizarre; comme c’est étrange!

Hier, tard dans la nuit, j’avais commencé d’écrire un petit billet, une brève, sur la garde à vue d’un médecin de Valence, victime des déclarations d’un vraisemblable prix Nobel en bizarreries résidant dans cette bonne ville. Notez bien que ces Nobel-là, il y en a tant dans notre riant univers, que l’académie du même nom a renoncé de les décerner en raison du coût mirobolant que ça engendrerait. D’ailleurs c’est inutile, ils oeuvrent ardemment quotidiennement pour se décerner eux-mêmes le prix et s’auto-congratuler ensuite devant la tâche accomplie. Je n’ai donc pas mis en ligne mon petit texte, l’ayant fait précédemment pour deux autres, le réservant pour ce soir afin de ne pas vous donner une indigestion et certain que cet homme serait alors cloué au pilori. Las! pour moi, mais heureusement pour lui, un juge intelligent en a décidé autrement.
N’empêche, grâce aux élucubrations de rares imbéciles, un homme a été traîné dans la boue, pour rien; pardon, pour avoir fait son travail correctement.
Ci-dessous le texte, avec un retard de vingt quatre heures, sans changer une virgule.
Une mamie meurt après un accident cardiaque, et l’on accuse le médecin, d’origine étrangère comme le ressasse à l’envie la presse, d’avoir pratiqué “des gestes tout à fait bizarres au regard de la pratique médicale normale”. Quel est donc l’examinateur en chef présent sur les lieux, sûrement assez compétent, nobélisable sans doute, pour ne pas intervenir, laisser faire mais juger du haut de sa science que le médecin agissait comme un farfelu et s’en aller, illico, le dénoncer au directeur de l’hôpital, ce dernier faisant preuve d’une rare compétence en précaution pour rédiger, presto, un rapport bien tourné atterrissant sur le bureau du procureur de Valence?
A l’heure actuelle, en ce dimanche soir, le médecin est toujours en garde à vue dans les locaux de la police.
Mais quel est cet univers dans lequel nous pataugeons où, sur dénonciation, chacun d’entre nous peut se retrouver dans cette nasse dont on ne sort que couvert de stigmates? Aujourd’hui ce médecin, car l’accusation ne reposant que sur l’affirmation de gestes bizarres, pourquoi pas demain, à l’encontre de tout autre, un passant éphémère, bardé de connaissance, une espèce de divinité, mieux, une pomme de l’Eden faite homme (ou femme), trouvant bizarre le comportement de l’individu qu’il croise et examine, ira dénoncer à qui de droit ses gestes étranges dans sa façon de travailler.
Les sycophantes ont toujours été lamentables, surtout quand l’ignorance les accompagne fidèlement, s’érigeant en procureurs plus implacables, si tant faire se peut, que les vrais.
Quant à ceux qui les écoutent du haut de leur superbe, n’ont-ils pas eux aussi une attitude bizarre?

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