Viens voir les comédiens, voir les musiciens…

Françoise Seigner et Jean Carmet dans “Les Misérables” de R. Hossein
Crédit photo:Collection AlloCiné/www.collectionchristophel.fr
Il y avait autrefois, parmi les acteurs, des seconds rôles inoubliables. Des personnages, des vrais, des gueules, des voix. Noël Roquevert, Raymond Bussières, Pauline Carton, Pierre Larquey, ou encore Robert Dalban.
Plus près de nous Jean Bouise, ce fabuleux acteur qui tourna dans “Z” aux côtés de Montand. Un autre les accompagnait, Charles Denner.
Pierre Vernier, ami de Belmondo depuis le conservatoire, au succès mérité dans le feuilleton des années soixante, “Rocambole”.
Et tant d’autres, tant d’autres dont les noms figuraient en lettres moins imposantes, mais s’imposaient quand même, sous celui des vedettes. Il me faudrait les citer tous, leur talent étant au moins de même ampleur que ceux qu’ils valorisaient par leur présence.
Mais les temps changent, et cette recherche incessante de “l’audimat”, cet afflux de films déferlant sur les écrans, ce besoin de capter un nombre grandissant de spectateurs, ces budgets pharaoniques alloués par des producteurs plus soucieux de rentabilité que de réels chefs-d’oeuvre, cet appât du gain contaminant tel un virus ayant muté, toutes les couches d’une société, nous entraînent dans un cyclone dispersant ce qui nous restait d’honneur et de respectabilité.
Hier on regardait aussi un film pour le plaisir d’y entendre les répliques des seconds rôles. Aujourd’hui même les stars ne font pas toujours recette et l’on adjoint à leurs côtés, pour attirer le chaland, quelques célébrités fugaces, planètes d’un moment à l’éclat pareillement dérisoire à leur pâle talent de comédien, alors que des conservatoires émergent des soleils dont la lueur ne parvient pas jusqu’à nous.
Ces comédiens savent que les portes du paradis leur seront sans doute à jamais interdites. Les clefs de ces portes n’étant pas forcément en adéquation avec la serrure du succès. Que leur reste-t-il pour crocheter ces serrures? Le théâtre, la publicité, la figuration, l’intermittence? Ils sont nombreux à vouloir faire parler d’eux. Car rien n’est désormais possible sans ce passage obligé du vedettariat, sachant que la jeunesse s’enfuyant, s’enfuit avec elle l’espoir d’être connu. Dès lors tout devient prétexte, des mauvais procès aux paroles les plus stupides, pour que son nom s’affiche en lettres géantes aux frontons des temples où l’on veut pénétrer.
Il faut savoir ce que l’on souhaite, et assumer sereinement ce choix que l’on a fait, ou rester dans l’ombre si l’éclat des projecteurs nous devient insupportable, cet éclat propagé, subit parfois, souhaité souvent, par le miroir du web dont fuzz.fr n’en était qu’un des aspects.
Qu’on ne s’étonne pas alors si cette comédie qui se joue tous les jours sur la scène des médias, ces nouveaux tréteaux dressés pour une société avide de sensation, tourne au drame, quand les spectateurs y contemplent un médiocre jouer mal son rôle.
Les huées ne sont que le salaire qu’il mérite.
CECILIA ET SA CHRONIQUEUSE.
Exceptionnellement, ce soir, pour me détendre, je vais me laisser aller dans le bain chaud de l’histoire. Avec délice et volupté.
Je prendrai un vieux tome des chroniqueurs du Moyen Age. Je le feuilletterai en lisant quelques phrases de Robert de Clari sur la Conquête de Constantinople, l’aventure la plus extraordinaire qui ait sans doute existé. “Il avint, en icel tems que li papes Innocent estoit apostoles de Rome, et Philippe rois de France…”
Ou bien encore Joinville, parlant de Saint Louis. “Quant li roys oy ce, il dist que, se Dieu plaist, cesti sairement ne feroit-il jà.”
Puis je m’abandonnerai, dans la poursuite de ma quête, aux charmes fabuleux de ces épopées qui ont bâti notre Nation.
Je lirai ces mémoires comme on lit un roman d’aventures. Je découvrirai des hommes à l’énergie triomphante. Je verrai ces héros défiler dans des houppelandes de brocart et d’argent. Je frémirai aux récits de leurs combats. Leurs épées scintillantes sous le soleil de jadis feront trembler les murs des villes conquises. De leurs épouses je m’éprendrai. De leur volonté sans faille, je me dirai qu’ils étaient d’une autre nature, et que ceux qui les décrivirent avaient des écritoires en ébène et des plumes d’airain.
Alors peut-être, les suivant pas à pas, remontant lentement le chemin de l’Histoire, en viendrai-je à ces siècles où la langue se fixa. Où des humanistes comme Guillaume Budé surent accroître les collections de livres dans la Bibliothèque Royale du géant François 1 er, qui, avec sa soeur Marguerite de Navarre, sut protéger et distinguer les poètes. Et je découvrirai les aventures féminines du roi, avec un soupçon de jalousie. “Une cour sans femmes, c’est comme un jardin sans fleurs.”
Mais, Dieu! que tout cela était bien écrit.
Peu à peu revenant vers notre temps, je butinerai quelques mots parmi les milliers qui s’épanouirent sous le regard acéré de Saint-Simon observant ses semblables à la cour du Grand Louis le XIV ième. “Cette lecture de l’histoire et surtout des Mémoires particuliers de la nôtre des derniers temps depuis François 1 er, que je faisais de moi-même, me firent naître l’envie d’écrire aussi ceux de ce que je verrais…”
Saint-Simon, le petit duc à la hargne farouche, ce précurseur mais aussi cet illustre héritier, de Villehardouin à Chateaubriand, du Cardinal de Retz à Malraux, n’écrivait pas pour ne rien dire, mais pour donner de son époque et de ceux qu’il côtoyait l’image la plus concise afin qu’elle restât dans l’histoire au même titre que la sienne.
Chaussant mes bottes de sept lieues je m’acheminerai à grands pas vers notre siècle, du regard caressant au passage quelques confidents célèbres, Gourgaud avec Napoléon, De Gaulle qui préféra écrire lui-même, Jean Lacouture et Jacques Attali parlant de Mitterand et enfin, mais vous l’aviez deviné, je m’approcherai du nouveau maître de céans pour découvrir avec stupeur qu’on commence déjà d’écrire ses mémoires.
Le temps va vite et s’accélère. La profusion de bouquins s’étalant sur les tables de nos libraires, comme les femmes d’Amsterdam faisant miroiter nos regards aux découvertes de leurs charmes, comme des paquets de sucettes alléchant les papilles de gamins salivant, comme des fringues pendues derrière les vitrines où s’écrasent le nez des femmes les convoitant, prouvent, s’il en était besoin, que notre siècle commerçant se consume aux braises de la concupiscence et de la désinvolture.
Prenant un livre dont la couverture racoleuse, par la photo d’une femme au regard inquiétant, aura su défier ma méfiance, feuilletant quelques pages et lisant au hasard en cherchant les images croyant qu’il s’agissait de “Nous-Deux” nouvelle formule, je penserai à la déception de tous les chroniqueurs, mémorialistes ou portraitistes d’hier s’ils avaient le malheur de lire la prose de celle, dont nos générations incultes s’imaginent qu’elle est leur héritière, qui ose gaspiller du papier pour écrire “Il ne se conduit pas bien!”, ou encore “Nicolas est un sauteur! C’est ce que tout le monde me dit aujourd’hui.”, et enfin “De quel amour l’ai-je aimé? Je ne savais pas ce qu’aimer veut dire.”
C’est beau, c’est grand, c’est historique! C’est le résumé de notre époque, dont je me dis qu’elle manque décidément de grandeur.
Rien que pour ce style, il eut été nécessaire de l’interdire, a tout le moins, car la censure n’est pas de mon royaume, lui donner sa copie à revoir.
SARKO SHOW
C’est vrai qu’il est brillant notre Sarkozy international.
C’est vrai qu’il est convaincant avec son ton décisif, incisif, péremptoire et sans l’ombre d’une hésitation lorsqu’il est affirmatif.
Je suis sûr que demain les sondages vont remonter. Un peu comme la bourse. Ca va, ça vient. Et en ce moment elle remonte, enfin aujourd’hui!
Sans doute quelques bonnes nouvelles.
Mais demain?
Demain les commerçants vont acheter aux producteurs, plus cher, et revendre aux consommateurs, moins cher. Bravo!
Demain les propriétaires ne demanderont plus de caution aux locataires, sauf un mois de garantie. Point final. Bravo encore!
Bravo aussi pour l’indexation du loyer sur l’indice des prix.
J’en connais qui font faire la “gueule”! Mais comme il le dit, il n’est pas le Père Noël.
Il aurait pu ajouter “ni Saint Nicolas”!
Bon, je ne me vais pas m’étendre sur tout ce qu’il a promis, comme de travailler le dimanche (et la nuit?), de débloquer les fonds de participation (c’est assez facile), de réhabiliter le travail (il était coupable?), de payer les heures supplémentaires , les RTT dans le public comme dans le privé… Et tout ça sur fond de dialogue avec les partenaires sociaux.
Alors là, c’est pas gagné, surtout avec la claque qu’ils viennent de prendre pour les régimes spéciaux.
Mais où Saint Nicolas risque d’en prendre une, de claque, c’est avec les enfants des banlieues. Et j’ai la vague impression qu’il serait plutôt du côté du saloir que de celui du miracle.
Car, si je suis en accord avec lui sur le fait que nous ne sommes pas au Far-West pour se faire tirer dessus et que les coupables doivent être sanctionnés à la hauteur de leurs actes, il a une fâcheuse tendance à globaliser et mettre tout le monde dans le même panier à salade.
Or chacun sait (enfin presque) qu’il n’en est rien et que la “banlieue” attend autre chose qu’une répression plus prégnante qui ne fera qu’envenimer le sentiment d’abandon, de rejet et de ghetto qu’elle ressent.
Il faut lui proposer des solutions d’avenir qui passent par l’éducation (je me répète, mais c’est le fondement même d’une société), le travail accepté, donc correctement rémunéré, les loisirs partagés, le dialogue ou encore des encouragements répétés (un bon “manager” sait qu’il faut une minute pour critiquer et cinq pour féliciter, et qu’il n’obtient jamais rien quand une décision est imposée et non proposée par celui à qui il veut la faire exécuter).
Attendons le plan de Fadela Amara. Mais je crains le pire quand j’entends des mots comme “immigration non maîtrisée” ou “immigration choisie”.
Enfin pour conclure, j’ai toujours préféré Othello à Iago.
SUPPRIMONS! SUPPRIMONS!
De qui se moque-t-on?
On ferme à tout va hôpitaux, bureaux de poste, tribunaux, gendarmeries, commissariats, DDE, services publics en tout genre…
Vous voulez des exemples?
Dans le village où j’habite il n’y a jamais rien eu. Soit! je vais au village voisin poster mon courrier: le receveur est devenu polyvalent, il s’occupe de 2 bureaux (comme les prêtres pour les églises!). Résultat la poste n’est ouverte que le matin, ou l’après-midi selon les jours.
Il ne faut pas se tromper de jour pour un courrier urgent, relevé à 12h.
La gendarmerie? Elle existe toujours dans le chef-lieu de canton, mais n’ouvre que le mercredi et le samedi! Que font donc les gendarmes, toujours sur place, les autres jours? Et ils ne vous ouvrent pas si vous venez les voir!
Si vous téléphonez pour quoi que ce soit en dehors des bonnes dates, on vous répond d’une gendarmerie lointaine “on ne peut rien pour vous, rappelez-les mercredi ou samedi!” Véridique!
Il faut économiser, économiser,économiser…
Alors économisons et supprimons aussi ministères, chambre des députés et sénat. Supprimons également les conseils régionaux et départementaux. Supprimons les mairies.
A quoi servent toutes ces institutions? IL fait tout, tout seul, comme un grand. On le voit partout, on ne voit que lui, en Corse, en Bretagne, à New York, au Tchad, à Paris… et mettons en place un standard téléphonique: “Allo! la Présidence? Dites, j’ai mon voisin qui fait du bruit la nuit, je voudrais porter plainte. Vous pouvez venir vers 11h demain?” “Allo! Pour mon permis de construire, j’aurai une réponse quand?” “Bonjour M. Le Président. Je vous téléphone au sujet d’une augmentation pour ma retraite…. Tiens? on a raccroché!”
