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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Pike | Ombres chinoises.

Du dalaï lama, j’ai déjà exprimé ce qu’il m’inspirait et mon propos n’est pas de revenir sur l’opportunité de le rencontrer ou pas, sur la sincérité de ses paroles ou la véracité de ses affirmations, mais sur le dernier épisode en date concernant une entrevue polonaise avec le chef de l’Etat, prévue en décembre.
Comme je ne suis pas ministre des affaires étrangères, ce qui soit dit en passant est hautement préférable pour la diplomatie qu’il n’est pas dans mon tempérament de pratiquer au quotidien, je peux sans ménagement exprimer ce que je ressens face à l’intolérable ingérence des dirigeants chinois dans le carnet de rendez-vous de Sarkozy. Que cela leur plaise ou non, chacun est libre de voir qui il veut, quand il le veut et où il veut. Que Sarkozy se soit déjà fourvoyé une fois en ne rencontrant pas le dalaï lama lors de sa venue en France, en août dernier, a permis d’entrouvrir la porte de cette espèce d’autoritarisme paternaliste des imprécateurs pékinois; mais cela ne leur donne pas pour autant la liberté de nous diriger, même s’ils pensent, qu’en ayant agi ainsi, il se pliait à leur diktat.
La civilisation chinoise est d’une indéniable grandeur, tant sur le plan littéraire que philosophique, scientifique ou artistique, mais il n’en demeure pas moins que le respect des autres peuples n’est pas de leur culture.
Nous en parlions un soir dernier avec une amie dont les parents, chinois de Canton, s’étaient exilés lors de l’avènement du communisme. Je lui disais qu’il me semblait que le peuple chinois était dédaigneux des autres. Non pas, me répondit-elle, indifférent. Le chinois est indifférent à ce qui est hors des limites de son territoire. Pour preuve, la terminologie qu’il emploie pour nommer les autres habitants de la planète, précisant le pays et l’individu, me le traduisant du cantonais ainsi (le pays nommé en premier): pour eux, “Chine homme”; pour les autres,  tous les autres, “France fantôme”, “Angleterre fantôme”, “Canada fantôme”, etc… le terme exact étant plutôt ectoplasme. Plus que de l’indifférence, il s’agit d’inexistence; rien n’existe en dehors d’eux, ils s’imaginent être le nombril de la terre, à tout le moins les seuls dignes de respect ou d’exister.
Ne soyons donc pas surpris de leur attitude, elle s’explique; mais ce n’est pas parce qu’elle s’explique qu’on doit l’accepter et s’y conformer. Ce n’est pas non plus, parce que la Chine devient une puissance économique avec laquelle il faut désormais négocier, qu’il convient de nous plier à leurs exigences. Que nos industriels signent avec eux des marchés de dupes, ils en reviendront si ce n’est déjà le cas pour certains qui s’aperçoivent que la qualité produite ne satisfait pas aux normes élémentaires; mais ils ont aussi besoin de notre technologie sans laquelle ils ne pourraient alimenter leur immense main d’œuvre, dont quelques éléments commencent, malgré la répression, à réclamer des salaires décents. Si nous avons, en apparence, besoin d’eux, plus encore de leur côté ont-ils besoin de nous. Qu’ils gesticulent, qu’ils menacent, peu nous chaut, ils mettront de l’eau dans le vin que nous leur vendons.
Quant à l’épine du Tibet -ce Tibet sur lequel il y aurait beaucoup à dire et pas forcément selon la philosophie du dalaï lama-  qui chatouille si douloureusement leur principe, ce n’est pas l’enfoncer un peu plus que de parler avec son chef spirituel; peut-être le contraire.
Souvenons-nous des relations diplomatiques extrêmement tendues entre la Chine et le Japon -le Japon, cet ennemi héréditaire- lorsqu’en décembre 2004 l’ancien président taïwanais se rendit au pays du soleil levant. Les échanges commerciaux ne faiblirent pas d’un yen. Echanges qui se poursuivent d’ailleurs malgré les nombreuses doléances toujours exacerbées entre les deux nations.
Le pragmatisme économique fait bien peu de cas des rodomontades diplomatiques, et si Sarkozy souhaite rencontrer le bonze emblématique, qu’il décide seul sans s’emberlificoter dans des tours de passe-passe. Pour le prestige de la France. Plus encore, pour marquer notre dédain envers ceux qui veulent entraver notre souveraineté.
Les ombres chinoises ne sont, après tout, que spectacle de marionnettes.

29 novembre 2008 - Aucun commentaire
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Un magistrat comme on les aimerait.

Connaissez-vous Serge Portelli?Il est magistrat et vice-président du Tribunal de Paris. Il tient un blog sur le site du Nouvel Obs, où ponctuellement il laisse quelques notes d’une grande sagesse. On aimerait, à le lire, que tous les magistrats fussent de sa trempe.

Son avant-dernier billet concerne sa rencontre, lors d’un débat télévisé, avec le ministre de l’intérieur de l’époque qui s’appelait Nicolas Sarkozy.

Extrêmement révélateur du personnage qui nous dirige, je ne peux que vous engager à le lire. Etonnant!

C’est ici: Serge Portelli

A QUOI JOUE SARKOZY?

 


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A quoi joue Sarkozy? Est-il à ce point soucieux des valeurs immémoriales de la République, mais peut-être désuètes à nos yeux et vraisemblablement aux siens tant il a modifié le style présidentiel, pour s’ériger soudain en gardien sourcilleux du prestige de l’uniforme?

 

Quel est donc le fondement de sa pensée vis à vis de l’Armée, dont je rappelle qu’il en est le chef, alternant systématiquement entre le désintérêt, les louanges, les honneurs, les critiques, la vindicte? A trop louvoyer on provoque le mal de mer.

 


Certes les armées d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec celles de jadis, et la nécessité de réformer une institution, depuis des lustres aussi légère et réactive qu’un char d’assaut, devenait indispensable. Le livre blanc a donc paru; analysé par beaucoup, encensé par les uns il désenchante les autres. Certains se sont donc exprimés selon leur ressenti, et parfois leur préférence politique. Tel ce professeur de médecine, Philippe Juvin, maire UMP de La Garenne-Colombes, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine et accessoirement officier de réserve, servant actuellement en Afghanistan. Donc militaire et astreint en tant que tel -même pour deux mois- au devoir de réserve. Je n’ai entendu personne du gouvernement crier au scandale sur les propos élogieux qu’il a tenu sur le livre blanc, affirmant sans l’ombre d’une seringue à la main, “qu’il fut accueilli très favorablement par les militaires”, alors qu’à l’inverse les membres du collectif “Surcouf”
sont recherchés comme des terroristes pour avoir écrit leur désappointement.

 


Dans l’un et l’autre cas, ou l’on sanctionne tout le monde, ou l’on laisse dire. Sinon l’injustice est patente. Pourquoi l’un pourrait-il s’exprimer et pas les autres? Pourquoi surtout lâcher sur eux, comme l’affirment le Nouvel Obs et Le Figaro, la meute des espions de la DCRI (ex DST) pour les pister comme des gibiers de potence? Mettent-ils en danger la sécurité de la Nation? Les recense-t-on comme un groupuscule dormant préparant un attentat?

 


Attentat de lèse-majesté, peut-être, ayant écrit au détour d’une phrase le terme “amateur” si cher à celui qui les poursuit de sa vindicte. Je n’ai, quant à moi, rien lu d’autre que la déception de militaires “pur jus”. J’irai jusqu’à dire qu’avant les critiques l’éloge est de mise.

 


En ce millénaire qui débute dans l’explosion de la communication, le silence n’a plus de logique. Chacun est libre de s’exprimer sans devoir craindre les foudres d’un Jupiter indigène. On me répondra que l’armée est détentrice de la violence légitime d’une nation, et que ce pouvoir immense qui lui est dévolu ne peut se concevoir sans une stricte obéissance. Mais critiquer n’est pas désobéir. C’est apporter une pierre à l’édifice, car toute suggestion émanant de ceux qui le bâtissent, qui en sont les artisans et doivent y servir, ne peut qu’élargir la vision forcément restreinte d’un architecte de passage.

 


A quoi joue donc Sarkozy en s’aliénant nos soldats? Car désormais il fait l’unanimité dans les troupes, et il faudra autre chose que la crainte pour les rallier sous sa bannière, d’autant qu’il en rajoute en boudant les réceptions traditionnelles des ministères de la Défense puis de l’Outre-mer, le 13 juillet, mais s’affichant le 14 avec le dictateur Syrien.

 


Abyssus abyssum invocat!

 

 

12 juillet 2008 - 1 commentaire
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SARKOZY DOIT-IL RECEVOIR LE DALAÏ-LAMA?

 

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Photo Wikipédia.

 

 

L’excellentisime Raffarin en rajoute. Depuis que l’ambassadeur de Chine nous a menacé de rétorsion économique si Sarkozy rencontre le dalaï-lama en août, il est contre l’entrevue, mais se félicite de la présence du chef de l’Etat à l’ouverture des J.O. Voilà donc un homme pragmatique qui pense plus aux intérêts de la France qu’à tout autre sujet. Comment lui en vouloir d’ailleurs, quand on sait que la moindre vis achetée au rayon bricolage du super-marché est estampillée “made in China”, alors qu’en face on commence à faire la queue devant les boutiques des produits de luxe “made in France”. Un sac Vuitton contre un sachet de boulons, ça n’a pas de prix. Et notre ambassadeur sus-nommé le sait bien, qui se permet de parler d’ingérence dans les affaires de son pays, lui qui s’ingère sans vergogne dans les nôtres. D’autant qu’à la clef, en plus de nos parfums et autres babioles luxueuses, on envisage quelques avions et centrales nucléaires à mettre avec le coffret à bijoux.Mais ce que Raffarin oublie, c’est que Bush a reçu le chef bonze comme un seigneur, avec petits fours et tralala, sans que la Chine en fasse une jaunisse. Idem en Allemagne où Angela Merkel l’avait reçu peu de temps auparavant. Malgré un léger refroidissement, nos Chinois se sont rétablis assez vite sans jamais éternuer. La France serait-elle donc devenue à ce point inconséquente pour qu’un ambassadeur lui dicte ce qu’elle doit faire?Je n’affectionne pas particulièrement le bonze au sourire constant. C’est louche ou signe d’une paralysie faciale; un visage a de multiples expressions reflétant les sentiments qui le traverse. Lui, jamais. J’aurais donc une tendance à l’éviter. Mais par esprit de révolte, n’acceptant jamais qu’un autre puisse me dicter sa loi, je le recevrais. Si j’avais à décider, bien sûr.

 

Il y a quelques années, pour mon plaisir, je confectionnais des grilles de mots croisés. Dans l’une d’elles, concernant un mot de neuf lettres, ma définition était ainsi libellée: “Peut enrichir le gratin dauphinois”. Je ne pensais pas qu’elle fût à ce point prémonitoire. La réponse était Tricastin.

 

Si la hausse de 292% du budget communication du gouvernement, passant de 5,7 millions en 2008 à 22,4 millions en 2009, a été budgetée pour nous marteler que la plupart des acquis ont disparu ou vont disparaître, c’était totalement inutile et dispendieux. On le sait déjà, on commence à s’en apercevoir, on en subit les conséquences mais on n’en voit pas les bienfaits tant attendus et tant proclamés. Avec toutes ces augmentations que s’octroient nos gouvernants, tandis que nos porte-monnaie s’affinent comme dentelle, on va finir par en rire, jaune.

VAIS-JE DEVOIR PORTER PLAINTE? JOURNAL - EXTRAIT.

 

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27 juin
Aujourd’hui j’ai manqué l’appel téléphonique de mon avocat. Je n’avais pas allumé mon téléphone portable. Je ne suis pas un adepte irrécupérable de cette technologie, bien que reconnaissant parfois son utilité. J’ai tellement circulé sans cette espèce de cordon ombilical dont ne peuvent se couper les jeunes générations, que je souris lorsque je distingue la frayeur dans le regard de ceux qui osent s’aventurer en l’ayant oublié. Tout juste si l’on ne va pas bientôt le rendre obligatoire pour les prétendus aventuriers; à tout le moins le leur reproche-t-on lorsqu’on est sans nouvelles de leur part.

Mon avocat m’a donc laissé un message, me demandant de le rappeler avant le déjeuner. Il était trop tard lorsque j’en pris connaissance. Sa voix semblait décidée, il avait plusieurs informations à me communiquer et m’apprenait qu’on s’acheminait vers le classement du dossier, le procureur ne devant pas estimer la nécessité d’ouvrir une information. Nous passerons outre. Il faudra donc déposer plainte et se constituer parties civiles. Je le rappelle lundi pour en déterminer les modalités. L’Etat se trompe s’il croit que nous allons baisser les bras. La mort de Guillaume est de sa responsabilité, il ne fallait pas venir me titiller.

Un autre appel ce soir, que je n’ai pas raté, celui d’Olivier me demandant où en était la création de l’association. Je m’en occupe lundi. Désormais nombreuses sont les autres familles du drame du Sinaï, mais aussi celles d’accidents plus anciens, ou plus récent, à souhaiter s’unir pour qu’enfin cesse ce discours s’apparentant à l’hypocrisie et au mensonge.

L’autre jour j’entendais d’une oreille discrète, mais suffisamment attentive, le Président de la République actuel dresser l’état catastrophique du matériel de l’armée, et en particulier celui des avions de l’Armée de l’Air. Ils arrivent en bout de course, particulièrement ceux du transport -bien que quelques Mirages tombent ou se montrent, au mieux, très récalcitrants avec leurs pilotes- et ce n’est sans doute pas par hasard si M. Sarkozy a souhaité un nouvel appareil dédié à sa personne. Je l’avais dit l’an dernier déjà aux plus hautes instances de l’Etat, ajoutant qu’on avait découvert sous le plancher d’un Casa une mare d’eau dans laquelle baignaient des gaines électriques. A la stupéfaction suivit l’incrédulité; toutefois Hervé Morin me demanda si je pouvais lui laisser ma note; ce que je fis volontiers. J’entends avec plaisir aujourd’hui le chef de l’Etat confirmer ce que je disais.

Lorsque nous sommes partis, en mai, pour le Sinaï, c’est un Airbus A310, sur la carlingue duquel était inscrit “République Française”, qui nous a transporté. Le dossier du siège sur lequel j’étais assis ne tenait pas relevé. J’ai changé pour celui d’à côté, sachant que ce détail peut être fatal si un problème survient lors d’une des phases de décollage ou d’atterrissage. Quelques autres d’ailleurs présentaient le même défaut. Je ne l’ai pas mentionné, comme non plus les éléments du plafond, au moins deux dans l’allée près de laquelle j’étais, ne tenant pas et s’affaissant régulièrement malgré les soins répétés de plusieurs des membres de l’équipage. Finalement ils les scotchèrent. Nous sourîmes.

Ce n’étaient certes que détails, mais symptomatiques de matériels vétustes dans lesquels des hommes et des femmes volent et sur lesquels des mécanos font des prodiges pour les maintenir en état. Leur expression favorite est: “la bitte et le couteau”. Plus que jamais désormais elle prend tout son sens en attendant des jours meilleurs.

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