Intifadah meurtrière en Corse.
Les adolescents corses sont-ils responsables de leur crime? La bêtise, la haine, l’exemple à suivre ou les prêches nationalistes, en s’incrustant dans l’esprit des enfants, sont-ils à l’origine du geste imbécile de ces deux rejetons infâmes qui ont tué un nourrisson que sa mère portait dans ses bras?
En jetant des pierres vers des touristes, hier soir à Bonifacio, deux jeunes corses d’à peine quinze ans ont tué l’enfant d’un couple venu en vacances dans un coin de France d’une beauté rarissime.
Quelques jours auparavant, avait eu lieu à Corté le rassemblement annuel des nationalistes de tout poil, où, lors d’un débat chloroformant sur la question essentielle de savoir qui était corse ou non, un aborigène s’était levé pour apostropher l’assemblée, réclamer le départ des individus non autochtones et ranimer une discussion, dont le thème, à ses oreilles, n’avait nul besoin d’être débattu, la cause étant entendu, seul le natif pouvant se prévaloir de demeurer à ses côtés.
Entre ces discours imbéciles et ces actes attentatoires récurrents qui illuminent les nuits de l’île de leurs explosions dont se gargarise une minorité à l’esprit rétrograde, il ne fait aucun doute que des enfants malléables puissent s’en accommoder et en faire leur crédo.
Alors, si ces enfants sont responsables du geste, ce sont les pères les initiateurs, et ces assassins en herbe, suivant l’exemple donné, eux dont l’âge est celui où l’on joue encore aux gendarmes et aux voleurs, ne pouvaient être que les tristes interprètes d’une tragédie écrite par de sinistres auteurs et jouée sans relâche depuis des lustres pour le malheur de beaucoup et la réjouissance inepte de la minorité de l’île, cette minorité qui impose par la violence du verbe et de l’acte sa vision passéiste du monde à ceux, majoritaires, dont le coeur corse bat à l’unisson de la beauté de leur île.
Car ce geste, même si ces adolescents n’étaient pas animés de l’intention de tuer, exprime le rejet, le besoin de chasser, l’envie de bannir, de blesser celui qu’on considère envahisseur.
Mais la Corse n’est pas la Palestine. Cette espèce d’intifadah n’a aucun sens, aucune légitimité. Elle est dérisoire et stupide, stupide au point de tuer un enfant qui ne demandait qu’à connaître un jour la magnificence de la Corse, cette Corse où, n’en déplaise, chacun doit être libre d’y vivre.
