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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Un soldat n’est plus un enfant.

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Je n’ai pas commenté le drame de ces soldats tués en Afghanistan, hormis un court billet où je disais que les honneurs rendus étaient justifiés, m’abstenant de toute réflexion autre qui m’apparaissaient indécentes.


Les propos tenus ici ou là, comme d’habitude, ont jailli comme d’un geyser éclaboussant la presse, mais aussi ces soldats, ces hommes jeunes pour la plupart qui avaient décidé d’engager leur vie au service des autres. Et non dans une arme d’opérette, mais dans celle prestigieuse et périlleuse du 8 è RPIMa. En franchissant les grilles de la caserne, ces jeunes hommes savaient ce qu’ils faisaient à moins de penser qu’ils n’avaient pas leur raison, et c’est en cela que les réflexions que j’ai pu lire m’amène à dire que leurs auteurs rabaissent leur courage et salissent leur mémoire.


Le discours n’est pas d’être pro ou anti-miltariste; c’est un autre débat qui n’a pas lieu d’exister sur le sujet de leur mort. Seul désormais la réalité subsiste, il y a en France, et comme dans la plupart des pays du monde, une armée, et une armée n’est pas faite uniquement pour parader, mais aussi et surtout pour se battre, défendre un territoire, le nôtre ou celui de ceux qui lui font appel. Que cela plaise ou non, un homme qui porte les armes peut tuer ou être tué. Et ces soldats étaient des hommes aguerris, qu’on le veuille ou non, malgré leur âge, malgré leur jeunesse, entraînés, préparés à tuer ou à être tué. C’est cela la réalité d’aujourd’hui, à moins de vouloir supprimer, dissoudre tous les bataillons, les escadres ou les escadrons de France. Il faudrait dès lors arrêter cette hypocrisie et les cris d’effraie des planqués de service dès qu’un soldat se fait tuer. L’armée existe, soit, acceptons-en également la rigueur.


Et lorsque j’entends un père dire, “il faut que le gouvernement arrête d’envoyer des enfants se faire tuer”, je crois qu’il s’exprime sous l’emprise de la colère et de la souffrance, légitimes, compréhensibles et -ô combien!- partagées, mais qu’il est loin de faire honneur à son fils, qui avait choisi ce métier, qui s’y était préparé en toute connaissance, en toute acceptation des risques inhérents. Ce n’est pas parce qu’on exprime la crainte qu’on n’affronte pas le danger, bien au contraire, et je pense qu’un enfant, devenu homme, n’accepterait pas qu’un père parlât de lui en ces termes.


Entendons-nous bien, en rien je ne conteste la nécessité de connaître les circonstances de ce drame. L’heure n’est pas au silence et au voile posé sur des cercueils afin d’étouffer la vérité. Celle-ci doit être recherchée, divulguée, connue, dite sans dissimulation ou calomnie afin qu’elle serve à préserver d’autres vies, si tant est qu’il se peut sur un terrain d’opérations aux risques quotidiens. Mais de grâce cessons d’être pusillanimes, bavards comme des commères de village, sensés comme des rodomonts de basse-cour, ayons un peu plus de fierté, de sens de l’honneur. Dans cette société que d’aucuns souhaiteraient lisses comme un ventre d’obèse, ou rien n’est admis risquant de rompre la monotonie de l’existence, où les bulletins météorologiques deviennent la seule vision d’avenir, où le moindre faux pas devient source de loi, où l’on érige en principe la prévoyance croyant s’émanciper du danger, où la peur devient le moteur du comportement, comment peut-on comprendre, en effet, que la mort aussi fait partie de la vie.


Un soldat qui meurt est toujours un héros.

31 août 2008 - Aucun commentaire
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A QUOI JOUE SARKOZY?

 


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A quoi joue Sarkozy? Est-il à ce point soucieux des valeurs immémoriales de la République, mais peut-être désuètes à nos yeux et vraisemblablement aux siens tant il a modifié le style présidentiel, pour s’ériger soudain en gardien sourcilleux du prestige de l’uniforme?

 

Quel est donc le fondement de sa pensée vis à vis de l’Armée, dont je rappelle qu’il en est le chef, alternant systématiquement entre le désintérêt, les louanges, les honneurs, les critiques, la vindicte? A trop louvoyer on provoque le mal de mer.

 


Certes les armées d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec celles de jadis, et la nécessité de réformer une institution, depuis des lustres aussi légère et réactive qu’un char d’assaut, devenait indispensable. Le livre blanc a donc paru; analysé par beaucoup, encensé par les uns il désenchante les autres. Certains se sont donc exprimés selon leur ressenti, et parfois leur préférence politique. Tel ce professeur de médecine, Philippe Juvin, maire UMP de La Garenne-Colombes, vice-président du conseil général des Hauts-de-Seine et accessoirement officier de réserve, servant actuellement en Afghanistan. Donc militaire et astreint en tant que tel -même pour deux mois- au devoir de réserve. Je n’ai entendu personne du gouvernement crier au scandale sur les propos élogieux qu’il a tenu sur le livre blanc, affirmant sans l’ombre d’une seringue à la main, “qu’il fut accueilli très favorablement par les militaires”, alors qu’à l’inverse les membres du collectif “Surcouf”
sont recherchés comme des terroristes pour avoir écrit leur désappointement.

 


Dans l’un et l’autre cas, ou l’on sanctionne tout le monde, ou l’on laisse dire. Sinon l’injustice est patente. Pourquoi l’un pourrait-il s’exprimer et pas les autres? Pourquoi surtout lâcher sur eux, comme l’affirment le Nouvel Obs et Le Figaro, la meute des espions de la DCRI (ex DST) pour les pister comme des gibiers de potence? Mettent-ils en danger la sécurité de la Nation? Les recense-t-on comme un groupuscule dormant préparant un attentat?

 


Attentat de lèse-majesté, peut-être, ayant écrit au détour d’une phrase le terme “amateur” si cher à celui qui les poursuit de sa vindicte. Je n’ai, quant à moi, rien lu d’autre que la déception de militaires “pur jus”. J’irai jusqu’à dire qu’avant les critiques l’éloge est de mise.

 


En ce millénaire qui débute dans l’explosion de la communication, le silence n’a plus de logique. Chacun est libre de s’exprimer sans devoir craindre les foudres d’un Jupiter indigène. On me répondra que l’armée est détentrice de la violence légitime d’une nation, et que ce pouvoir immense qui lui est dévolu ne peut se concevoir sans une stricte obéissance. Mais critiquer n’est pas désobéir. C’est apporter une pierre à l’édifice, car toute suggestion émanant de ceux qui le bâtissent, qui en sont les artisans et doivent y servir, ne peut qu’élargir la vision forcément restreinte d’un architecte de passage.

 


A quoi joue donc Sarkozy en s’aliénant nos soldats? Car désormais il fait l’unanimité dans les troupes, et il faudra autre chose que la crainte pour les rallier sous sa bannière, d’autant qu’il en rajoute en boudant les réceptions traditionnelles des ministères de la Défense puis de l’Outre-mer, le 13 juillet, mais s’affichant le 14 avec le dictateur Syrien.

 


Abyssus abyssum invocat!

 

 

12 juillet 2008 - 1 commentaire
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VAIS-JE DEVOIR PORTER PLAINTE? JOURNAL - EXTRAIT.

 

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27 juin
Aujourd’hui j’ai manqué l’appel téléphonique de mon avocat. Je n’avais pas allumé mon téléphone portable. Je ne suis pas un adepte irrécupérable de cette technologie, bien que reconnaissant parfois son utilité. J’ai tellement circulé sans cette espèce de cordon ombilical dont ne peuvent se couper les jeunes générations, que je souris lorsque je distingue la frayeur dans le regard de ceux qui osent s’aventurer en l’ayant oublié. Tout juste si l’on ne va pas bientôt le rendre obligatoire pour les prétendus aventuriers; à tout le moins le leur reproche-t-on lorsqu’on est sans nouvelles de leur part.

Mon avocat m’a donc laissé un message, me demandant de le rappeler avant le déjeuner. Il était trop tard lorsque j’en pris connaissance. Sa voix semblait décidée, il avait plusieurs informations à me communiquer et m’apprenait qu’on s’acheminait vers le classement du dossier, le procureur ne devant pas estimer la nécessité d’ouvrir une information. Nous passerons outre. Il faudra donc déposer plainte et se constituer parties civiles. Je le rappelle lundi pour en déterminer les modalités. L’Etat se trompe s’il croit que nous allons baisser les bras. La mort de Guillaume est de sa responsabilité, il ne fallait pas venir me titiller.

Un autre appel ce soir, que je n’ai pas raté, celui d’Olivier me demandant où en était la création de l’association. Je m’en occupe lundi. Désormais nombreuses sont les autres familles du drame du Sinaï, mais aussi celles d’accidents plus anciens, ou plus récent, à souhaiter s’unir pour qu’enfin cesse ce discours s’apparentant à l’hypocrisie et au mensonge.

L’autre jour j’entendais d’une oreille discrète, mais suffisamment attentive, le Président de la République actuel dresser l’état catastrophique du matériel de l’armée, et en particulier celui des avions de l’Armée de l’Air. Ils arrivent en bout de course, particulièrement ceux du transport -bien que quelques Mirages tombent ou se montrent, au mieux, très récalcitrants avec leurs pilotes- et ce n’est sans doute pas par hasard si M. Sarkozy a souhaité un nouvel appareil dédié à sa personne. Je l’avais dit l’an dernier déjà aux plus hautes instances de l’Etat, ajoutant qu’on avait découvert sous le plancher d’un Casa une mare d’eau dans laquelle baignaient des gaines électriques. A la stupéfaction suivit l’incrédulité; toutefois Hervé Morin me demanda si je pouvais lui laisser ma note; ce que je fis volontiers. J’entends avec plaisir aujourd’hui le chef de l’Etat confirmer ce que je disais.

Lorsque nous sommes partis, en mai, pour le Sinaï, c’est un Airbus A310, sur la carlingue duquel était inscrit “République Française”, qui nous a transporté. Le dossier du siège sur lequel j’étais assis ne tenait pas relevé. J’ai changé pour celui d’à côté, sachant que ce détail peut être fatal si un problème survient lors d’une des phases de décollage ou d’atterrissage. Quelques autres d’ailleurs présentaient le même défaut. Je ne l’ai pas mentionné, comme non plus les éléments du plafond, au moins deux dans l’allée près de laquelle j’étais, ne tenant pas et s’affaissant régulièrement malgré les soins répétés de plusieurs des membres de l’équipage. Finalement ils les scotchèrent. Nous sourîmes.

Ce n’étaient certes que détails, mais symptomatiques de matériels vétustes dans lesquels des hommes et des femmes volent et sur lesquels des mécanos font des prodiges pour les maintenir en état. Leur expression favorite est: “la bitte et le couteau”. Plus que jamais désormais elle prend tout son sens en attendant des jours meilleurs.

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