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du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

SARKOZY DOIT-IL RECEVOIR LE DALAÏ-LAMA?

 

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Photo Wikipédia.

 

 

L’excellentisime Raffarin en rajoute. Depuis que l’ambassadeur de Chine nous a menacé de rétorsion économique si Sarkozy rencontre le dalaï-lama en août, il est contre l’entrevue, mais se félicite de la présence du chef de l’Etat à l’ouverture des J.O. Voilà donc un homme pragmatique qui pense plus aux intérêts de la France qu’à tout autre sujet. Comment lui en vouloir d’ailleurs, quand on sait que la moindre vis achetée au rayon bricolage du super-marché est estampillée “made in China”, alors qu’en face on commence à faire la queue devant les boutiques des produits de luxe “made in France”. Un sac Vuitton contre un sachet de boulons, ça n’a pas de prix. Et notre ambassadeur sus-nommé le sait bien, qui se permet de parler d’ingérence dans les affaires de son pays, lui qui s’ingère sans vergogne dans les nôtres. D’autant qu’à la clef, en plus de nos parfums et autres babioles luxueuses, on envisage quelques avions et centrales nucléaires à mettre avec le coffret à bijoux.Mais ce que Raffarin oublie, c’est que Bush a reçu le chef bonze comme un seigneur, avec petits fours et tralala, sans que la Chine en fasse une jaunisse. Idem en Allemagne où Angela Merkel l’avait reçu peu de temps auparavant. Malgré un léger refroidissement, nos Chinois se sont rétablis assez vite sans jamais éternuer. La France serait-elle donc devenue à ce point inconséquente pour qu’un ambassadeur lui dicte ce qu’elle doit faire?Je n’affectionne pas particulièrement le bonze au sourire constant. C’est louche ou signe d’une paralysie faciale; un visage a de multiples expressions reflétant les sentiments qui le traverse. Lui, jamais. J’aurais donc une tendance à l’éviter. Mais par esprit de révolte, n’acceptant jamais qu’un autre puisse me dicter sa loi, je le recevrais. Si j’avais à décider, bien sûr.

 

Il y a quelques années, pour mon plaisir, je confectionnais des grilles de mots croisés. Dans l’une d’elles, concernant un mot de neuf lettres, ma définition était ainsi libellée: “Peut enrichir le gratin dauphinois”. Je ne pensais pas qu’elle fût à ce point prémonitoire. La réponse était Tricastin.

 

Si la hausse de 292% du budget communication du gouvernement, passant de 5,7 millions en 2008 à 22,4 millions en 2009, a été budgetée pour nous marteler que la plupart des acquis ont disparu ou vont disparaître, c’était totalement inutile et dispendieux. On le sait déjà, on commence à s’en apercevoir, on en subit les conséquences mais on n’en voit pas les bienfaits tant attendus et tant proclamés. Avec toutes ces augmentations que s’octroient nos gouvernants, tandis que nos porte-monnaie s’affinent comme dentelle, on va finir par en rire, jaune.

PLUS DE VIN A L’ELYSEE.

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Palais de l’Elysée vers 1900 (photo Wikipédia)

Je suis malheureux d’apprendre que les dépenses de vin baissent de 44 % dans le budget élyséen. S’il est un domaine où l’on aimerait constater une progression, c’est bien celui-ci, participant de facto à l’économie viticole française et permettant des libations favorisant une moindre austérité. Celui pour qui le déroulement d’agapes culinaires ne s’accompagne pas d’un nectar idoine dont déjà Bacchus louait les bienfaits, est un homme à la vie triste, ou un hypochondriaque qui ne peut respirer que dans une bulle stérile.

Il est surprenant de constater que, dans un budget qui augmente très sensiblement plus que les salaires, les frais, que nous pourrions appeler de jubilation, vont diminuant. Il en est ainsi des fleurs, de la Garden Party et de l’arbre de Noël. En revanche ceux qui participent de l’inutilité ou du superflu sont considérablement en hausse, telle l’installation du nouveau cabinet du chef de l’Etat, ou encore le nombre de personnes à son service (88 de plus), les travaux d’équipement et d’entretien. N’est pas comptabilisée, bien sûr, l’augmentation salariale du maître des lieux, puisque n’étant applicable qu’à partir de cette année de grâce 2008. Ce sera pour l’an prochain.

Il est vrai que le prix du baril de pétrole, atteignant des sommets à la plus grande joie des émirs, galvanise les tentations d’imiter les magnats du forage. Eux non plus ne sont pas des adeptes de Dionysos, leur religion est stricte la-dessus, c’est le ramadan tous les jours; on grappille le raisin d’une main délicate, ornée de bagues, mais on ne porte jamais à ses lèvres la coupe emplie du breuvage fermenté et honni, tout en regardant de derrière des lunettes noires, son peuple avec condescendance.

Sache, ô lecteur -que Dieu te prenne en sa miséricorde- qu’au moment où je te parle j’entends seriner de tous côtés que les caisses sont pourtant vides, que le nombre de fonctionnaires sera réduit, que des casernes vont se camoufler et des bases s’envoler, que la marine restreint ses jeux nautiques, que des hôpitaux ne pourront plus soigner les magistrats dépressifs des tribunaux qui fermeront avec eux, qu’un peu partout on grogne et on fait grève, qu’on vous radie du chômage comme on efface une virgule, qu’on licencie sans vergogne et vous pousse dehors comme poussière qu’on balaie, qu’on augmente les heures de travail et les années de présence à vous faire des marathoniens pour une récompense, si vous parvenez à franchir l’arrivée, qui ne  permettra qu’à poursuivre un peu plus loin la course. Et mon bilan est sans doute lacunaire.

Pendant ce temps, outre les dépenses monumentales du Palais, on envisage l’achat d’un avion comme on le faisait d’un carrosse aux armes de sa majesté.

Mais on ne boit plus de Pétrus ou de Romanée-Conti, on allège la hotte du Père-Noël, on cisaille les tiges des roses et on organise un barbecue pour le 14 juillet. L’honneur est sauf, mais la tristesse s’installe!

11 juin 2008 - 3 commentaires
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