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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Pike / je le repasse!

Mes deux précédents billets s’étant volatilisés, mais n’ayant pas sauvegardé celui sur l’incident du TGV La Rochelle-Paris, je publie à nouveau celui-ci, croyant, à tort, que la cacophonie de ces derniers jours était due à une censure éhontée.

J’ai eu peur. Ce matin, consultant mes messages et poursuivant ma balade matinale sur les sites où je laisse quelques traces, j’eus la surprise sur ce blog de ne pas voir apparaître le petit billet que j’avais écrit hier soir, et qui s’étalait dans toute sa céruléenne beauté encore tard dans la nuit. Oh! ce n’était qu’un trait d’humour, griffonné à la va-vite, sans prétention et peut-être même sans aucun effet comique, mais je l’avais écrit et ne comprenais pas la raison pour laquelle il avait été effacé.
“Quoi, me disais-je en fronçant le sourcil que j’ai épais, là-aussi on censure? Si c’est ainsi, je pars, car je me demande bien ce qui a pu choquer, dans mes propos, l’oeil introverti d’un éventuel coupeur de cheveux en quatre. On ne me censure pas! Si je publie quelques billets, je le fais sous mon nom et je suis seul à en porter la responsabilité. Va-t-il donc falloir que j’agisse à l’identique d’un autre lieu où je ne suis jamais revenu, malgré leurs plates excuses? Sud-Ouest sous-traite-t-il également et désormais ce travail de sabreur, laissant quelques robots incultes gommer tout un texte, au prétexte qu’un mot glissé dans leur table de données apparaît dans les lignes et fait tressaillir les ilotes? Quel mot d’ailleurs, avais-je bien pu graver sur ma tablette? Caca-phonie peut-être, ce néologisme malpropre qui n’était pas en odeur de sainteté dans l’esprit de nos Savonarole?”
Je me posais ces questions tout en pensant à DEB, qui, il y a peu, avait censuré un commentaire du Singe vert paru sous l’un de ses textes, et par voie de conséquence la réponse que j’y faisais, mais avait-eu la délicatesse de me prévenir par mail. Après tout, c’était son site, et bien que ne l’approuvant pas, il agissait selon son bon vouloir; tout comme le fit mon ami l’Âne pour un mien commentaire relatif à sa façon de braire dès qu’une jolie bergère faisait tressaillir son échine. Mais lui ne me prévint pas, mon petit mot au dixième degré ayant disparu quelques minutes après sa parution. Etait-ce lui, d’ailleurs, le faucheur, ou bien les zélotes tapis dans l’ombre? Mais peu importe, il ne s’agissait que de quelques mots tels qu’on peut en laisser échapper du zoo de notre esprit lors d’une conversation entre amis, alors qu’on se croit subtil et qui ne fait sourire personne.
J’en étais là de mes réflexions, lorsque retournant contempler la page vide de mes notes, je m’aperçus que mon texte était de retour au bercail. Je respirais, il n’était pas utile que je continuasse à m’étouffer en dévorant de colère les poils de ma barbe. C’est douloureux et difficile, risquant au surplus l’apoplexie. Mais le fait était là, bogue informatique ou censure hasardeuse, rêve ou réalité, mes mots s’étaient inscrits en lettres bleues, puis avaient avaient disparu pour réapparaître vers onze heures ce matin.
La nuit porte conseil, dit-on! Je me demande si le jour n’est pas plus propice à une sereine méditation.

L’amère pudeur.

 

gabrielle_d_estree_-_louvre.jpg

Lorsqu’on franchit le pont Valentré le regard butte sur un mur de rocher masquant l’infini de l’horizon, à croire que le Diable, dont on dit qu’il aida sa construction, voulut qu’en sortant de Cahors on ne pût embrasser toute la beauté du monde. Dante lui-même, dans son chant XI de l’Enfer, assimile la ville aux pires turpitudes:

 

“et c’est pour ce motif que le petit giron

 

scelle du même sceau Sodome avec Cahors

 

et ceux qu’on voit crier tout leur mépris au ciel.”

 

Fort sans doute de la caution du Diable et de l’anathème de Dante, on ne badine pas avec la pudeur du côté de la bonne cité du pape Jean XXII. Philippe Pissier doit en savoir un brin, lui qui fut auditionné pour avoir osé expédier d’Allemagne quatre cartes postales. La maréchaussée perquisitionna son domicile, saisit son ordinateur et quelques unes des oeuvres de cet artiste. Le dangereux pornographe encourt trois ans de prison et 175.000 euros d’amende.

 

Tout commença au centre de tri de la poste où quelques ilotes bilieux jugèrent que les cartes, représentant le buste d’une femme dont les seins arboraient fièrement une pince à linge, attentaient à leur pudeur, et vertueusement indignés déposèrent une plainte. L’affaire aurait peut-être pu en rester là, mais quand le linge est suspendu il faut bien le rentrer, ou plus localement lorsque le vin de Cahors est tiré il faut le boire, alors Isabelle Ardeef, substitut du procureur de la cité viticole, décida d’une enquête préliminaire et notre artiste, convoqué à la gendarmerie, apprit qu’il troublait l’ordre public et mettait en danger le psychisme des enfants.

 

Les bras m’en tombent et je me demande si la Vénus de Milo, qui a perdu les siens depuis longtemps, et dont les enfants peuvent détailler allègrement l’anatomie, n’attente pas elle-aussi à la pudeur en exhibant son moignon et son morceau d’épaule, seins nus; ceci expliquant peut-être cela d’ailleurs, la pauvrette ne pouvant remonter son himation qui heureusement cache le sexe, mais laisse voir, horreur, le nombril. Je ne sais pas si les pinces à linge étaient déjà connues vers l’an 100 avant Jésus Christ, je pense que non, l’artiste de l’époque les ayant dès lors certainement utilisées pour retenir l’effet pudique, comme on le fit quelques siècles plus tard lorsque les bons pères, adorateurs du fils et ancêtres de Tartuffe, vêtirent les statues qu’ils jugeaient indécentes.

 

Vous me rétorquerez, avec raison je vous l’accorde, qu’une pince à linge, mise au bout d’un sein, serrant l’adorable mamelon que je tétais goulûment autrefois et plus délicatement aujourd’hui, peut provoquer quelques manifestations orales de la part de la personne qui tente l’expérience. Guère plus peut-être que le pincement, effectué par sa soeur, que subit Gabrielle d’Estrée annonçant l’oeuvre intime du Vert Galant, dont vous pouvez contempler la beauté dans le tableau en haut de page, reproduction prise sur Wikipédia, n’ayant plus mes bras, comme indiqué précédemment, pour sortir mon Nikon et mes livres d’art. 

 

Alors de là à pousser des cris d’effraie jusqu’au poste de gendarmerie, à réveiller tous les vieux démons se voilant la face mais pas l’envers, il y a un pont à franchir qu’empruntèrent, toute honte bue, les pudiques cadurciens pour la salubrité de la société, le salut de la république et la joie des incultes.

 

Je leur signale à toutes fins utiles que les deux oeuvres commentées ci-dessus, comme tant d’autres, datent d’une époque laissant envisager la prescription et que leurs auteurs sont anonymes. Inutile donc d’ameuter les brigades voisines de tous les musées de France pour les rechercher. En revanche les kiosques à journaux, les maternités où les femmes allaitent, les galeries photos ou de peinture, les défilés de mode, les régies des publicistes, les cabines de camions, les plages de nudistes ou pas, les éditeurs, les cinéastes, les blocs opératoires où l’on joue du scalpel, les instituts médico-légaux où l’on dissèque, les salles de garde, l’atelier de mon garagiste et tant d’autres lieux que j’oublie comme les sex-shops, les grands magasins, ceux de lingerie ou du grossiste en plomberie où je vais quelques fois, sont des sources d’inspiration illimitées pour nos censeurs académiques.

 

Décidément nous vivons une époque remarquable où les vacanciers se baladent dans nos villes en tong et en slip, baudruches graisseuses juchées sur des cotons-tiges, les jours de canicule sans que quiconque ne s’offusque de cet attentat estival au bon goût, à la grâce, à la beauté, à la pudeur et qui, l’automne imposant une certaine décence vestimentaire, voit s’écarquiller les yeux de tous les pères et mères la pudeur se réveillant aux premiers frimas.




CENSURE.

En quel monde vivons-nous? Si je ne doute pas que certains de mes écrits déplaisent à quelques uns, je ne les empêcherai jamais de le dire et certainement pas de faire en sorte qu’ils n’apparaissent pas au yeux de ceux qui souhaitent les entendre ou les lire. La pluralité des idées et des opinions est une notion que beaucoup devraient garder à l’esprit, s’ils en ont, car elle permet d’évoluer. Sans doute est-ce là que se situe ce noeud gordien où les tenants d’une pensée unique ne souffrent pas qu’on puisse exprimer autre chose que ce qui leur complaît.

Il faut donc trancher parfois et ne pas se laisser mutiler par quelques ilotes en quête de radicalisme. Je l’ai fait sans état d’âme en supprimant mes écrits sur un site (il s’agit du Post, filiale du journal Le monde) où je laissais quelques traces de mon passage. Car on ne censure pas un seul de mes mots sans le faire pour tous. Lorsque j’écris, chacun de mes termes est choisi en fonction de la pensée qu’il exprime, de la force ou de la réalité qu’il représente à mes yeux; chacune de mes phrases est construite puis analysée, rebâtie s’il le faut, pesée et enfin élaborée définitivement pour être déposée à l’attention de celui ou celle qui me fera le bonheur de la lire. Ces phrases mises bout à bout formeront un ensemble que j’espère cohérent et traduisant l’intime de mes convictions. Et je dénie à quiconque le droit de gommer quoi que ce soit de ce labeur long, laborieux, pénible quelques fois, mais toujours exultant de voir se formaliser, se concevoir, se matérialiser l’image sous le regard, ce reflet vivant plus ou moins fidèle du magma de l’esprit.

Ce que je dis ici est le propre de ce que vivent tous ceux qui font l’effort de créer. Quel que soit le support, sculpture, peinture, musique, écriture. Quel que soit leur talent, quelle que soit leur possibilité. Ils offrent à leurs contemporains une idée, une vision, une approche qui est leur, unique et insondable; cela plaît ou non, mais cela est; en tant qu’oeuvre cela doit être respecté. Et y compris les écrits -puisque nous sommes sur un espace d’écriture- les plus séditieux, les plus nauséabonds. Libre à chacun de les lire, de les commenter, de les critiquer; ou pas! Après, s’ils sont à ce point délétères, nauséeux ou contraires à la morale -mais qu’est-ce la morale?- existent des tribunaux pour ceux que cela tentent ou estiment nécessaire.

Rien ne me trouble. Je suis apte à combattre ce qui me semble mauvais; et ce n’est pas en biffant d’un trait de stylo qu’on fera disparaître à jamais ce qui tôt ou tard rejaillira ailleurs. C’est précisément en laissant émerger même le pire qu’on peut s’y opposer. La connaissance du danger est plus puissante pour le vaincre que toutes les mesures issues d’un autoritarisme couard.

Mais l’inconcevable étant que les plus tolérants, au prétexte qu’ils osent dire ce qu’ils pensent, employant un mot inscrit dans le dictionnaire des censeurs, construisant une phrase dont on pense qu’elle suggère l’anéantissement de l’ordre établi, érigeant l’architecture complexe d’un enchevêtrement de propositions dont on s’arroge le droit de décider qu’elle est contraire à l’orthodoxie du moment, se retrouvent bâillonnés, muselés, garrottés, au son des tambours de la multitude versatile. Ainsi Socrate, ainsi Baudelaire, et tant d’autres dont le futur a su les retrouver.

C’est ce que ne comprennent pas les pusillanimes de la censure, partisans de la politique de l’autruche, offrant à ceux dont l’esprit est libre la meilleure posture qui soit pour recevoir la bénédiction d’une semelle.



21 juillet 2008 - Aucun commentaire
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Philippe Val le matamore.

 

cavachier.jpgIl fut un temps où Philippe Val était moins soucieux de plaire, lui qui, avec son compère Patrick Font, faisait le comique sur les scènes parisiennes. Je l’aimais bien alors. Je me souviens d’un de leur spectacle auquel j’avais assisté, où mêlant chants et sketches, on riait pendant deux heures. C’était en… bien avant que Charlie-Hebdo naquît, ce frère jumeau de Hara-Kiri mort sous la censure, décédé lui-aussi par manque de lecteurs, relancé par Val et atteint aujourd’hui d’un malaise dont on peut craindre le pire.


Oui, c’était bien avant même qu’il se dressât en rempart contre l’anathème lancé à l’encontre de dessins danois. Il n’hésitait pas alors à pourfendre de sa causticité tout ce qui représentait l’ordre établi, la religion, la politique, l’armée, la police, la société quoi, dans ce qu’elle avait de détestable.


Puis il y eut l’épisode des caricatures de Mahomet. Je me disais qu’il n’avait pas changé, s’opposant à toute forme de censure, comme au bon vieux temps, même pour des dessins plus apparentés aux crucifères qu’à l’humour. Ouais! mais ces dessins attaquaient l’Islam, ce qui pour lui, le pro-israélien, était peut-être raison suffisante pour les défendre, plus que pourfendre la censure. Ouais! mais l’établishment ça doit quand même aussi vous éroder l’os contestataire, vous gominer la mèche rebelle, vous araser l’esprit frondeur, vous racornir l’épiderme ironique.


Si Font me fait toujours rire, malgré tout, Val, plus du tout. Voilà-t-il pas qu’il s’y met lui-aussi, à censurer. Qui plus est au sein même de sa rédaction, libertaire s’il en est, ou plutôt s’il en était, affirmant, pour se justifier peut-être, qu’il n’avait jamais aimé les dessins de Siné. Moi non plus, enfin pas toujours, quelques fois quand même, mais ça ne m’autorise en rien à réclamer sa tête, même pour les quelques phrases d’une chronique qui sont à l’humour ce qu’est un roman de gare à la littérature.


Dans une analyse de texte qu’un collégien de troisième n’aurait même pas osé élaborer (je vous fais grâce du texte, on le trouve partout) Val y sent comme une odeur d’antisémite, antienne reprise par Claude Askolovitch, et suffisante, mais nécessaire, pour lourder un opposant interne.


Car, qu’on ne s’y trompe pas, rien dans le texte de Siné ne justifie un antisémitisme quelconque, à moins de se complaire dans l’ambiance fumeuse de notre époque où dès qu’apparaît le mot juif on déroule la Torah comme on arborait un crucifix devant un possédé, une gousse d’ail devant un vampire. D’ailleurs Siné n’est pas plus contre le judaïsme que contre autre chose, il est anti-tout mais est l’ami de tous (voir la pétition de soutien).


Alors que Philippe Val ait voulu y voir des propos anti-juif, libre à lui de passer pour le reflet de la charcuterie bien connue de Vire dans le miroir du microcosme, pour ma part j’y vois surtout la réaction d’un vieux comique qui agit désormais comme un patron lui qui s’en moquait, qui a gommé son talent sur des livres de compte lui qui les ignorait, qui s’effraie du scandale lui qui s’en rassasiait, qui craint le pouvoir lui qui le pourfendait, qui censure sans vergogne lui qui la sabrait.


N’y avait-il donc qu’une épée de matamore dans le fourreau?


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AU SECOURS! ON VEUT ME FAIRE TAIRE!

Ce matin dans SUD-OUEST a paru un article concernant la lenteur du TAAP (Tribunal aux Armées de Paris) suite au crash du Sinaï en mai 2007, le jour de l’élection de N.SARKOZY.

Article écrit avec talent par Pierre-Marie LEMAIRE, dont voici le lien:

http://www.sudouest.com/201207/france.asp?Article=201207aP1330120.xml

Il y décrit les circonstances du drame, mais surtout l’attente des familles qui se sont constituées parties civiles et qui n’obtiennent aucune réponse du TAAP pour certaines, ou un refus d’accéder au dossier pour d’autres, ce dont mon avocat est scandalisé.

Il y indique également l’adresse de mon site où je décris tout depuis ce jour funeste.

Visitez-le vite: http://www.patrickpike.fr

car un ami vient de me prévenir ce soir que quelqu’un veut le faire fermer!

J’ai le tort de lui déplaire et veut même m’assigner en justice.

Mon avocat, interrogé, sourit et ne s’inquiète pas.

Quant à celui qui veut me faire taire, s’il veut faire de moi une victime de plus, je suis prêt.

Ainsi nous pourrons sans doute avoir quelques explications plus précises et pourrais dire sans contrainte tout ce que je sais.

20 décembre 2007 - Aucun commentaire
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