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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

FRAICHE REACTION DES LIBRAIRES

Amazon.fr, après Alapage, vient d’être condamné par la justice à 100.000€ d’amende pour ne pas faire supporter à ses clients les frais de livraison pour toute commande de livres.

C’est après plainte du SLF (Syndicat de la Librairie Française) qu’Amazon.fr a été condamné avec astreinte de 1000€ par jour s’il n’obtempère pas sous 10 jours.

Il est vrai que le commerce sur le Net concurrence toutes les activités. Mais c’est l’évolution des choses, et il faudra bien que le commerce de proximité évolue pour concurrencer à son tour ces géants qui naissent, parfois aux pieds d’argile.

L’argument développé par le SLF est que le prix du livre étant bloqué avec remise maximum de 5 % depuis la loi LANG du 10 août 81, des frais de port gratuits vont à l’encontre de cette loi et augmente de façon occulte la remise.

Le SLF ne manque pas d’air, et pour plusieurs raisons:

1) Les grandes librairies qui ont leur site (MOLLAT à Bordeaux par ex.) ont la même démarche, même si elles ne pratiquent pas la remise de 5 %, et ne sont pas poursuivies. Pourquoi?

2) La FNAC, dont les frais de port sont gratuits pour les livres, n’est pas poursuivie non plus par le SLF. Pour quelle raison?

3) Quand je me déplace pour acheter un ouvrage, à la Fnac ou chez Mollat, ils ne me déduisent pas mes frais de déplacement.

4) Quand je commande sur le net, je paye un abonnement chez un serveur ainsi que l’électricité consommée par mon ordinateur, non remboursés également.

5) Ces frais de port, que supportent seul l’acheteur puisqu’entrant dans les frais généraux du vendeur, sont à mes yeux une argutie tendant à vouloir faire diminuer, voire supprimer, la remise permise par la loi Lang.

Quoi qu’il en soit, acheter un livre sur le Net ou se déplacer chez le libraire, me coûte de l’argent (puisque c’est en ces termes qu’il faut s’exprimer maintenant) de façon quasi identique et qu’il est donc logique que mon prix final d’achat soit équivalent, chez l’un comme chez l’autre.

Si je veux avoir les conseils d’un libraire, je me rendrai chez lui; si je ne le juge pas opportun, j’achèterai, peut-être, sur le net.

Amazon.fr fera sans doute appel de cette décision, que personnellement je considère comme étant stupide. J’espère que d’autre magistrats auront plus de considération pour les consommateurs que nous sommes et comprendront que le commerce évolue d’une façon inéluctable.

Quant aux libraires, qui réagissent comme les buralistes d’une manière corporatiste, devront savoir s’adapter, comme s’adapte toute entreprise si elle ne veut pas disparaître dans le tourbillon du progrès.

19 décembre 2007 - 1 commentaire
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LA CONDAMNATION D’YVAN COLONNA.

Je ne sais pas si Yvan Colonna est innocent ou coupable de l’assassinat dont on l’accuse.

On me répondra: “Si tu ne sais pas, pourquoi en parles-tu?”

C’est vrai! Je n’ai guère suivi le procès, qu’au travers des quelques dépêches lues ici ou là. Comme tout le monde cependant, j’attendais le verdict. Il est tombé, hier. Mitigé si l’on peut dire, car la réclusion à perpétuité, ce n’est pas rien. Et les jurés ont voté en leur âme et conscience.

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’ils n’aient pas suivi le ministère public dans leur verdict. S’il est coupable, il fallait assortir la peine de cette période de sûreté. S’il est innocent, il fallait l’acquitter.

Cette sentence ambiguë laisse place au doute quant aux certitudes des jurés. En aucun cas je ne leur jetterai la pierre, car je sais le traumatisme que laisse une session d’assises, non pas que j’en fus, mais pour en avoir eu connaissance par une femme qui participa à l’un de ces procès en tant que jurée. Plusieurs mois après elle m’en parlait avec la même crainte de s’être trompée, de n’avoir pas su discerner avec exactitude le vrai du faux, et d’avoir vécu toutes les narrations d’une lugubre histoire. “C’est épouvantable, me disait-elle, car en plus d’être coupée des miens (elle n’habitait pas la ville du procès) il fallait chaque jour me plonger dans des horreurs, écouter les avocats dont on se dit, il a raison, qu’il soit de l’accusation ou de la défense, tant ils savent convaincre. A la fin on ne sait plus et il faut pourtant prendre une décision.”

Yvan Colonna est-il coupable? Pour ses avocats, non. Pour la partie civile, oui.

Et pour lui? Quand j’entends un homme crier son innocence, j’ai tendance à le croire, quand bien même suis-je en total désaccord avec ses théories nationalistes. Ils disent tous ça me rétorquera-t-on, parce qu’ils ont peur de la sentence.

Non, ils ne disent pas tous ça. Certains nient avec plus ou moins d’habileté. D’autres baissent la tête. Tel autre avouera enfin. Un dernier ne dira rien, mais les preuves seront si évidentes qu’il subira le sort qu’il mérite. Et quelques uns clament solennellement leur innocence. Ce fut le cas d’Yvan Colonna, nul ne l’a cru, du moins a-t-on quand même eu un doute.

Et le doute doit toujours profiter à l’accusé.

Nota: J’ai commis la lourde erreur d’oublier qu’il s’agissait d’un tribunal spécial dont le jury n’est composé que de magistrats (sept) et non d’un jury populaire. Il s’agissait donc de professionnels de la justice dont le doute exprimé dans cette sentence n’en est que plus prégnant, et qui me fait douter moi-même de la totale objectivité de ce procès. J’apprends d’ailleurs que le parquet a fait appel, ce qui ne laisse planer aucun doute cette fois-ci sur leur volonté de condamnation et d’acharnement, puisque ce sera un “appel incident”: il n’y aura que deux possibilités, la condamnation à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté, ou l’acquittement.

14 décembre 2007 - Aucun commentaire
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