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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

TOURISTE EN FRANCE, C’EST RISQUE!

Ange Djedje, 41 ans, est venu en Italie le 29 décembre dernier avec passeport et visa d’un mois en touriste. Puis il est allé en France rendre visite à sa soeur et faire quelques emplettes pour son mariage prévu le 13 février à Abdijan.

La belle l’attend toujours!

Sans se préoccuper des dates de son visa, il a pris le train pour l’Italie afin de regagner la Côte d’Ivoire, billet d’avion en poche.

Périmé le visa! La police Italienne l’a interpellé, reconduit en Suisse, dernier pays d’où venait le train. De là il fut expédié vers la France où la préfecture du Doubs a décidé de le mettre en rétention près de Strasbourg, puisque la date du visa était dépassée.

Jusqu’à maintenant, rien à dire, ses papiers n’étaient pas explicitement en règle, à cause du visa. Encore que, il y avait sans doute autres possibilités!

Mais pour les VRP de l’expulsion, c’était une aubaine d’ajouter dans leurs carnets de notes un renvoi de plus, d’autant que pour 2008 il s’agit de réexpédier vers leurs foyers hypothétiques 26.000 ressortissants étrangers et qu’on est encore loin du compte.

Une idée lumineuse surgit de leurs cerveaux hypertrophiés par trop d’études. On va faire comme si, et le réexpédier aux frais de la France!

Oui, vous avez bien lu! Voilà un touriste qui a son billet de retour dans sa poche, payé par lui, qui doit prendre l’avion où une place lui est réservée, et à qui la préfecture du Doubs lui annonce QU’IL REPARTIRA POUR ABIDJAN LE 25 FEVRIER (soit quand même 12 jours après son mariage raté) AVEC UN NOUVEAU BILLET D’AVION PAYE PAR LA FRANCE, comme un expulsé!

Et un de plus pour les statistiques!

Coût de l’opération une bonne douzaine de milliers d’euros (le billet d’avion coûte environ 3200€ auxquels il faut rajouter les allers et venues entre la Suisse, la France, le Doubs, Strasbourg, Roissy, les frais d’hébergement du centre, l’hôtel pour lui et ses gentils accompagnateurs, les frais de carburants…) Et qui “c’est-y” qui paye? Non seulement ce genre d’ânerie Kafkaïenne se fait à notre préjudice, mais en plus sa belle trépigne d’impatience dans l’attente de sa nuit de noces!

Et après ça on nous chante sur tous les airs du répertoire, que non seulement les caisses sont vides, mais plus que vides (eric Woerth le 07.02.08). Si ça continue ainsi d’ailleurs, ce sera un trou noir, ce truc invisible dans l’espace et qui absorbe tout.

C’est quoi d’ailleurs une caisse plus que vide? Je vous laisse trouver la réponse.

ENCORE UN BEBE EN CENTRE DE RETENTION!

Pour les juges de la cour d’appel de la bonne ville de Rennes, la loi c’est la loi.

En octobre dernier (voir mon billet “Petites menottes”) le préfet du Loiret avait maintenu en rétention, dans le centre de Saint Jacques de la Lande, près de Rennes, un bébé de quelques semaines avant de le faire relâcher avec ses parents au bout de 48 h.

Ca recommence! Vendredi dernier cette cour a décidé de maintenir en rétention, toujours dans ce même centre, pour 17 jours minimum (la durée peut être prolongée de 15 j.), une mère et son enfant de 15 mois, né en France.

Le compagnon de cette femme Congolaise, qui est aussi le père de l’enfant, travaille et réside en France depuis 11 ans. Ses papiers sont en règle!

Alors qu’elle se trouvait à son domicile situé à Tours, seule avec son nourrisson, la police de l’air et des frontières fait irruption chez elle, l’interpelle et la conduit en rétention à Rennes.

Une semaine plus tard le juge auquel elle est présentée veut la libérer pour vice de procédure. Le procureur de la République fait appel, et ils sont tous les deux reconduits à Rennes.

Je me pose encore la question: comment un homme peut-il à ce point manquer de coeur pour décider de vouloir, au nom de lois scélérates, enfermer dans un centre de rétention un enfant dont le MRAP dit qu’il y connaît des problèmes d’alimentation?

D’autant que lors de son arrivée en France, il y a 7 ans, cette jeune femme, dont je rappelle que le compagnon, et père de l’enfant, est en situation régulière, a fait une demande d’asile qui lui a été refusée!

Elle a fui la République Démocratique du Congo (qui n’a de démocratique que le nom!) pour vivre en France et y donner le jour à un enfant, et on voudrait les renvoyer là-bas!

Mais au nom de quoi?

Des quotas de MM. Sarkozy et Hortefeux, encore une fois, sans aucun doute.

DESCENTE DE POLICE DANS LE XIIIe

Hier une opération de police menée dans un foyer du XIIIe arrondissement, conduite d’une façon plutôt musclée par 400 policiers, a conduit à l’interpellation de plus d’une centaine de personnes.

A 9h tout était terminé. Après le passage de la police, ce foyer, qui compte quelques 150 lits, était dévasté. Portes enfoncées, débris jonchant le sol, affaires éparpillées. Un témoin affirme avoir vu un policier ouvrir une mallette à la tronçonneuse. Il y avait de la fumée partout, dit-il. Je croyais qu’il y avait le feu, ajoute un autre, ou quelqu’un de malade qu’on venait chercher.

La préfecture de police, dont je rappelle que son directeur, Y. Blanc, vient d’être éjecté, indique que son occupation était deux fois supérieure à sa capacité.

A l’en croire, il s’agirait donc d’une action humanitaire! Neuf personnes d’ailleurs ont été placées en garde à vue.

Seulement la plupart des occupants était en situation irrégulière. Comme l’explique le délégué du foyer, Makan Tounkara, il n’est pas facile d’avoir un logement en France, alors on héberge la famille ou les copains.

Deux personnes se seraient jetées par une fenêtre et ont dû être hospitalisées, une autre a fait un malaise.

Est-ce ainsi qu’une société dite civilisée doit se comporter?

Est-ce ainsi qu’on traite des enfants, des femmes, des hommes en débarquant dans le petit matin blême pour saccager le seul endroit où ils pouvaient dormir et les emmener manu militari vers un lieu dont je me doute bien qu’il n’est pas un hôtel plus confortable, mais une salle de transit pour un voyage en charter?

Si vous saviez combien la plupart d’entre nous en a plus qu’assez de ces gesticulations grotesques et honteuses, oui si vous saviez, peut-être agiriez-vous avec un peu plus de décence, et feriez en sorte de donner des conditions de vie dignes de la France, et non de ces exploits insignifiants, mais humainement inacceptables, afin de respecter les quotas fixés par un ministre à la botte, comme un directeur de super-marché devant atteindre un objectif de vente.

L’homme ne se quantifie pas en pourcentage. L’homme se respecte! Mais vous ignorez sans doute la valeur de ce mot et vous gouvernez comme des commerçants sans scrupules, usant de tous les artifices pour attirer le chaland et l’abuser. Mais le chaland aussi se lasse et délaisse le triste opérateur d’une politique de poudre aux yeux.

Car, non seulement ces méthodes sont d’un autre âge, comme le dit si bien José Bové, dont j’approuve aujourd’hui la réaction et les commentaires, qui s’apparentent à une rafle de sinistre mémoire, mais qui plus est ne résout en rien, non pas le problème de l’immigration clandestine qui demeure quantité infime et négligeable, mais celui de foyers indignes dont l’Etat ferait mieux de se préoccuper.

Mais peut-on demander à un commerçant qui raisonne en chiffres, en quotas, en objectifs de faire un peu preuve d’humanité et de bonté?

SUPPLIQUE POUR NICOLAS SARKOZY.

Monsieur le Président,

A l’heure où vous faites preuve d’une tolérance et d’une largesse d’esprit, sans précédent dans notre histoire, en laissant libre votre épouse -ou qui le deviendra- se montrer nue devant des photographes Espagnols afin que le monde entier découvre la sûreté de vos goûts, votre amour de la beauté, vos connaissances en art plastique mais aussi votre dédain des commérages, votre ministre Hortefeux, par l’entremise du préfet de Haute Saône, vient, par une action sans état d’âme, battre en brèche tout ce dont nous pouvions attendre de cet humanisme nouveau auquel vous sembliez vouloir nous faire espérer.

Mais peut-être ne vous tient-il pas informé des actes et des actions qu’il entreprend pour le rayonnement de la France, pays des droits de l’homme, ce que vous avez rappelé le 24 août dernier à Arcachon, précisant une seconde fois à Sofia “qu’à chaque fois que quelqu’un est humilié, est persécuté, est opprimé, il devient automatiquement Français”. Ou bien ne vous a-t-il pas correctement entendu.

C’est pourquoi je me permets de vous rapporter un fait qui eut lieu ce matin, à Roissy Charles de Gaulle, vers les 12 h, où une jeune femme au doux prénom de Manana et de son nom Lapanaschvilli, a été embarquée sur un avion d’Air-france pour être expulsée vers la Géorgie d’où elle s’était enfuie après y avoir subi des sévices.

Votre préfet aurait pu stopper cette expulsion. Il n’ a rien fait. Sans doute avait-il d’autres préoccupations pour écouter l’histoire de cette jeune femme qu’il a laissé partir vers un pays où elle n’a plus aucune attache familiale, où ne l’attendent vraisemblablement que ses anciens tortionnaires, sans bagage ou si peu, presque nue. Mais non pas face à des photographes, nue devant cette injustice, nue devant ce désarroi, nue devant cette peur au ventre qui devait la tenailler au cours des 4h de vol l’entraînant vers une destinée incertaine.

Je ne vous raconterai pas toute son histoire (vous pouvez la lire sur RESF). Sachez cependant que sa seule famille, ou ce qu’il en reste, réside désormais en France, qu’elle fut victime, après l’avoir été en Géorgie, d’une autre injustice en France, accusée d’avoir volé UNE SAVONNETTE alors que ce n’était pas elle.

Vous qui avez l’art de “passer des savons”, profitez-en auprès de votre ministre et de votre préfet de Vesoul pour leur nettoyer un peu les neurones, car on n’expulse pas une femme ainsi pour un larcin aussi dérisoire surtout quand elle ne l’a pas commis.

Une dernière chose Monsieur le Président, si vous la faisiez revenir, comme ce serait bien pour votre image.

Je vous prie de croire etc…

DES PETITES MENOTTES

Il manque à la police, désormais un nouveau matériel: des petites menottes!

Et quand je pense qu’un préfet, celui du Loiret, juge que cette détention était conforme au droit, je me demande s’il ne serait pas préférable de le remplacer par un robot, une espèce de radar, fraudant comme ceux des routes, pour appliquer sans conscience le code. Cela coûterait moins cher à la collectivité.

Il faut vraiment peu de sentiment, peu de conscience humaine, peu d’intelligence pour imposer à un nourrisson une garde à vue dans des locaux policiers. L’ont-ils interrogé? Ont-ils eu besoin d’un traducteur pour comprendre les “areux” et les pleurs de l’enfant?

Heureusement des juges indépendants -pour combien de temps encore?- ont rendu un verdict juste: “traitement inhumain et dégradant”.

Le préfet persiste. La gendarmerie aussi qui les a libérés le soir, en pleine rue. Là aussi il s’agit d’un traitement inhumain et dégradant.

Mais qu’importe, la loi doit être respectée. “Dura lex, sed lex”. Et peu leur chaut les conséquences de leurs actes.

Ils veulent un monde sans désordre,aseptisé,uniforme et au garde-à-vous, mais ils oublient que toute la beauté du monde réside dans la différence et le mélange, dans le respect et la dignité, dans l’intelligence enfin qui fait notre différence avec l’animal, l’animal qui accepte en son clan et n’hésite pas à partager, parfois, souvent, son territoire avec un autre.

25 octobre 2007 - Aucun commentaire
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