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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

LES DIEUX SONT AVIDES.

Il y a ce soir trois évènements qui me taraudent. Trois faits divers -puisqu’il faut bien les nommer ainsi à défaut d’autres termes- parmi tant d’autres qui parsèment notre monde et le fleurissent de leurs couronnes de deuil. Aucun lien ne les relie, si ce n’est ce sentiment d’injustice qui vous frappe au coeur et vous laisse assommé de déraison et d’incertitude face au devenir de notre humanité. Humanité la mal nommée sans doute, et qui n’a rien de bienveillant envers les hommes.

Rose, elle s’appelait Rose et l’on a retrouvé son petit cadavre dans un sac flottant sur une rivière près de Tel-Aviv. Cette fleur à peine éclose n’avait que quatre ans, née de l’amour de deux adolescents qui se séparent lorsque la jeune mère devient amoureuse du père de celui qu’elle épousa. Et ce couple sordide -mais l’amour, quel qu’il soit, est-il sordide dans l’extase de la passion première?- s’est retrouvé incapable de s’occuper de l’enfant dont la mère avait obtenu la garde, partageant son existence avec les deux autres fillettes nées ensuite, à la fois demi-soeurs et tantes. Alors ils la tuèrent, comme on se débarrasse d’un fardeau trop pesant. Afin de bâtir leur univers insouciant, ils immolèrent Rose, démiurges barbares, sur l’autel de leurs amours.

Comment, mais comment une mère peut-elle agir avec tant de haine alors que d’autres, tant d’autres pleurent leur enfant mort ou se réveillent la nuit dans l’angoisse de ce qui peut survenir?

Rose aujourd’hui repose dans la paix d’un petit cimetière près de Paris. Sa mère, incarcérée en Israël, nie son implication dans ce meurtre, rejetant ce crime sur son amant. Quand bien même fût-ce exact, son attitude n’a-t-elle pas contribué au geste insensé de cet homme? Il n’est qu’à lire ce chantage au suicide décrit dans l’acte d’accusation, ou bien ces pleurs et ces cris, manifestation du rejet de sa fille, pour se persuader que cette mère, agissant ou non, fut en quelque sorte la déesse pour laquelle l’homme sacrifia cette offrande. Le dieu qui accepte ou réclame l’offrande est aussi coupable que celui qui la lui offre.

Quel est ce Dieu alors qui réclama en présent la vie de cet homme de trente huit ans, professeur accusé d’avoir frappé un de ses élèves, et qui s’est pendu vendredi? Est-ce la crainte du déshonneur? Est-ce la lassitude? Ou bien encore l’angoisse du futur? Le mensonge ou la vérité, ces serpents s’échappant des lèvres d’un adolescent, sont-ils la cause du suicide? Nul ne le saura jamais. Il est parti emportant avec lui le secret de son désespoir.

Et pourtant le procureur avait agi en homme sensé, refusant de poursuivre, la parole de l’un s’opposant à celle de l’autre, l’acte prétendu s’étant accompli en lieu clos, sans témoins.

Un autre en revanche s’était érigé en procureur implacable, celui qui, sans émettre un doute, sans rencontrer le professeur, sans chercher d’autres réponses que celles émises par son fils, s’en était allé dès potron-minet déposer plainte. C’est tellement facile et si confortable de poser son fardeau sur les épaules de la maréchaussée, cette gendarmerie bien prompte à mettre en garde-à-vue au prétexte de découvrir la vérité, sans se préoccuper de savoir si d’autres possibilités existent. C’est tellement facile là encore, et si confortable de bouleverser un homme en le soumettant à la question aux seules affirmations d’un gamin de quinze ans.

Dans cette société où désormais nul ne souhaite montrer un fragment de courage, se défaussant sur l’autorité à condition que celle-ci n’importune que les autres, abandonnant ses prérogatives parentales sur le corps enseignant à condition que celui-ci n’en use pas, délaissant tout esprit critique pour ne croire que ce qui satisfait à condition de ne pas être contredit, s’enfermant dans son microcosme de peur de la réalité à condition toutefois de n’être pas réveillé, les dieux de la béatitude demandaient un holocauste, ils l’ont une fois de plus obtenu, pantelant au bout d’une corde.

Il eût été tellement plus simple de dialoguer avant, trop simple mais surtout trop contraignant.

Comme il serait sans doute nécessaire de savoir très exactement ce que vit la famille de cette jeune fonctionnaire roumaine, Cécilia Adina Glodean, travaillant à Strasbourg à la Cour européenne des droits de l’homme.

Elle a déposé, sur le blog de Serge Portelli, Chronique de l’humanité ordinaire, un très long commentaire réclamant une protection pour elle et sa famille suite aux agissements de l’Etat roumain et du Conseil de l’Europe.

Son mari est accusé de désertion alors qu’il était en congé parental; elle-même serait payée au noir, voire pas du tout depuis septembre 2007; sa famille aurait reçu des menaces et des pressions policières; elle accuse le gouvernement roumain, mais aussi la Cour européenne de vouloir anéantir sa famille et réclame la protection de la France. Ses paroles sont parfois confuses et peuvent prêter à sourire, mais ce cri ressemble à un cri de détresse. Il ne faudrait pas que demain nous apprenions, dans la rubrique faits divers, qu’une famille fût immolée sur l’autel de l’indifférence.

Les Dieux sont tellement avides.

Pouvait-on éviter cette mort?

 

On pourrait disserter pendant des heures sur ce drame survenu à la maison d’arrêt de Rouen. Certains y verront une justice immanente, d’autres une erreur de l’administration, quelques uns l’échec de la psychologie, peu la conséquence d’une surpopulation carcérale tant on se repose sur la facilité de l’enfermement. J’ai lu et entendu que les questions qui se posaient relevaient de savoir s’il était opportun de mettre dans une même cellule un condamné pour conduite en état d’ivresse et un autre uniquement en préventive, mais pour meurtre; s’il ne fallait pas revoir la façon dont sont établis les certificats médicaux; s’il n’y avait pas eu carence dans le travail des gardiens. Je n’ai guère entendu la première question que je me pose, que fait un homme en prison pour avoir conduit en état d’ébriété s’il n’a tué personne, quand bien même serait-il récidiviste? Qui peut certifier n’avoir jamais conduit avec une alcoolémie supérieure à 0,50? Et sans doute il y a peu de temps; et sans doute plusieurs fois.

 


A Rouen, un jeune homme de vingt six ans a été égorgé par son codétenu, âgé de vingt ans, détenu préventivement pour une enquête sur une affaire de meurtre par arme blanche. Ce dernier avait tenté de se suicider et s’auto-mutilait. Jugé non dangereux, il avait été décidé de rompre son isolement en le plaçant avec un autre détenu. La seconde question que je me pose, concerne l’intérêt de la détention provisoire. Là encore existe un arsenal de solutions alternatives allant du bracelet électronique au contrôle policier strict; pourquoi pas, dans les cas graves, ne pas envisager un enfermement à domicile avec un fonctionnaire en faction? Risible? Onéreux? Pas assez de gardiens? On le fait bien pour les vieux, par un souci d’humanisme et d’économie, envoyant à leur domicile des bataillons d’aide-ménagères, d’infirmières et autres para-médicaux. On peut le faire aussi pour d’autres causes. Il n’est que de voir le nombre de policiers aux abords d’un ministère, d’une ambassade ou d’une résidence aoûtienne d’un ministre pour savoir qu’on n’en manque guère; il n’est que de voir le nombre de gendarmes se réjouissant du travail passionnant, l’oeil rivé sur une paire de jumelles, consistant à relever l’excès de vitesse spectaculaire d’un automobiliste, pour se dire que c’est possible; il n’est que de voir le nombre de policiers municipaux, calepin en main et crayon sur l’oreille, se penchant amoureusement sur le pare-brise de nos automobiles pour savoir qu’on regorge de ces factotums pour s’imaginer que leur tâche pourrait être plus utile.

 


Ces deux hommes n’auraient jamais dû se rencontrer. Le hasard a voulu que leurs chemins se croisent, pour le malheur d’un homme jeune, condamné parce qu’il avait bu et partant meurtrier en instance.

 


Ne doit-on pas aussi faire ce même procès d’intention à celui qui s’abreuva de la loi? Car si un excès de boisson peut, potentiellement, tuer, un excès de loi aussi.

Intifadah meurtrière en Corse.

800px-bonifacio.jpgLes adolescents corses sont-ils responsables de leur crime? La bêtise, la haine, l’exemple à suivre ou les prêches nationalistes, en s’incrustant dans l’esprit des enfants, sont-ils à l’origine du geste imbécile de ces deux rejetons infâmes qui ont tué un nourrisson que sa mère portait dans ses bras?

En jetant des pierres vers des touristes, hier soir à Bonifacio, deux jeunes corses d’à peine quinze ans ont tué l’enfant d’un couple venu en vacances dans un coin de France d’une beauté rarissime.

Quelques jours auparavant, avait eu lieu à Corté le rassemblement annuel des nationalistes de tout poil, où, lors d’un débat chloroformant sur la question essentielle de savoir qui était corse ou non, un aborigène s’était levé pour apostropher l’assemblée, réclamer le départ des individus non autochtones et ranimer une discussion, dont le thème, à ses oreilles, n’avait nul besoin d’être débattu, la cause étant entendu, seul le natif pouvant se prévaloir de demeurer à ses côtés.

Entre ces discours imbéciles et ces actes attentatoires récurrents qui illuminent les nuits de l’île de leurs explosions dont se gargarise une minorité à l’esprit rétrograde, il ne fait aucun doute que des enfants malléables puissent s’en accommoder et en faire leur crédo.

Alors, si ces enfants sont responsables du geste, ce sont les pères les initiateurs, et ces assassins en herbe, suivant l’exemple donné, eux dont l’âge est celui où l’on joue encore aux gendarmes et aux voleurs, ne pouvaient être que les tristes interprètes d’une tragédie écrite par de sinistres auteurs et jouée sans relâche depuis des lustres pour le malheur de beaucoup et la réjouissance inepte de la minorité de l’île, cette minorité qui impose par la violence du verbe et de l’acte sa vision passéiste du monde à ceux, majoritaires, dont le coeur corse bat à l’unisson de la beauté de leur île.

Car ce geste, même si ces adolescents n’étaient pas animés de l’intention de tuer, exprime le rejet, le besoin de chasser, l’envie de bannir, de blesser celui qu’on considère envahisseur.

Mais la Corse n’est pas la Palestine. Cette espèce d’intifadah n’a aucun sens, aucune légitimité. Elle est dérisoire et stupide, stupide au point de tuer un enfant qui ne demandait qu’à connaître un jour la magnificence de la Corse, cette Corse où, n’en déplaise, chacun doit être libre d’y vivre.

RAS LE BOL!

Ras le bol! J’en ai vraiment ras le bol de ces médias, et quels qu’ils soient, ressassant jusqu’au trop plein l’information dont on sait qu’elle attirera le gogo en quête de réflexions dignes d’un ilote, ou celui à la recherche d’une philosophie de bar-tabac. Que la presse écrite, au désespoir du dernier bilan édité par l’expert comptable, se laisse aller à ce dérisoire, au nom de la sacro-sainte économie et de la dure loi du marché, passe encore, au risque de ne devenir que triste tabloïd sans intérêt précipitant sa perte, mais que cette déferlante ravage tous les domaines, et en particulier avec une mention spéciale, cet espace virtuel où l’on pensait trouver un soupçon de liberté et d’air pur, me pétrifie. Il suffit d’un mot, d’un nom, portant en lui une espérance malsaine de racisme, de haine, de voyeurisme, de turpitude, de fraude, pour que les titres fusent comme des salves de lance-roquettes ou s’épanouissent comme un bouquet final de feu d’artifice. Le fromage est présenté puis découpé, partagé, fractionné, délayé à tel point qu’un veau ne reconnaîtrait pas le lait de sa mère. Ne manque plus que la couleur qu’un charognard serait allé prélever dans la flaque de sang, qui doit nécessairement sécher près d’un caniveau, pour enluminer les lettres, afin que le lecteur avide, ce Dracula moderne, puissent lécher son écran et satisfaire son besoin d’orgie.

Et cet irrépressible besoin atteint son acmé dans l’apothéose des commentaires, où borborygmes et éructations se le disputent à l’indécence et au calamiteux. Au moins autrefois, de nos journaux, pouvait-on faire de petits carrés de papier qu’on suspendait dans les latrines.

Certains auront subodoré avec justesse que cette goutte d’eau, ayant fait déborder mon vase de tolérance, n’est pas tombée du ciel mais des multiples postillons projetés suite au tabassage d’un jeune de dix sept ans. Oui, mais ce jeune est juif! Et alors? Peu m’importe. Que ce soit vous qui ayez pris les coups, ou moi, ou lui, quelle différence? Le fait divers n’allait pas au-delà, avant d’en savoir plus. Et il n’est nullement nécessaire d’épiloguer, de conjecturer, d’inventer, d’imaginer, d’affirmer puis d’infirmer et affirmer à nouveau tant que la police ne sera pas allée au bout de son enquête. Cet événement n’en est qu’un que pour celui qui l’a vécu, au même titre que pour tout autre individu, riche ou manant, roi ou brigand, corse ou juif, noir ou blanc, inouit ou arabe. Le reste n’est que mayonnaise montée au fouet des supputations stériles,dégoulinant du bol, mais alléchant le badaud.

25 juin 2008 - 8 commentaires
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QUELQUES NOTES BREVES

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Vue de Naples. Photo Wikipédia
La semaine dernière j’avais lu l’information concernant le voyage de Berlusconi à Naples, croulant sous les déchets, les détritus et les poubelles. Je n’ai pas fait de commentaire à l’époque. Il n’y avait pas grand chose à dire, il était dans son élément. Qu’aurais-je pu ajouter? Puis il est reparti, toujours fanfaronnant. La solution de cette crise est en bonne voie, Naples désormais compte un résidu de moins.

Il y a quelques années, organisant un méchoui avec quelques amis, nous avions fait appel à un professionnel pour immoler le mouton acheté vivant afin de pouvoir le cuire mort sur le brasero dont les braises emplissaient le trou profond creusé en terre. L’homme avait suspendu l’animal, non assommé, par les pattes de derrière à la branche d’un arbre, puis d’un couteau tranchant l’avait incisé à un endroit précis de la gorge pour le saigner avant de le dépecer. Nous lui avions laissé la toison en guise de paiement. Si je vous dis cela, c’est que Brigitte Bardot vient d’être condamnée à 15.000 euros d’amende pour avoir écrit “qu’il y en a marre d’être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes.” Propos destinés aux musulmans qui saignent les animaux pour l’Aïd el-Kebir, exactement de la même manière que nous le fîmes faire. Aucun d’entre nous n’était musulman, pas même le boucher, un excellent paysan des Charentes, qui pratiquait ainsi depuis que son père le lui avait appris, le tenant lui-même de ses ancêtres. Si madame Bardot savait comment on tue les animaux dans nos fermes de France avant les agapes du dimanche, elle s’abstiendrait de ces commentaires douteux.

C’est un peu comme notre Garde des Sceaux, Rachida Dati, qui se défausse sur le PS pour tenter une diversion et faire en sorte qu’on estompe de nos mémoires ses incohérences. Après avoir approuvé le jugement de Lille annulant un mariage, elle demande au parquet de faire appel de cette décision. Elle devrait réfléchir avant d’émettre un avis, ou demander conseil à son mentor avant de s’exprimer, et non après. Cela lui éviterait les quolibets. Mais on sait bien qu’une femme aime à changer de parure plusieurs fois par jour, surtout quand il s’agit, croyant nous plaire, de haute couture pour afficher sa réussite.

Un enfant, en revanche, aura du mal à s’arracher de son cauchemar; c’est le petit Antoine, dont la mère vient d’être assassinée par celui qui voulut le tuer. Quel sera son avenir psychologique? Je me demande si madame Bardot s’en préoccupe! Mais comme il ne s’agit pas d’une population qui détruit notre pays, on peut en douter.

PAS DE GRÂCE A GRASSE.

Abdelhakim est mort à 22 ans.

Je ne reviendrai pas sur les circonstances, amplement développées et désormais connues, de ce drame.

Mais lorsque j’ai lu ce matin l’information sur Libération, puis ce soir sur Le Post, j’ai ressenti la honte m’envahir. La honte et la colère. Car à qui fera-t-on croire qu’un homme aux mains liées sur lequel trois policiers frappent, le clouent au sol en faisant pression sur son corps au point de l’étouffer, quand bien même aurait-il eu un accès de violence auparavant, puisse être un danger pour leur sécurité? Etes-vous donc à ce point si fragiles pour craindre un homme lorsque vous êtes plusieurs face à lui? Etes-vous donc à ce point si lâches pour frapper un homme à terre, menottes aux poignets et demandant grâce? Etes-vous donc à ce point si dédaigneux pour oser menotter également un témoin vous enjoignant d’arrêter? Etes-vous donc à ce point aveugles et sourds, ou l’uniforme que vous portez vous paraît-il à ce point si prestigieux pour vous croire tout permis et à l’abri de toute critique? Avez-vous si peu de sang-froid pour ne pas savoir quand le temps est venu de cesser le combat? Avez-vous enfin si peu d’humanité et de considération pour refuser des soins dont il appert qu’ils étaient nécessaires?

On ne frappe jamais un homme à terre. Par honneur! sinon la haine seule est votre guide.

Et je crains qu’il en fut ainsi.

Femme battue à Saint-Quentin? Une arnaque bien imaginée!

L’histoire -imaginaire bien sûr- se déroule dans une petite ville de l’Aisne, La F. connue pour abriter la statue de l’artilleur qui ornait autrefois le pont de l’Alma.

Ancien siège de l’Ecole Royale d’Artillerie, l’une de ses habitantes, madame V.C. n’a pas hésité à tirer à boulets rouges sur son mari. Je dirais même qu’elle fit usage de l’artillerie lourde pour parvenir à ses fins.

Mariée à un homme paisible dont le métier est -comment dire?- de défier les lois de la pesanteur contre une excellente rémunération, mère de 2 enfants -fille et garçon- agés de 4 ans et 2 ans, s’ennuyant peut-être, prit un jour un amant. Celui-ci, fils d’un médecin de la ville, ami du couple, la logea chez ses parents où ils vécurent quelques temps.

Elle revint, plusieurs semaines après, vers son mari, J.F.C. toujours amoureux, qui l’accueillit sans reproche. Aux dires de ses amis, J.F. respirait le bonheur. Il déchanta rapidement.

La police vint, peu de temps après le retour, l’arrêter. Sa femme l’accusait de violence conjugale, exhibant une photo où elle apparaissait défigurée et un certificat médical attestant ces blessures, signé d’un ami du père de l’amant.

Vous me suivez? Le père de l’amant est médecin, mais il n’a pas signé le certificat. C’est un autre médecin, ami du père.

Après sa longue garde-à-vue, J.F. risquait la prison et la perte de son emploi. Aussi accepta-t-il sans trop réfléchir la proposition de celle qui était toujours son épouse, à savoir -c’est toujours imaginaire, bien sûr- “Je retire ma plainte si tu me verses 400.000 euros plus 4000 euros mensuels!”

Elle tint parole. Ils entamèrent une procédure de divorce où V.C. laissait ses enfants à la garde du père.

Mais on ne plaisante pas avec les femmes battues au tribunal de Saint-Quentin dans l’Aisne, même si tout démontre qu’il s’agit d’une mise en scène et d’une belle arnaque. Le procureur décida de poursuivre, avec raison d’ailleurs puisqu’en possession des “preuves” des sévices, et aujourd’hui J.F.C. risque la prison.

Voici les faits. Bruts. Sans fioritures, comme on pourrait les lire dans une page de faits divers. Victime de l’imagination démoniaque d’une femme, un homme est injustement harcelé.

Vous voulez la preuve? Elle est limpide, sans même s’arrêter sur le chantage financier éhonté qui à mes yeux est déjà l’aveu d’une escroquerie, le simple fait d’abandonner ses enfants à la garde du père est la signature du mensonge.

Une mère vraiment battue ne laisse pas à un homme prétendûment violent la garde de 2 enfants de 4 et 2 ans.

Elle reste ou elle part avec eux.

Je crois que je vais suivre cette histoire -imaginaire dites-vous?- avec beaucoup d’attention, car la question subsidiaire que je me pose est de savoir si le médecin qui a signé le certificat médical fut dupe d’un excellent maquillage ou complice.

TOURISTE EN FRANCE, C’EST RISQUE!

Ange Djedje, 41 ans, est venu en Italie le 29 décembre dernier avec passeport et visa d’un mois en touriste. Puis il est allé en France rendre visite à sa soeur et faire quelques emplettes pour son mariage prévu le 13 février à Abdijan.

La belle l’attend toujours!

Sans se préoccuper des dates de son visa, il a pris le train pour l’Italie afin de regagner la Côte d’Ivoire, billet d’avion en poche.

Périmé le visa! La police Italienne l’a interpellé, reconduit en Suisse, dernier pays d’où venait le train. De là il fut expédié vers la France où la préfecture du Doubs a décidé de le mettre en rétention près de Strasbourg, puisque la date du visa était dépassée.

Jusqu’à maintenant, rien à dire, ses papiers n’étaient pas explicitement en règle, à cause du visa. Encore que, il y avait sans doute autres possibilités!

Mais pour les VRP de l’expulsion, c’était une aubaine d’ajouter dans leurs carnets de notes un renvoi de plus, d’autant que pour 2008 il s’agit de réexpédier vers leurs foyers hypothétiques 26.000 ressortissants étrangers et qu’on est encore loin du compte.

Une idée lumineuse surgit de leurs cerveaux hypertrophiés par trop d’études. On va faire comme si, et le réexpédier aux frais de la France!

Oui, vous avez bien lu! Voilà un touriste qui a son billet de retour dans sa poche, payé par lui, qui doit prendre l’avion où une place lui est réservée, et à qui la préfecture du Doubs lui annonce QU’IL REPARTIRA POUR ABIDJAN LE 25 FEVRIER (soit quand même 12 jours après son mariage raté) AVEC UN NOUVEAU BILLET D’AVION PAYE PAR LA FRANCE, comme un expulsé!

Et un de plus pour les statistiques!

Coût de l’opération une bonne douzaine de milliers d’euros (le billet d’avion coûte environ 3200€ auxquels il faut rajouter les allers et venues entre la Suisse, la France, le Doubs, Strasbourg, Roissy, les frais d’hébergement du centre, l’hôtel pour lui et ses gentils accompagnateurs, les frais de carburants…) Et qui “c’est-y” qui paye? Non seulement ce genre d’ânerie Kafkaïenne se fait à notre préjudice, mais en plus sa belle trépigne d’impatience dans l’attente de sa nuit de noces!

Et après ça on nous chante sur tous les airs du répertoire, que non seulement les caisses sont vides, mais plus que vides (eric Woerth le 07.02.08). Si ça continue ainsi d’ailleurs, ce sera un trou noir, ce truc invisible dans l’espace et qui absorbe tout.

C’est quoi d’ailleurs une caisse plus que vide? Je vous laisse trouver la réponse.

ENCORE UN BEBE EN CENTRE DE RETENTION!

Pour les juges de la cour d’appel de la bonne ville de Rennes, la loi c’est la loi.

En octobre dernier (voir mon billet “Petites menottes”) le préfet du Loiret avait maintenu en rétention, dans le centre de Saint Jacques de la Lande, près de Rennes, un bébé de quelques semaines avant de le faire relâcher avec ses parents au bout de 48 h.

Ca recommence! Vendredi dernier cette cour a décidé de maintenir en rétention, toujours dans ce même centre, pour 17 jours minimum (la durée peut être prolongée de 15 j.), une mère et son enfant de 15 mois, né en France.

Le compagnon de cette femme Congolaise, qui est aussi le père de l’enfant, travaille et réside en France depuis 11 ans. Ses papiers sont en règle!

Alors qu’elle se trouvait à son domicile situé à Tours, seule avec son nourrisson, la police de l’air et des frontières fait irruption chez elle, l’interpelle et la conduit en rétention à Rennes.

Une semaine plus tard le juge auquel elle est présentée veut la libérer pour vice de procédure. Le procureur de la République fait appel, et ils sont tous les deux reconduits à Rennes.

Je me pose encore la question: comment un homme peut-il à ce point manquer de coeur pour décider de vouloir, au nom de lois scélérates, enfermer dans un centre de rétention un enfant dont le MRAP dit qu’il y connaît des problèmes d’alimentation?

D’autant que lors de son arrivée en France, il y a 7 ans, cette jeune femme, dont je rappelle que le compagnon, et père de l’enfant, est en situation régulière, a fait une demande d’asile qui lui a été refusée!

Elle a fui la République Démocratique du Congo (qui n’a de démocratique que le nom!) pour vivre en France et y donner le jour à un enfant, et on voudrait les renvoyer là-bas!

Mais au nom de quoi?

Des quotas de MM. Sarkozy et Hortefeux, encore une fois, sans aucun doute.

LES SUITES D’UNE GIFLE AU COLLEGE

J’ai, en son temps, dit ce que je pensais de l’attitude de cet élève ainsi que de son père. Mais aussi d’une façon plus générale sur le comportement de certains enfants, dont l’éducation, par le laxisme d’une société qui ne veut voir que l’enfant-roi, manque de rigueur et de repères. Je n’y reviendrais pas.

J’ai reçu tout à l’heure un message, émanant vraisemblablement d’un gendarme, qui demande aux collègues de ce père de le soutenir, comme d’autres soutiennent le prof.

A sa lecture, il m’apparaît qu’un souci de justice doit être rétabli.

Depuis ce lundi de janvier, cet homme, mais aussi ceux de sa brigade, est l’objet de missives insultantes et de menaces.

Ce comportement est inadmissible, et participe de la même manière à ce manque d’éducation que je dénonçais et déplorais à l’époque.

Rien, je dis bien rien, ne justifie un tel déchaînement de haine et de bêtise.

On peut critiquer, on peut dire ce qu’on pense, les propos peuvent être âpres voire difficiles à entendre, il n’en demeure pas moins que l’insulte et la menace sont intolérables, indignes, honteux, donnant une image peu réjouissante de ceux qui profèrent ces insanités.

Qui plus est le sont-elles toujours sous couvert d’anonymat. Ce n’en est que plus injustifiables et démontre le peu d’honneur qui anime ceux qui en sont les tristes pourvoyeurs.

Tout est affaire de dialogue. Celui-ci n’a pu se concrétiser sur place. Nous avons tous dit ce que nous en pensions. Là doit désormais cesser pour notre part toute velléité de commentaire. Ceux qui regrettent qu’on ait pu remettre un euro dans la machine ne veulent pas voir non plus la souffrance de cette famille, aussi intense sans doute que celle subie par ce professeur dans son désarroi.

Leur enfer devient le même.

Tout homme doit pouvoir se défendre. Laissons donc la justice faire son oeuvre, nous en reparlerons ensuite, si nous le souhaitons, mais sans menaces ni insultes. Avec dignité.

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