BAMAKO! L’AFRIQUE ASSASSINEE.

C’était le 18 octobre 2006. Un film exceptionnel sortait dans les salles. Bamako!
Plaidoyer pour l’Afrique que nous assassinons par le biais du FMI et de la Banque mondiale, dont nous rejetons les immigrants que nous renvoyons sans vergogne vers la misère, ce film est un témoignage d’une rare beauté, passé quasiment inaperçu.
Le synopsis est le suivant:
“Bamako. Melé est chanteuse dans un bar, son mari Chaka est sans travail, leur couple se déchire … Dans la cour de la maison qu’ils partagent avec d’autres familles, un tribunal a été installé. Des représentants de la société civile africaine ont engagé une procédure judiciaire contre la Banque mondiale et le FMI qu’ils jugent responsables du drame qui secoue l’Afrique. Entre plaidoiries et témoignages, la vie continue dans la cour. Chaka semble indifférent à cette volonté inédite de l’Afrique de réclamer ses droits …”
Le réalisateur, Abderrahmane Sissako, s’exprime ainsi:
“…Les gouvernements des pays très endettés se sont ainsi vus dicter par les représentants des institutions financières internationales la politique à suivre pour rétablir leur équilibre financier. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne se trouvent aujourd’hui sous ajustement structurel. D’inspiration très libérale, les programmes d’ajustement servent principalement les intérêts des pays riches, Etats-Unis et Europe en tête…/…Dans le même temps, les populations des pays placés sous ajustement structurel n’ont cessé de s’appauvrir, avec pour conséquences la diminution de l’espérance de vie, l’augmentation du taux de mortalité infantile, la baisse du taux d’alphabétisation.
La quasi totalité des rapports officiels soulignent que les ” pays pauvres très endettés ” sont plus pauvres aujourd’hui qu’il y a vingt ans…/… les pays africains ont fait plus que rembourser leur dette aux pays riches. Beaucoup d’entre eux ont dû tout céder et ne pourront plus assurer leur développement futur. L’annulation éventuelle et tardive de la dette apparaît désormais comme un leurre.”
Ce film a obtenu le Grand prix du 1 er Festival International du Film des Droits de l’Homme de Lomé 2007.
Sélectionné officiellement, hors compétition au Festival de Cannes 2006, il ne connut ni le succès escompté ni l’accueil du public. L’indifférence générale fut son lot alors que d’autres films triomphaient ne méritant pas la une des journaux.
Mais regardez les extraits, ils sont magnifiques.
Une confidence, mon avocat, M° Rappaport y joue un rôle celui d’un… avocat. (non visible ici, les vidéos “comme au cinéma.com” ne sont pas exportables. Vous pouvez les visionner sur mon site. Lien en bas de page.)
Liens: Présentation du film
Comme au cinéma
Le DVD
3 extraits superbes sur mon site
