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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

APRES FRANCE-PAYS BAS.

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Je ne suis pas un amateur de football. J’ai toujours pensé que jouer au ballon avec les pieds est une régression, une insulte à cette lente évolution qui nous a permis de nous dresser pour marcher et laisser libres nos mains pour accomplir ce qui est utile, comme prendre un ballon ovale et le garder précieusement serré contre soi pour le protéger d’autres mains envieuses. Mais lorsque j’ai vu le résultat du match France-Pays Bas, j’ai quand même ressenti l’uppercut, me laissant chancelant avec ce bleu à l’âme. Déçu, ils m’ont déçu les manchots de France; car une équipe peut perdre, c’est la logique du sport, mais encaisser un tel score, à ce niveau, ce n’est plus une défaite, c’est une débâcle, une débandade, une déroute; que dis-je? c’est un naufrage digne du Titanic dont le capitaine n’a pas vu l’iceberg descendu du Nord. Une équipe de seconde division aurait fait mieux, en tout cas pas pire. Mais j’ai la solution pour l’avenir, il suffit de payer nos manchots beaucoup moins pour qu’ils travaillent beaucoup plus.

 

Vous avez remarqué, connaissant votre sagacité, que je ne suis pas tombé dans la facilité pour écrire qu’ils avaient joué comme des pieds; c’était du pain béni, mais je le préfère sec. Sec comme une trique, un bon coup de trique à l’Irlandaise. Cette Irlande, pays de mes lointains ancêtres, qui a dit non, pas à l’Europe, mais à ce succédané qu’est le traité de Lisbonne, reprenant l’essentiel de la Constitution rejetée par la France et… les Pays Bas. Au moins là nous avions fait match nul! Mais ne soyons pas surpris, ce traité est aussi obscur que le texte précédent. Trente cinq pages avec des phrases du genre: “Le Conseil européen se prononce par consensus, sauf dans les cas où les traités en disposent autrement.” Comment voulez-vous dès lors qu’un individu d’intelligence moyenne puisse adhérer à un tel programme? D’autant que la crise commence à se faire durement sentir au royaume du trèfle après des années d’embellie, et que la colère qui monte participe du rejet. A ce non, chacun pousse son petit cri d’effraie, mais n’ayez pas l’esprit inquiet, l’Europe en a vu d’autres. Et puis une Constitution, ce n’est pas un fatras d’articles 1, bis, ter, A, B, C (j’ai sous les yeux l’article 9 C, qui a été inséré, venant à la suite du A et du B qui suivent le 9 précédemment remplacé!), c’est un texte clair qui fait trois pages, maximum. Le reste n’est que bavardage. Alors faites comme moi, ne soyez plus européen, dépassez ce stade, devenez mondial.

 

Parce qu’il faut bien le dire, à l’heure où les Etats se rapprochent, les individus s’éloignent. Chacun y va de son petit chez soi et rejette l’autre. L’un est issu de l’immigration, l’autre est de souche, ce qui valut en réponse d’ailleurs ce néologisme subtil “souchien”, illico déformé par les thuriféraires du bien-penser en “sous-chiens”. Mais moi qui vous écris, et vous qui me lisez, si nous remontons un tant soit peu vers l’origine, que sommes-nous donc d’autre que des passagers terrestres?

 

“Passager clandestin d’un monde irrationnel, l’Humanité s’embrouille à l’écheveau des Parques…”. Nous sommes tous des clandestins embarqués sur ce vaisseau semblable à une bille roulant dans l’Univers. Et lorsque Dieu, comme un enfant, jouera aux billes…

DE TOUT UN PEU. QUELQUES NOTES AU HASARD.

3721br_1.jpgC’est un peu tard jeune homme. Il eut été souhaitable que vous vous y prissiez plus tôt. Que vous vouliez vous frotter au PS et à Ségolène Royal, suite à la condamnation d’icelle, est de votre droit le plus strict; je l’ai d’ailleurs fait en son temps. Mais que vous accusiez l’AFP de partialité parce que l’agence de presse n’a pas diffusé votre communiqué, me paraît être un procès que vous leur faites mu plus par l’aigreur que vous ressentez à n’avoir pas été relayé que par un véritable souci de vérité. Que vous le vouliez ou non, Frédéric Lefebvre, l’AFP n’est pas le porte-parole de tous ceux qui ont quelque chose à dire, pas plus vous qu’un autre. Sous-entendre d’autre part que cette agence privilégierait tel ou tel me semble hautement inconvenant, il suffit de lire les dépêches pour savoir qu’elle traita de cette affaire objectivement, rendant publics les commentaires des uns et des autres, y compris l’absurde demande de votre ami Raffarin. Votre texte n’apportant aucun élément nouveau plus de quinze jours après les faits mérita le sort qui fut le sien, la corbeille.

La prison, la prison avec sursis pour un professeur exerçant dans le Nord, après avoir dit à l’un de ses élèves qui venait de ranger sa classe, “ça, c’est du travail de bougnoule”. Que l’élève fut d’origine maghrébine est certes facteur aggravant, mais tenir de tels propos envers quiconque est intolérable et pour ma part j’estime la sanction légère. Ce n’est pas même un alourdissement de cette peine que j’eusse aimé, mais la radiation pure et simple de ce professeur. Détenteur de l’autorité et de la charge immense d’éduquer, tout enseignant à le devoir de donner l’exemple. Si vous voulez être respecté, respectez d’abord ceux dont vous êtes, par la force des choses, l’objet de tous les regards. Le professeur nie avoir tenu de telles paroles, mais le tribunal de Valenciennes ne l’a pas entendu de cette oreille, ni d’ailleurs l’Education Nationale qui l’a muté.

Dans le même registre, Monsieur Gautier Béranger, adjoint au secrétaire général du ministère de l’immigration, fonctionnaire donc de son état, a traité, le samedi 26 avril, un vigile d’un magasin Carrefour, de “sale noir”.
Ce brave homme, dont on se dit qu’il doit être un zélé travailleur de ce ministère, faisait ses courses. La somme s’élevant à plus de 500 euros, la caissière appelle un vigile pour aller faire les vérifications d’usage puisqu’il voulait payer par chèque. “Monsieur, vous n’avez pas le droit de toucher mes papiers, sale noir, je vous connais, vous êtes sans papiers et vous faites du trafic de papiers. Vous ne savez pas qui je suis, vous pouvez faire une croix sur votre carrière” se serait exclamé le zélé consommateur, dont le caddy devait bomber les grilles d’arrogance.
Le vigile, Pierre-Damien Kitenge, a décidé de porter plainte. Son directeur l’a convoqué pour le convaincre de retirer sa plainte, car l’adjoint du ministère aurait présenté ses excuses. Mais pas publiques, donc le vigile maintient sa plainte. Depuis il reçoit des appels anonymes, craint d’être licencié, et mieux, des employés présents lors de la scène, se sont vus intimer l’ordre de se taire alors qu’ils souhaitaient témoigner.
Je félicite la direction de Carrefour pour l’ardente défense de ses clients, jurant qu’il ne s’était rien passé. Si l’on ne peut plus payer ses achats par chèque sans être importuné, et ce pour l’infime somme de 500 euros, soit grosso-modo un demi-smic, il n’est pas surprenant de constater que la consommation est en proie au doute. Heureusement subsistent des Gautier Béranger, ayant démenti ces propos, pour faire régner l’ordre.

Pour terminer je voudrais également féliciter un autre grand de la distribution, ancien patron et fondateur d’Auchan, Gérard Mulliez, qui s’érige en ardent défenseur de l’objectivité, décidant avec le Ceres de mettre en oeuvre des études toxicologiques indépendantes sur l’impact de la consommation d’OGM pour la santé humaine.
Accusant sans vergogne les études déjà publiées de n’être que partiellement diffusées, pas suffisamment longtemps développées et financées par les industriels et distributeurs d’OGM, donc par ricochet dénigrant la recherche publique et ses chercheurs, Monsieur Mulliez et ses amis vont donc prendre le relais et financer des chercheurs privés.
Ils vont donc faire très exactement ce qu’il dénoncent.
Ce qu’ils dénoncent à tort d’ailleurs, car à lire leurs propos dans l’Expansion, on sait de suite qu’ils n’y entendent rien, leurs affirmations n’étant qu’un fatras de contre-vérités.

Encore un mot pourtant. Hier j’ai pris le train. J’avais réservé mon billet sur internet. Consciencieux j’ai coché les cases, dont celle de l’âge, ayant ainsi bénéficié d’un tarif préférentiel. Très exactement 0,70 euro. Sur le carton bleuté et rectangulaire qu’une charmante préposée m’a remis en gare de Roissy CDG contre la somme d’un peu plus de  soixante dix euros figurait ce texte: “DECOUVERTE SENIOR ÂGE A JUSTIFIER”.
J’ai rencontré un contrôleur décontracté, il ne m’a rien demandé, pas même mes papiers.

Tout le monde n’a pas l’esprit aussi étroit qu’un tuyau de poêle à charbon dégageant son gaz carbonique.

DES PETITES MENOTTES

Il manque à la police, désormais un nouveau matériel: des petites menottes!

Et quand je pense qu’un préfet, celui du Loiret, juge que cette détention était conforme au droit, je me demande s’il ne serait pas préférable de le remplacer par un robot, une espèce de radar, fraudant comme ceux des routes, pour appliquer sans conscience le code. Cela coûterait moins cher à la collectivité.

Il faut vraiment peu de sentiment, peu de conscience humaine, peu d’intelligence pour imposer à un nourrisson une garde à vue dans des locaux policiers. L’ont-ils interrogé? Ont-ils eu besoin d’un traducteur pour comprendre les “areux” et les pleurs de l’enfant?

Heureusement des juges indépendants -pour combien de temps encore?- ont rendu un verdict juste: “traitement inhumain et dégradant”.

Le préfet persiste. La gendarmerie aussi qui les a libérés le soir, en pleine rue. Là aussi il s’agit d’un traitement inhumain et dégradant.

Mais qu’importe, la loi doit être respectée. “Dura lex, sed lex”. Et peu leur chaut les conséquences de leurs actes.

Ils veulent un monde sans désordre,aseptisé,uniforme et au garde-à-vous, mais ils oublient que toute la beauté du monde réside dans la différence et le mélange, dans le respect et la dignité, dans l’intelligence enfin qui fait notre différence avec l’animal, l’animal qui accepte en son clan et n’hésite pas à partager, parfois, souvent, son territoire avec un autre.

25 octobre 2007 - Aucun commentaire
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