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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Visite au tribunal (journal, extrait)

3 octobre
Aujourd’hui, convoqué par le juge des tutelles, j’ai traversé les longs couloirs déserts du palais de justice de la petite ville près d’où j’habite. Avant d’y pénétrer, deux vigiles soupçonneux m’ont fait vider les poches de ma veste pour déposer dans une espèce de panier les objets métalliques qu’elles contenaient avant de m’inviter à franchir un portique qui s’est mis à sonner. Je n’avais pas enlevé la ceinture de mon pantalon -ce qu’à Dieu ne plaise- à moins que ce ne fut un malicieux plombage rappelant au passage la dent qu’on a souvent envers la justice. Diogène ne se promène plus avec sa lanterne. M’avançant à l’intérieur de l’immense hall, j’allai vers l’accueil où un homme, visiblement occupé et que je dérangeais, lisait dans une guérite vitrée. A ma question simple de savoir où se trouvait le bureau où j’avais rendez-vous, à peine leva-t-il son regard absent vers moi pour m’instruire de sa science. Je n’avais qu’à suivre les panneaux bleus, c’était au bout. D’un geste vague, dirigeant sa main vers la droite tout en baissant de nouveau la tête, il m’indiqua la direction qu’il me fallait prendre. Je lui souhaitai une délicieuse journée, voeu qu’il ne dut entendre puisque n’obtenant nul remerciement. La solitude des sourds doit être éprouvante.
Dans cette salle des pas perdus, résonnant de quelques talons hauts et voix pourtant feutrées, allaient et venaient quelques toges noires, ombres fugaces pareilles à ces prêcheurs austères ou ces frères des écoles, adversaires de jadis aux discours si semblables. J’arrivais au moment de la pause d’un procès en correctionnel. Comme ma présence n’était pas indispensable à la recherche de la vérité et que surtout je n’étais pas là pour ce faire, je repérai mes panneaux bleus que je suivis dans un dédale que Minos n’aurait pas dédaigné, tournant, montant, bifurquant, descendant, traversant une cour pour atteindre enfin une porte s’ouvrant sur un corridor vers l’accueil du tribunal d’instance. Accueil chaleureux s’il en fut, c’est indiqué sur la porte me répliqua-t-on à la question de savoir où siégeait le juge des tutelles. Mais comme je n’étais pas entré par la dite-porte, je n’avais pu lire les précieuses indications inscrites pour vraisemblablement éviter les commentaires peu amènes du secrétariat. Il me fallait retourner sur mes pas, et tourner à gauche à l’endroit où j’avais tourné à droite, chercher le numéro du bureau idoine et attendre. Un quart d’heure je patientai, lisant les revues du Palais, datant de quelques années, ou encore ce prospectus fort intéressant donnant la marche à suivre avec ses enfants dans l’éventualité d’une incarcération! Je ne lus que le titre, n’étant pas préoccupé des réactions que pourrait avoir mon fils, désormais unique, dans une telle hypothèse. Plusieurs fois un homme, sans veste, sortit d’un bureau, alluma la lumière, puis revint après une absence de plusieurs minutes. Le couloir où j’attendais était pourtant lumineux, de grandes baies vitrées s’ouvrant sur une cour où patientait un gendarme devant son véhicule. Une jeune femme passa, Pasiphaé éphémère, à la main une cafetière où tanguait un reste de café, me disant bonjour et disparaissant au bout du couloir où il n’y avait rien. Une sensation désertique planait entre ces murs. le silence redevint oppressant.
J’entendis alors, de derrière la porte, la symphonie atténuée d’une voix allant parfois crescendo pour s’apaiser et repartir de plus belle. Une voix de femme, que j’imaginai forte et d’âge mûr. C’était donc une juge, et qui avait son franc-parler. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque la porte s’ouvrant, de deviner que la femme au ton haut n’était pas la juge, mais celle qui partait. Ma juge, que je découvris en entrant, était jeune et jolie, à la voix ferme certes, mais plus posée et sans alternance. Après les banalités d’usage, elle me demanda si j’acceptais d’être le curateur de mon ami, puisqu’il avait émis le souhait d’en changer. Elle l’avait rencontré peu de temps auparavant, avec son ex-épouse, confirmant son désir. Nous discutâmes une dizaine de minutes, la greffière pianotant sur son clavier. Je signai mon engagement et pris congé, repartant en sens inverse, tel le Minotaure à la recherche d’une issue.
De retour dans le hall, seuls les deux vigiles et mon concierge accueillant occupaient, infimes, l’espace immense et silencieux désormais. Intrigué, j’escaladai les marches menant vers la salle d’audience où, entrouvrant l’une des portes aussi noires que la robe des juges que j’aperçus somnolant sur l’estrade, je penchai une tête curieuse pour distinguer le dos d’un public attentif aux paroles d’une avocate que je n’entendais pas. Je refermai la porte pour m’éloigner et quitter ce palais aux nuages menaçants, lourds de sombres drames.
Si angoissant, que mon ami venu plus tôt, craignant un procès imaginaire et croisant un homme menotté, émit un commentaire plaintif sur des prolégomènes funestes. De nature inquiète et pire encore depuis son handicap, la moindre anicroche dans le déroulement de sa journée lui devient une dune du Pyla au sable fuyant sous les pas.
Déambulant ensuite au hasard des rues pour humer le plaisir de la liberté, je croisai le rédacteur en chef de l’agence Sud-Ouest, visage visiblement satisfait, rejoignant le bureau son bloc-notes à la main peaufiner l’article dont il avait matière à développer. Mais je le vis s’arrêter à la table du café, en face du Palais, où riait un groupe auquel il se joignit. Une journée de labeur vaut bien récompense, sourire enfin après le poids du fardeau qu’on porte un instant à l’écoute des malheurs du monde.
Même fugace,une visite au tribunal laisse toujours un sentiment d’incertitude.

4 octobre 2008 - Aucun commentaire
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La preuve par trois relaxes.

Il y a des procureurs qui ont la trempe d’un Philippe Bilger, lui qui écrivait dans l’un de ses billets “Je ne tolérerai jamais qu’un Garde des Sceaux puisse venir se pencher sur mon épaule me dicter ce que j’ai à requérir”, eux les défenseurs des lois de la République. Sont-ils si rares? Je ne sais et quoi qu’il en soit je me permets, malgré ma faiblesse lombaire, de les saluer respectueusement jusqu’à terre. Mais il y a aussi des ministres de passage qui organisaient, ou organise, des réunions pédagogiques, comme les nomme Serge Portelli dans son dernier billet, avec les plus mauvais d’entre eux en terme de répression, ou plutôt dans l’application imparfaite des peines-plancher. C’est l’heure des comptes et des bilans, des explications, des consignes et des sermons, les prisons n’étant pas suffisamment bondées sans doute. C’est oublier un peu vite que si le procureur requiert, c’est quand même le juge qui décide des peines à appliquer. A moins de penser que ce dernier n’est qu’un faire-valoir, une potiche, un élément du décor, un trompe-l’oeil donnant l’illusion qu’on rend la justice dans le prétoire.

Puisqu’on parle de justice, que signifie cet acharnement à vouloir faire condamner le rappeur Mohamed Bourokba, dit Hamé, du groupe “La Rumeur”? Dans un article écrit en 2002, “L’insécurité sous la plume d’un barbare”, il écrivait que “les rapports du ministère de l’intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété”. Le ministre de l’intérieur de l’époque, un certain Sarkozy -et c’était après tout son droit- porte l’affaire devant les tribunaux. Le Tribunal de Grande Instance de Paris relaxe le rappeur en 2004, le procureur ayant requis en ce sens; ce même procureur qui, on se demande bien pourquoi, quelques jours après interjette appel! La cour d’appel de Paris confirme la relaxe. Le parquet se pourvoit alors en cassation. La cour cassant le jugement, les parties sont renvoyées devant la cour d’appel de Versailles qui confirme la relaxe le 23 septembre dernier. L’avocat de la défense pensait en rester là, trois relaxes prononcées par trois juridictions différentes, étant quand même la preuve que les juges avaient fait une analyse sereine des propos et divergente du parquet. Las! Un nouveau pourvoi en cassation, formé trois jours plus tard par le procureur de Versailles, renvoie tout le monde vers la douceur froide d’une salle d’audience.

Quel entêtement! Quelle insistance! Quelle obstination! Quelle ténacité! C’est assez rare pour mériter des louanges, une telle constance. Si rare, qu’aux dires de l’avocat, ce serait du jamais vu; une première en quelque sorte, avant le spectacle qu’on voudrait offrir aux adversaires de la libre parole et de l’indépendance de la magistrature.

A moins de vouloir apporter la preuve que la justice ne doit plus se rendre dans les tribunaux. Si j’étais un tant soit peu pervers, je verrais bien une relation de cause à effet dans la suppression annoncée de quelques uns d’entre eux; mais j’affabule, d’ailleurs le chêne qui doit les remplacer n’est pas encore planté, et n’est pas Saint-Louis qui veut.





RENAULT: LA VOITURE EN NEGATIF.

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Photo Wikipédia.

Il y a quelques lustres déjà je roulais en Dauphine. Ce fut ma seule idylle avec l’ex star de Boulogne-Billancourt. L’histoire d’amour dura presque trois ans, jusqu’au jour où la belle, transie de froid lors d’un hiver rigoureux, se fissura le bloc sous le capot arrière. Je l’abandonnai lâchement le long d’un trottoir pour m’en aller courtiser de multiples autres culasses.


Jamais je ne suis revenu vers la marque au losange. A vrai dire rien ne m’a véritablement titillé l’arbre à cames en contemplant ses châssis aussi stylés qu’une plaquette de beurre posée sur une planche à roulettes. Parfois le logo, aplati sur une base, semblait remplacer la plaquette. Quant aux derniers modèles, de vraies sculptures gothiques dont on aurait tronçonné les flèches.


Le divorce entre nous est donc en attente de jugement. Aux dires de certains, il me faudra attendre trois ans; juste le temps nécessaire à l’apparition du nouveau bébé dont quelques photos -numériques et non sur négatif- ont été déjà prises et livrées aux fantasmes des “Fangio” du dimanche (Fangio, parce que je trouve l’allure de nos Renault en concordance avec l’époque du coureur argentin décédé en 1995). Le papa s’en est offusqué et a déposé plainte. La justice, étant une autre belle mécanique, s’est mise en route sans patiner, mais faisant fi de toute limitation a terminé sa course dans les bureaux d’une rédaction, percutant au passage un des journalistes d’Auto-Plus pour l’envoyer se faire soigner aux petits oignons par des spécialistes du gonflage.


Tout cela ne me dit rien qui vaille, et vous a un relent de vieille cuisine inquisitoriale qui laisse présager des jours sombres pour la liberté de la presse. Car une fois encore on s’acharne sur un homme qui fait son travail pour le contraindre à dénoncer son informateur, au prétexte d’un contexte concurrentiel qui ne peut permettre la moindre faille. Mais cette faille, si tant est qu’elle existe, n’est que le fait de Renault qui n’a pas su la colmater. Pas du journaliste. Pas du magazine. Le juge qui décide une telle perquisition, un an après les faits soit dit en passant, fait preuve d’un zèle de dominicain et d’un dynamisme de bulldozer. La justice française ne sait-elle plus manoeuvrer désormais qu’avec la délicatesse d’un rouleau compresseur ou la distinction d’un affamé fouillant les poubelles?


Quant à Renault -qui, entre parenthèses, n’hésite pas à délocaliser en Roumanie ses productions, comme la Logan, ce fleuron d’esthétisme, construite par sa filiale Dacia dont les ouvriers en grève pour une augmentation de 30 euros se voient à leur tour menacer de délocalisation- quant à Renault, dis-je, que croit-il risquer en laissant dévoiler la carrosserie de son prochain chef-d’oeuvre? Qu’un autre constructeur ayant le sens du comique la copie? Au mieux se servira-t-il des photos comme exemple à ne pas suivre.


Jusqu’à ce jour c’était un jeu entre journalistes, constructeurs et lecteurs, et chacun y trouvait son compte. Le scoop pour les uns, l’annonce d’une pérennité pour les autres, le rêve pour les derniers. Aujourd’hui grâce à Renault c’est un cauchemar pour tous.


Décidément je n’attendrai pas trois ans, ce soir je prononce définitivement mon divorce d’avec la marque au losange. Je n’espère plus rien d’elle.

VAIS-JE DEVOIR PORTER PLAINTE? JOURNAL - EXTRAIT.

 

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27 juin
Aujourd’hui j’ai manqué l’appel téléphonique de mon avocat. Je n’avais pas allumé mon téléphone portable. Je ne suis pas un adepte irrécupérable de cette technologie, bien que reconnaissant parfois son utilité. J’ai tellement circulé sans cette espèce de cordon ombilical dont ne peuvent se couper les jeunes générations, que je souris lorsque je distingue la frayeur dans le regard de ceux qui osent s’aventurer en l’ayant oublié. Tout juste si l’on ne va pas bientôt le rendre obligatoire pour les prétendus aventuriers; à tout le moins le leur reproche-t-on lorsqu’on est sans nouvelles de leur part.

Mon avocat m’a donc laissé un message, me demandant de le rappeler avant le déjeuner. Il était trop tard lorsque j’en pris connaissance. Sa voix semblait décidée, il avait plusieurs informations à me communiquer et m’apprenait qu’on s’acheminait vers le classement du dossier, le procureur ne devant pas estimer la nécessité d’ouvrir une information. Nous passerons outre. Il faudra donc déposer plainte et se constituer parties civiles. Je le rappelle lundi pour en déterminer les modalités. L’Etat se trompe s’il croit que nous allons baisser les bras. La mort de Guillaume est de sa responsabilité, il ne fallait pas venir me titiller.

Un autre appel ce soir, que je n’ai pas raté, celui d’Olivier me demandant où en était la création de l’association. Je m’en occupe lundi. Désormais nombreuses sont les autres familles du drame du Sinaï, mais aussi celles d’accidents plus anciens, ou plus récent, à souhaiter s’unir pour qu’enfin cesse ce discours s’apparentant à l’hypocrisie et au mensonge.

L’autre jour j’entendais d’une oreille discrète, mais suffisamment attentive, le Président de la République actuel dresser l’état catastrophique du matériel de l’armée, et en particulier celui des avions de l’Armée de l’Air. Ils arrivent en bout de course, particulièrement ceux du transport -bien que quelques Mirages tombent ou se montrent, au mieux, très récalcitrants avec leurs pilotes- et ce n’est sans doute pas par hasard si M. Sarkozy a souhaité un nouvel appareil dédié à sa personne. Je l’avais dit l’an dernier déjà aux plus hautes instances de l’Etat, ajoutant qu’on avait découvert sous le plancher d’un Casa une mare d’eau dans laquelle baignaient des gaines électriques. A la stupéfaction suivit l’incrédulité; toutefois Hervé Morin me demanda si je pouvais lui laisser ma note; ce que je fis volontiers. J’entends avec plaisir aujourd’hui le chef de l’Etat confirmer ce que je disais.

Lorsque nous sommes partis, en mai, pour le Sinaï, c’est un Airbus A310, sur la carlingue duquel était inscrit “République Française”, qui nous a transporté. Le dossier du siège sur lequel j’étais assis ne tenait pas relevé. J’ai changé pour celui d’à côté, sachant que ce détail peut être fatal si un problème survient lors d’une des phases de décollage ou d’atterrissage. Quelques autres d’ailleurs présentaient le même défaut. Je ne l’ai pas mentionné, comme non plus les éléments du plafond, au moins deux dans l’allée près de laquelle j’étais, ne tenant pas et s’affaissant régulièrement malgré les soins répétés de plusieurs des membres de l’équipage. Finalement ils les scotchèrent. Nous sourîmes.

Ce n’étaient certes que détails, mais symptomatiques de matériels vétustes dans lesquels des hommes et des femmes volent et sur lesquels des mécanos font des prodiges pour les maintenir en état. Leur expression favorite est: “la bitte et le couteau”. Plus que jamais désormais elle prend tout son sens en attendant des jours meilleurs.

ASSISES DE CHARENTE MARITIME: L’HORREUR D’UN MEURTRE.

Je n’avais jamais assisté à une session d’assises (15 jours tous les 3 mois généralement). Entre les viols et les meurtres, j’ai suivi ces derniers jours trois procès, un viol sur mineure (huis-clos en partie) et deux meurtres.

Sept ans de prison pour le premier, dix ans pour le second.

J’engage tous ceux qui n’ont pas vécu ces moments intenses de s’y rendre un jour. On y découvre toute la détresse du monde, la pauvreté, la misère intellectuelle ou encore la déchéance morale.

Le procès dont je voudrais vous parler concernait une femme, Corinne Boutolleau, 40 ans, qui le soir du 14 janvier 2004 a tué son mari, Eric Boullon en lui faisant manger des yaourts dans lesquels elle avait mélangé quelques dizaines de comprimés d’Equanyl 400 mis en poudre grâce à un hachoir électrique. Cinq fois la dose létale. Lui, les trouvant trop amers elle y ajouta du sucre.

Le découvrant mort sur le canapé, le lendemain matin, elle le glissa sur une brouette pour l’emmener dans la chambre le temps que ses enfants, et son frère Bruno, qui vivait dans la grande maison familiale et versait l’intégralité de son salaire à son beau-frère afin que la famille puisse vivre, partent les uns à l’école accompagnés par leur mère, l’autre à son travail.

De retour, elle remit le cadavre sur la brouette, le mena au fond de la propriété, le jeta sur un tas d’ordures, recouvrit le tout de bois et mit le feu qu’elle alimenta régulièrement pour découvrir au bout de deux jours un élément non carbonisé d’environ quinze kilos, de forme carrée qui ressemblait au thorax.

Ne sachant qu’en faire, elle mit cet élément dans deux sacs poubelles qu’elle alla jeter dans un container destiné à la déchèterie. Puis, inventant une histoire, elle déclara la disparition de son mari, le faisant croire à tous, et notamment à ses enfants, deux garçons, dont un d’une première liaison, et deux filles. Elle imagina, pour troubler les pistes, perdre le portefeuille du mari dans une ville voisine, ce qui 18 mois plus tard allait la perdre, sa fille Marie Catherine se doutant de quelque chose, la menaçant de se rendre à la gendarmerie, conversation téléphonique suivie par les gendarmes qui l’avaient mise sur écoute, et qui commencèrent à douter de la version des faits.

Mise en garde à vue ainsi que sa fille et l’un de ses fils, soupçonnés tous deux de complicité, elle avoua rapidement son geste. Un amant falot fut mis hors de cause, lui aussi suspecté de l’avoir aidé.

Voici les faits. Rapportés ainsi et lus dans la presse, cette femme paraissait un monstre de cruauté et de perversité. Toute sa famille se ligua contre elle, le beau père dont on sut qu’il s’était peu, pour ne pas dire jamais, intéressé à son fils, la belle-soeur, la première fille de cet homme issue d’une courte liaison abrégée très vite suite à son alcoolisme et sa violence, le fils de cette femme lui aussi issu d’un premier amour délaissé par l’homme qui l’enfanta, et les deux filles enfin légitimes. Seul l’un d’entre eux, Simon l’avant dernier, une quinzaine d’années, qui m’est apparu comme le plus digne et le plus estimable, ne s’était pas constitué partie civile.

Le ministère public et les parties civiles n’observèrent que les faits, bruts et sans état d’âme.

Mais au fil des débats et des témoignages se dessina l’image d’un homme tyrannique, alcoolique, violent, fainéant ne subsistant que grâce au travail de Bruno, faisant régner la terreur au sein de son foyer, le fils aîné allant jusqu’à avouer à la barre qu’il craignait de rentrer chez lui le soir.

Il interdisait à sa femme toute sortie, chronométrant le temps qu’il lui imposait pour faire les courses, jaloux, la frappant parfois, la chassant le soir obligée de dormir dehors, ne lui permettant pas de s’habiller comme elle l’eut souhaité, lui interdisant les jupes, obligeant ses enfants à travailler dans le jardin par 40°, leur faisant effectuer des travaux de terrassement, les frappant à coups de poings et de pieds, se rendant au collège en passant par dessus la clôture pour frapper un de ses fils, dépensant le peu d’argent dans l’achat d’une seconde voiture ou de dix fusils de chasse, menaçant de mort un ami s’il hébergeait sa femme après un départ avec ses enfants, buvant jusqu’à six litres de vin par jour, du pastis ou des bières, se frappant le bras d’un coup de masse pour prolonger un arrêt de travail, perdant un emploi de routier pour cause de boisson; devenu éboueur le maire de la commune fit savoir qu’il serait licencié après son arrêt maladie, trop de soucis avec lui. Un fait augmenta encore sa violence, il savait que son beau-frère Bruno allait quitter le domicile pour vivre avec une jeune femme et qu’ainsi son salaire ne lui reviendrait plus.

Hospitalisé plusieurs fois pour surcharge médicamenteuse ou coma éthylique, entamant une cure de désintoxication, il sortait toujours avant la fin du séjour contre l’avis des médecins.

Cette vie n’était pas une existence pour cette femme qu’elle supporta, subit de longues années. Même sur la fin, devenu presque grabataire, encore qu’un de ses fils reconnut l’avoir vu marcher normalement se croyant seul, il parvenait à donner des coups avec les béquilles qu’il utilisait.

Alcoolique, traité par anxiolytiques et antidépresseurs on comprit qu’il faisait subir à sa femme d’autres tourments, la contraignant d’essayer de le satisfaire lui qui ne pouvait plus rien. On comprend mieux dès lors la survenue d’un amant auprès duquel elle recherchait sans doute un peu de bonheur et de réconfort. Relation d’ailleurs qui ne dura guère.

Les parties civiles plaidèrent l’horreur du geste, l’absence de sépulture, les enfants meurtris par ce mensonge, disséminés, la plus jeune, Océane, 13 ans, placée dans une famille d’accueil, l’aîné dans un foyer de jeunes travailleurs, allant jusqu’à insinuer que les surcharges médicamenteuses étaient du fait de l’épouse alors que pour au moins une, elle était absente. Jamais ils ne considèrent l’enfer qu’ils vécurent tous.

Quant à l’avocat général, parlant d’une voix monocorde qui faillit m’endormir, son réquisitoire se borna à reprendre les faits bruts, insistant sur la date du meurtre, jour où Eric Boullon n’était plus qu’une loque sans défense, désormais sans sépulture. “Aucune indulgence, non aucune indulgence, je requiers 20 ans de réclusion criminelle”.

Enfin son avocat, Maître Moulineau, plaida de façon admirable. Démontrant, s’il en était besoin, du désarroi de cette femme, de sa souffrance, de son enfer, de sa domination, de sa personnalité “gentille, serviable, travailleuse” (tous les témoignages la décrivent ainsi), de son enfermement psychologique qui a fait qu’un soir, tonna-t-il, un ressort se cassa. Pendant une heure et demie il démontra que ce geste non prémédité ne fut que la résultante d’un long calvaire. “On ne prémédite pas un meurtre ainsi, s’emporta-t-il, en mettant un cadavre de 80 kilos dans une brouette qu’on va chercher dans une grange, traversant la maison, allant le coucher dans la chambre, rangeant la brouette puis retournant la chercher, le remettre dessus, retraversant la maison pour aller le déposer sur un tas d’ordures et y mettre le feu”.

Le jury délibéra deux heures pour répondre à cette question: Corinne Boutolleau a-t-elle volontairement donné la mort sur la personne d’Eric Boullon? A cette unique question la réponse, bien sûr, ne pouvait être que “oui”! Verdict: 15 ans de réclusion.

Ensuite dans l’attente du civil (les amendes et dommages-intérêts réclamés par les enfants, la famille et le conseil général, qui furent accordés, légèrement diminués) le fils aîné discutait en souriant, la fille sortait et rentrait chaussée de savates genre mules. Seul Simon s’éloigna pour pleurer. Il avait fait dire à sa mère qu’il l’aimait par le biais de son avocat.

Je dois dire que l’attitude de trois des enfants de cette femme m’a surpris, se croyant plus au spectacle qu’au procès de leur mère, semblant heureux des caméras les filmant aux interruptions d’audience, entrant et sortant sans cesse lors des séances, ne faisant preuve que de peu de douleur et pas même de chagrin, allant jusqu’à la haine pour la fille aînée. Seul, je le répète, le jeune Simon est resté digne.

Certes rien ne justifie la mort, tout meurtre doit être sanctionné, et je pense aussi à cet homme, dont la mère mourut de cirrhose à 40 ans, qui devait avoir en lui une souffrance le conduisant vers des dérives intolérables. Il avait aussi 40 ans. Mais ce crime ne méritait pas 15 ans, même en considération de l’atrocité qui prévalut à l’ordonnancement des gestes effectués pour la disparition du cadavre. Le feu avait valeur de symbole sans doute. Et je ne conçois pas ces gestes comme acte volontaire, mais comme finalité d’un affolement obviant toute lucidité.

Ce verdict qui me semble excessif m’a répugné car j’eusse aimé plus de clémence. Ses enfants m’ont indigné dans leurs attitudes, alors qu’ils reconnurent tous qu’après la disparition du père, la vie était redevenue heureuse. On ne se présente pas en chausson, on ne sourit pas après la condamnation d’une mère. Certains qui se félicitaient de cette peine en sortant de la cour, oublient qu’un jour ils peuvent eux aussi commettre l’irréparable parce qu’il est des instants où la vie de tous les jours est telle que plus rien n’existe, seules cette force et cette violence qui nous poussent à agir en dehors de toute logique, subsistant.

Si j’avais été l’un des jurés, ce soir-là il m’eut été difficile de m’endormir.

NOUS PRISONS TROP LES PRISONS!

Aujourd’hui il y a plus de 62.00 détenus en France pour 50.637 places!

Malgré toutes les promesses faites, cette surpopulation carcérale tend à augmenter. L’administration pénitentiaire prévoyant quelques 67.000 détenus pour 2008.

Ce chiffre dépassera largement le record de 2004 avec 63.600 détenus.

Derrière ces chiffres se cache une réalité cruelle: des hommes et des femmes vivent dans des conditions anormales et indignes d’une société dite démocratique.

Pour répondre immédiatement aux priseurs de prison qui vont se récrier qu’ils le méritent, je dirai que je ne suis pas opposé aux peines carcérales justifiées. Je dis simplement qu’en tant que citoyen, qu’en tant qu’homme soucieux de respect, qu’en tant que membre d’une collectivité, d’une société de progrès, je trouve honteux d’entasser des êtres comme on entasse des bestiaux dans les bétaillères, dont certains ne devraient même pas s’y trouver tant qu’ils sont présumés innocents.

Cela étant dit, je ne m’étendrai pas sur ces conditions que tout le monde connaît: 2, 3 voire 4 détenus dans une cellule prévue pour 1 seul, hygiène, promiscuité, atteinte sexuelle etc… mais rappeler uniquement 2 textes du code de procédure pénale.

Art. 717-2: “les condamnés sont soumis dans les maisons d’arrêt à l’emprisonnement individuel de jour et de nuit et, dans les établissements pour peine, à l’isolement de nuit seulement, après avoir subi éventuellement une période d’observation en cellule. Il ne peut être dérogé à ce principe qu’en raison de la distribution intérieure des locaux de détention ou de leur encombrement temporaire ou des nécessité d’organisation du travail.”

Règle 18-6: “Chaque détenu doit en principe être logé pendant la nuit dans une cellule individuelle…. Une cellule doit être partagée uniquement si elle est adaptée à un usage collectif, et doit être occupée par des détenus aptes à cohabiter.”

Alors? Alors on sait que l’application de ces textes ou règles est mathématiquement impossible en raison de cette loi universelle “de l’offre et de la demande”, si je puis m’exprimer ainsi.

Par conséquent c’est aux juges de prendre conscience de cette dérogation continuelle au code, eux si assidus à vouloir faire respecter la loi.

N’y a-t-il pas dans leur panoplie répressive d’autres solutions plus en adéquation avec notre temps? Des peines de substitution, d’intérêt collectif, d’enfermement à domicile ou de contraintes judiciaires plus strictes.

N’avez-vous pas, juges, entre vos mains ce pouvoir magnifique de passer outre la facilité de la détention pour appliquer, à ceux qui ne méritent pas ce triste sort, d’autres peines moins sordides?

Vous feriez oeuvre d’humanité, et si cela ne vous convainc pas, oeuvre d’intérêt collectif en diminuant le budget colossal, que nous subissons tous, qu’implique la gestion d’un si grand nombre d’êtres humains.

20 décembre 2007 - Aucun commentaire
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FRAICHE REACTION DES LIBRAIRES

Amazon.fr, après Alapage, vient d’être condamné par la justice à 100.000€ d’amende pour ne pas faire supporter à ses clients les frais de livraison pour toute commande de livres.

C’est après plainte du SLF (Syndicat de la Librairie Française) qu’Amazon.fr a été condamné avec astreinte de 1000€ par jour s’il n’obtempère pas sous 10 jours.

Il est vrai que le commerce sur le Net concurrence toutes les activités. Mais c’est l’évolution des choses, et il faudra bien que le commerce de proximité évolue pour concurrencer à son tour ces géants qui naissent, parfois aux pieds d’argile.

L’argument développé par le SLF est que le prix du livre étant bloqué avec remise maximum de 5 % depuis la loi LANG du 10 août 81, des frais de port gratuits vont à l’encontre de cette loi et augmente de façon occulte la remise.

Le SLF ne manque pas d’air, et pour plusieurs raisons:

1) Les grandes librairies qui ont leur site (MOLLAT à Bordeaux par ex.) ont la même démarche, même si elles ne pratiquent pas la remise de 5 %, et ne sont pas poursuivies. Pourquoi?

2) La FNAC, dont les frais de port sont gratuits pour les livres, n’est pas poursuivie non plus par le SLF. Pour quelle raison?

3) Quand je me déplace pour acheter un ouvrage, à la Fnac ou chez Mollat, ils ne me déduisent pas mes frais de déplacement.

4) Quand je commande sur le net, je paye un abonnement chez un serveur ainsi que l’électricité consommée par mon ordinateur, non remboursés également.

5) Ces frais de port, que supportent seul l’acheteur puisqu’entrant dans les frais généraux du vendeur, sont à mes yeux une argutie tendant à vouloir faire diminuer, voire supprimer, la remise permise par la loi Lang.

Quoi qu’il en soit, acheter un livre sur le Net ou se déplacer chez le libraire, me coûte de l’argent (puisque c’est en ces termes qu’il faut s’exprimer maintenant) de façon quasi identique et qu’il est donc logique que mon prix final d’achat soit équivalent, chez l’un comme chez l’autre.

Si je veux avoir les conseils d’un libraire, je me rendrai chez lui; si je ne le juge pas opportun, j’achèterai, peut-être, sur le net.

Amazon.fr fera sans doute appel de cette décision, que personnellement je considère comme étant stupide. J’espère que d’autre magistrats auront plus de considération pour les consommateurs que nous sommes et comprendront que le commerce évolue d’une façon inéluctable.

Quant aux libraires, qui réagissent comme les buralistes d’une manière corporatiste, devront savoir s’adapter, comme s’adapte toute entreprise si elle ne veut pas disparaître dans le tourbillon du progrès.

19 décembre 2007 - 1 commentaire
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LA CONDAMNATION D’YVAN COLONNA.

Je ne sais pas si Yvan Colonna est innocent ou coupable de l’assassinat dont on l’accuse.

On me répondra: “Si tu ne sais pas, pourquoi en parles-tu?”

C’est vrai! Je n’ai guère suivi le procès, qu’au travers des quelques dépêches lues ici ou là. Comme tout le monde cependant, j’attendais le verdict. Il est tombé, hier. Mitigé si l’on peut dire, car la réclusion à perpétuité, ce n’est pas rien. Et les jurés ont voté en leur âme et conscience.

Ce que je ne comprends pas, c’est qu’ils n’aient pas suivi le ministère public dans leur verdict. S’il est coupable, il fallait assortir la peine de cette période de sûreté. S’il est innocent, il fallait l’acquitter.

Cette sentence ambiguë laisse place au doute quant aux certitudes des jurés. En aucun cas je ne leur jetterai la pierre, car je sais le traumatisme que laisse une session d’assises, non pas que j’en fus, mais pour en avoir eu connaissance par une femme qui participa à l’un de ces procès en tant que jurée. Plusieurs mois après elle m’en parlait avec la même crainte de s’être trompée, de n’avoir pas su discerner avec exactitude le vrai du faux, et d’avoir vécu toutes les narrations d’une lugubre histoire. “C’est épouvantable, me disait-elle, car en plus d’être coupée des miens (elle n’habitait pas la ville du procès) il fallait chaque jour me plonger dans des horreurs, écouter les avocats dont on se dit, il a raison, qu’il soit de l’accusation ou de la défense, tant ils savent convaincre. A la fin on ne sait plus et il faut pourtant prendre une décision.”

Yvan Colonna est-il coupable? Pour ses avocats, non. Pour la partie civile, oui.

Et pour lui? Quand j’entends un homme crier son innocence, j’ai tendance à le croire, quand bien même suis-je en total désaccord avec ses théories nationalistes. Ils disent tous ça me rétorquera-t-on, parce qu’ils ont peur de la sentence.

Non, ils ne disent pas tous ça. Certains nient avec plus ou moins d’habileté. D’autres baissent la tête. Tel autre avouera enfin. Un dernier ne dira rien, mais les preuves seront si évidentes qu’il subira le sort qu’il mérite. Et quelques uns clament solennellement leur innocence. Ce fut le cas d’Yvan Colonna, nul ne l’a cru, du moins a-t-on quand même eu un doute.

Et le doute doit toujours profiter à l’accusé.

Nota: J’ai commis la lourde erreur d’oublier qu’il s’agissait d’un tribunal spécial dont le jury n’est composé que de magistrats (sept) et non d’un jury populaire. Il s’agissait donc de professionnels de la justice dont le doute exprimé dans cette sentence n’en est que plus prégnant, et qui me fait douter moi-même de la totale objectivité de ce procès. J’apprends d’ailleurs que le parquet a fait appel, ce qui ne laisse planer aucun doute cette fois-ci sur leur volonté de condamnation et d’acharnement, puisque ce sera un “appel incident”: il n’y aura que deux possibilités, la condamnation à perpétuité assortie de 22 ans de sûreté, ou l’acquittement.

14 décembre 2007 - Aucun commentaire
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PRIONS MES FRERES! L’INQUISITION REVIENT

Hier j’ai regardé et écouté, sur Dailymotion, l’interview de Guillaume DASQUIE par Paul AMAR.

J’ai eu quelques frissons!

“Ben mon colon (vous verrez pourquoi), me suis-je dit, t’as pas intérêt à en dire trop sur ton site (http://patrickpike.fr) sinon tu vas vivre la même mésaventure!”

Puis, après réflexions (c’est le nom du site), j’ai pensé: “que risques-tu? Rien! De quoi as-tu peur? De rien! Tu détiens des dossiers sensibles? Peut-être!”

Après quelques minutes de nouvelles réflexions, je me suis encore dit: “mais non, ces rapports de l’Armée de l’Air que tu possèdes depuis la mort de ton fils (Guillaume, comme Dasquié) ça doit pas beaucoup les intéresser, car depuis le temps que tu les titilles, les 2 Généraux, ils auraient fait déjà débarquer dans ton potager une escouade de lapins chasseurs!”

Donc, ai-je conclu, “tu continues!”. De toute façon, j’aurais continué, car depuis le 6 mai, plus rien ne m’inquiète!

Alors je poursuis! Je poursuis en disant ceci: depuis pas mal de temps les méthodes autoritaires, dictatoriales, fascistes, inquisitrices se multiplient et s’amplifient dangereusement dans notre bon pays de la Liberté et des Droits de l’Homme, aux grand bonheur des bonnes âmes qui ne trouvent pas scandaleux qu’un juge, la main gauche le long du pantalon et la droite ras la toque, ose se permettre un chantage infâme pour obtenir un renseignement, au mépris des règles déontologiques du journalisme, au mépris de l’article 109 du code de procédure pénale, qui, grâce à un tour de passe-passe (ce n’était plus un journaliste, mais un témoin), devient caduc et risque “l’embastillement” dans les geôles surpeuplées de la République, s’il ne dénonce pas son informateur. C’est codifier la délation.

Au reste, on assiste aux mêmes procédés quand on offre des primes pour dénoncer les cow-boys de banlieues (dont je dis qu’ils sont des criminels en tirant sur les forces de l’ordre; ne me faites pas dire ce que je ne soutiens pas!). Mais je soutiens que ces procédés sont dignes d’un régime qui ne mérite pas le respect, et qu’il existe d’autres moyens plus honorables pour trouver ce que l’on cherche.

Et l’armée dans tout ça? me démanderez-vous avec juste raison. L’armée? Elle procède de la même manière. Savez-vous comment on surnomme un certain inspecteur de l’Armée de l’Air? le Grand Inquisiteur! c’est tout dire. Car ce monsieur se permet d’agir d’une façon identique que notre juge au garde à vous, mais en plus féroce. Non seulement il menace, mais quand il obtient des aveux obtenus, je ne dirai pas sous la torture physique, mais morale, il n’a même pas la dignité du juge qui a libéré le journaliste, il met au trou! Pour l’exemple. Pour que s’instaure la délation.

Alors prions! Oui, prions mes frères, car l’inquisition revient au triple galop avec son cortège funeste de chantages, de dénonciations, de tortures morales, de corruptions, de pratiques dont on pensait qu’elles n’avaient plus cours et surtout, surtout d’atteinte aux libertés fondamentales, au respect de l’être humain, à la justice tout simplement.

A quand un article de loi instituant délinquant tout individu n’étant pas délateur?

12 décembre 2007 - Aucun commentaire
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LÂCHEZ-LUI LES BASKETS!

Je ne sais pas si Jacques CHIRAC à jamais porté un jour des baskets, mais lâchez-les lui!

Qu’est-ce que c’est que cette justice qui s’en prend à un homme pour des faits qui remontent à plus de 20 ans, dont on sait bien qu’ils sont dérisoires et que tous les partis, au pouvoir ou pas, les ont commis et le font sans doute toujours, mais d’une manière plus occulte?

Qu’est-ce que c’est que cette justice dont l’égérie Elyséenne (que j’ai défendue par ailleurs) se permet de dire qu’elle a raison?

Qu’est-ce que c’est que cette justice à la botte du pouvoir, comme si le “Iago” Elyséen n’en avait pas suffisamment fait contre un homme qui lui avait tendu les bras?

Qu’est-ce que c’est que cette justice qui sort de ses tiroirs de vieilles affaires qui n’ont plus de conséquences, mais en enterre allègrement d’autres sans vergogne?

Qu’est-ce que c’est que cette justice qui s’en prend à un homme qui a donné sa vie pour son pays au prétexte qu’il est devenu un justiciable comme un autre, 20 ans après?

Qu’est-ce que c’est que cette justice qui veut se prouver à elle-même que nul n’est au-dessus de la loi, et qui pourtant ne respecte pas toujours cette règle?

Oui, lâchez-lui les baskets! et occupez-vous plutôt de faits récents -dont je reparlerai- et qui ne sont toujours pas traités.

Peu me chaut de savoir si J. CHIRAC a fait bénéficier d’avantages quelques collaborateurs. Au moins les a-t-il fait travailler. J’en connais d’autre qui font pire, ou ont fait pire.

Un exemple? Non, pas celui que vous attendez! C’est celui d’un inspecteur des impôts qui emploie au noir un ouvrier pour refaire son intérieur. Ou bien ces bonnes âmes des quartiers chics qui payent de la main à la main leurs femmes de ménage. Ce sont tous ces prévaricateurs qui abusent de leur pouvoir pour s’enrichir aux dépens des autres.

Et vous Mme la juge qu’en pensez-vous?

Je livre à votre réflexion et à celle de beaucoup d’autres, cette pensée de LA BRUYERE qu’on devrait mettre au fronton des palais de justice:

“….Une condition lamentable est celle d’un homme innocent à qui la précipitation et la procédure ont trouvé un crime; celle même de son juge peut-elle l’être davantage?” Les Caractères “de quelques usages” §52

22 novembre 2007 - 2 commentaires
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