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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

A vos blogs, prêts…

Je ne sais si d’aventure ou par hasard vous vous êtes un jour connectés sur d’autres blogs que les nôtres, ce que je pense tout de même, car de la diversité naît la connaissance et l’ouverture d’esprit, ce dont nous ne  sommes pas dépourvus, mais, tels ces voyageurs d’antan partant à la découverte des autres, j’aimerais vous entraîner vers l’univers de deux petites planètes, dont l’une fera les délices de notre Âne, le gavant d’un picotin de mots en guise d’avoine, et l’autre sans doute connue de DEB à la curiosité littéraire sans cesse en éveil.

Ce sont deux blogs du Monde.fr. Le premier est un petit bijou ciselé par les correcteurs du site mis en ligne par le quotidien vespéral, Martine Rousseau et Olivier Houdard, “langue sauce piquante”, où en quelques phrases déroulant des billets très courts, ils pourfendent de leur humour les mots, expressions ou tics entendus ou lus chaque jour.

Quant au second, plus connu, est un des blogs très suivis dans le microcosme, “La république des livres” de Pierre Asouline, dont la plume m’a chatouillé délicieusement les neurones dans sa critique sur le dernier avatar pondu par deux amuseurs de la république, dont on se demande qui est l’Auguste et qui est le clown blanc. Ils ont même eu, je crois, droit ce soir à leur espace publicitaire, juste avant celui des lessives, lors d’un journal télévisé où ils vinrent ensemble vanter les mérites de leur ouvrage, qui n’est après tout que la somme de messages électroniques échangés entre eux puis colligés, ficelés, saucissonnés pour le gavage de la rentrée littéraire.

LANGUE SAUCE PIQUANTE
LA REPUBLIQUE DES LIVRES


Bernard Giraudeau le Magnifique.

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Il m’a surpris le bougre! Depuis le temps que j’entends dire de lui qu’il est beau, qu’il a du charme, du talent, enfin qu’il a tout et ce, de mes plus proches, je dirai de celle qui m’est la plus proche depuis qu’elle a lu “Les Hommes à terre”, la soupçonnant toutefois d’admiration antérieure, il commençait à m’exaspérer mon compatriote de La Rochelle. Qu’il fasse l’acteur, passe encore me disais-je, mais qu’il écrive dépasse mon entendement, tout s’inscrivant dans mon esprit comme si celui qui donne vie aux créations d’un auteur ne pouvait, ne devait, en aucun cas traverser le miroir.


Giraudeau l’a fait, et avec talent dois-je avouer. En feuilletant son dernier roman l’écriture m’a conquis et suis reparti avec le bouquin dans la main. Il y a du Conrad là-dedans me suis-je dit, et ça doit valoir la peine de passer une couple d’heures avec lui pour faire la connaissance de ses Dames de nage.


Je vais vous faire un aveu, j’ai connu Amélie, l’amour, le premier amour de l’enfant, ce Marc héros du livre qui ressemble tant à celui que j’ai croisé lorsque nous habitions à quelques pas l’un de l’autre dans le même quartier de La Rochelle, près du Vélodrome. J’en fus amoureux, tout comme lui. Il a connu cette chance de la retrouver plus tard et de vivre avec elle quelques mois de bonheur. Mais peut-on durablement construire une vie sur un souvenir d’enfance? Du moins permet-il de partir à la recherche de sa jeunesse, de fouiller son âme, de dire son angoisse mais aussi son espoir.


L’histoire n’est pas chronologique, ni même apparemment la sienne -mais est-ce si sûr?. C’est l’imbrication des histoires de Marc, Michel et Diégo, tous trois amoureux de Jo avec qui ils vivent ensemble un moment. Le départ de Jo pour l’Afrique, la mort de Michel, emporté par le vent du désert et le dévouement de Diégo, ce chanteur chilien qui, pour l’amour d’une femme, s’exile dans l’immensité des Andes pour la rejoindre. Mais ces trois là ne sont-ils pas qu’un? Unique souci, trinité rédemptrice, osmose des espoirs, des regrets et des joies de Bernard Giraudeau?  Ce sont aussi d’autres aventures, d’autres histoires d’amour vécues par des hommes et des femmes rapportées au narrateur, Marc ce cinéaste dont le regard ne peut être que bleu, et qui nous les retrace à son tour avec poésie, tendresse, humanité. Parfois le langage y est violent, cru, mais la vie d’un matelot, même si elle ne fut que de deux ans, ne l’est pas moins.


C’est surtout la vie de Marc, un demi-siècle d’existence, de l’enfant qui rêvait de lointains magnifiques, de découvertes, de rencontres, à l’homme éperdu d’amour, de la première femme qu’il pénètre, gauche et tremblant, à celle qu’il retrouve. De toutes ces femmes qu’il a aimé, voluptueusement ou maladroitement, dans des draps de soie ou derrière un container. Ysé qui se donne à lui en pleurant son amant, la jeune tahitienne si tendre et qu’il ne peut posséder, Marguerite la vieille femme aux seuls bonjours derrière une vitre et qui meurt seule, Marcia, ce travesti dont le but est d’être femme. Toutes ces femmes qui lui ont tendu la main pour l’aider ou pour être secourues, à la fois mères et amantes, ces filles qu’on embrasse, qu’on baise ou qu’on aime, ce sont les dames de nage comme une bouée salvatrice, rencontrées au hasard, sous les arcades sombres d’une rue pavée de La Rochelle ou dans le décor flamboyant de l’Afrique ou de l’Amérique du Sud.


On ne raconte pas un livre, on l’écrit ou on le lit. Que ce livre soit réalité ou imagination. Et les mots qu’ils contient, stères de paroles, nous réchauffent ou nous rebutent, nous émeuvent ou nous indifférent. Bernard Giraudeau sait les assembler après les avoir recueillis, gemmeur attentionné incisant l’écorce protectrice, pour nous offrir ces visages splendides d’hommes et de femmes dont il est assurément le frère en humanité.

Bernard Giraudeau  “Les Dames de nage”  Métailié  6,50€  (col. Points)

3 juillet 2008 - 2 commentaires
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Sarkozy analysé au Karcher.

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C'est dimanche, la soirée est grise, la télé vous ennuie, Monsieur est dans ses mots croisés ou les résultats du foot, Madame est dans sa cuisine et rêve de lagon bleu, ou vous êtes seul(e) à ne savoir que faire, profitez-en, prenez une heure et écoutez ce que dit Marc-Vincente Howlet.

Cet homme est peu connu, mais il a de l’avenir même s’il est de ma génération (celle de 68, vous savez cette non-révolution révolutionnaire).

Il vient d’écrire un livre à paraître la semaine qui vient. Bien sûr je ne l’ai pas lu, mais je l’ai écouté. Et ce qu’il dit est décapant.

Ah! oui, son livre: “Triomphe de la vulgarité”.Mais attention, pas la vulgarité des mots, celle bien plus grave de “la suspension de la démocratie” selon Sarkozy. Cette rupture inédite sous la cinquième. Ce que n’ont jamais fait les autres présidents, de de Gaulle à Chirac.

Pour l’analyse du bouquin vous pouvez lire celle qu’en a faite Hubert Artus sur Rue 89 dans son Cabinet de lecture.Pour la vidéo, prenez le temps, elle s’écoute avec délice.

Critique du livre: Rue 89

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