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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

RAS LE BOL!

Ras le bol! J’en ai vraiment ras le bol de ces médias, et quels qu’ils soient, ressassant jusqu’au trop plein l’information dont on sait qu’elle attirera le gogo en quête de réflexions dignes d’un ilote, ou celui à la recherche d’une philosophie de bar-tabac. Que la presse écrite, au désespoir du dernier bilan édité par l’expert comptable, se laisse aller à ce dérisoire, au nom de la sacro-sainte économie et de la dure loi du marché, passe encore, au risque de ne devenir que triste tabloïd sans intérêt précipitant sa perte, mais que cette déferlante ravage tous les domaines, et en particulier avec une mention spéciale, cet espace virtuel où l’on pensait trouver un soupçon de liberté et d’air pur, me pétrifie. Il suffit d’un mot, d’un nom, portant en lui une espérance malsaine de racisme, de haine, de voyeurisme, de turpitude, de fraude, pour que les titres fusent comme des salves de lance-roquettes ou s’épanouissent comme un bouquet final de feu d’artifice. Le fromage est présenté puis découpé, partagé, fractionné, délayé à tel point qu’un veau ne reconnaîtrait pas le lait de sa mère. Ne manque plus que la couleur qu’un charognard serait allé prélever dans la flaque de sang, qui doit nécessairement sécher près d’un caniveau, pour enluminer les lettres, afin que le lecteur avide, ce Dracula moderne, puissent lécher son écran et satisfaire son besoin d’orgie.

Et cet irrépressible besoin atteint son acmé dans l’apothéose des commentaires, où borborygmes et éructations se le disputent à l’indécence et au calamiteux. Au moins autrefois, de nos journaux, pouvait-on faire de petits carrés de papier qu’on suspendait dans les latrines.

Certains auront subodoré avec justesse que cette goutte d’eau, ayant fait déborder mon vase de tolérance, n’est pas tombée du ciel mais des multiples postillons projetés suite au tabassage d’un jeune de dix sept ans. Oui, mais ce jeune est juif! Et alors? Peu m’importe. Que ce soit vous qui ayez pris les coups, ou moi, ou lui, quelle différence? Le fait divers n’allait pas au-delà, avant d’en savoir plus. Et il n’est nullement nécessaire d’épiloguer, de conjecturer, d’inventer, d’imaginer, d’affirmer puis d’infirmer et affirmer à nouveau tant que la police ne sera pas allée au bout de son enquête. Cet événement n’en est qu’un que pour celui qui l’a vécu, au même titre que pour tout autre individu, riche ou manant, roi ou brigand, corse ou juif, noir ou blanc, inouit ou arabe. Le reste n’est que mayonnaise montée au fouet des supputations stériles,dégoulinant du bol, mais alléchant le badaud.

25 juin 2008 - 8 commentaires
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Viens voir les comédiens, voir les musiciens…

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Françoise Seigner et Jean Carmet dans “Les Misérables” de R. Hossein
Crédit photo:Collection AlloCiné/www.collectionchristophel.fr

Il y avait autrefois, parmi les acteurs, des seconds rôles inoubliables. Des personnages, des vrais, des gueules, des voix. Noël Roquevert, Raymond Bussières, Pauline Carton, Pierre Larquey, ou encore Robert Dalban.

Plus près de nous Jean Bouise, ce fabuleux acteur qui tourna dans “Z” aux côtés de Montand. Un autre les accompagnait, Charles Denner.

Pierre Vernier, ami de Belmondo depuis le conservatoire, au succès mérité dans le feuilleton des années soixante, “Rocambole”.

Et tant d’autres, tant d’autres dont les noms figuraient en lettres moins imposantes, mais s’imposaient quand même, sous celui des vedettes. Il me faudrait les citer tous, leur talent étant au moins de même ampleur que ceux qu’ils valorisaient par leur présence.

Mais les temps changent, et cette recherche incessante de “l’audimat”, cet afflux de films déferlant sur les écrans, ce besoin de capter un nombre grandissant de spectateurs, ces budgets pharaoniques alloués par des producteurs plus soucieux de rentabilité que de réels chefs-d’oeuvre, cet appât du gain contaminant tel un virus ayant muté, toutes les couches d’une société, nous entraînent dans un cyclone dispersant ce qui nous restait d’honneur et de respectabilité.

Hier on regardait aussi un film pour le plaisir d’y entendre les répliques des seconds rôles. Aujourd’hui même les stars ne font pas toujours recette et l’on adjoint à leurs côtés, pour attirer le chaland, quelques célébrités fugaces, planètes d’un moment à l’éclat pareillement dérisoire à leur pâle talent de comédien, alors que des conservatoires émergent des soleils dont la lueur ne parvient pas jusqu’à nous.

Ces comédiens savent que les portes du paradis leur seront sans doute à jamais interdites. Les clefs de ces portes n’étant pas forcément en adéquation avec la serrure du succès. Que leur reste-t-il pour crocheter ces serrures? Le théâtre, la publicité, la figuration, l’intermittence? Ils sont nombreux à vouloir faire parler d’eux. Car rien n’est désormais possible sans ce passage obligé du vedettariat, sachant que la jeunesse s’enfuyant, s’enfuit avec elle l’espoir d’être connu. Dès lors tout devient prétexte, des mauvais procès aux paroles les plus stupides, pour que son nom s’affiche en lettres géantes aux frontons des temples où l’on veut pénétrer.

Il faut savoir ce que l’on souhaite, et assumer sereinement ce choix que l’on a fait, ou rester dans l’ombre si l’éclat des projecteurs nous devient insupportable, cet éclat propagé, subit parfois, souhaité souvent, par le miroir du web dont fuzz.fr n’en était qu’un des aspects.

Qu’on ne s’étonne pas alors si cette comédie qui se joue tous les jours sur la scène des médias, ces nouveaux tréteaux dressés pour une société avide de sensation, tourne au drame, quand les spectateurs y contemplent un médiocre jouer mal son rôle.

Les huées ne sont que le salaire qu’il mérite.

29 mars 2008 - Aucun commentaire
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