logo
visu

Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Les faucheurs glanent les ennuis.

thetriumphofdeath.jpg“Le triomphe de la Mort” (détail)
                                                                                       Bruegel l’Ancien (XVI e siècle)


Aujourd’hui à Bordeaux s’ouvrira le procès des militants anti-OGM qui avaient détruit le silo d’un exploitant. L’ardeur des faucheurs, qui se jour-là avaient remisé leurs faux pour un mélange d’eau et de brou de noix, était telle, qu’ils s’attirèrent les foudres que je dirai légitimes, au risque de me faire foudroyer moi-même, de l’exploitant, les chassant comme des malfrats -ce à quoi ils s’apparentaient- à coups de fusil tirés en l’air.


Très franchement, voyant débarquer chez moi une bande d’olibrius animée de pareille intention, venant détruire ce qu’ils estiment, au nom de leur seul point de vue, néfaste, je crois que la colère me serait mauvaise conseillère, et protégeant mon bien, de mon seul point de vue l’estimant propice, je ne m’armerai pas de ma seule patience légendaire.

Au nom de quoi se permet-on désormais d’imposer sa loi? Au nom de quoi se décrète-t-on détenteur de la vérité? Au nom de quoi s’érige-t-on en modèle de la désobéissance? En vérité d’ailleurs, j’aime bien l’insoumission, mais pour moi-même, chez moi et sans importuner quiconque.  Viendrait-il à l’esprit d’un pro-OGM d’aller détruire les véhicules et les faux de ces justiciers en herbe, au seul constat que ces objets sont néfastes pour lui? A moins que ces véhicules et ces faux se trouvassent, sans y être autorisés, sur sa propriété, bien sûr.

Si l’on faisait subir les mêmes avanies au fumeur de pipe et ses comparses, en débarquant chez eux pour détruire les élevages de brebis parce qu’ils polluent l’air alentour, nul doute qu’ils sortiraient leurs faux pour un autre usage moins bucolique que la moisson.

Mais j’y pense, à propos de faux, quel est le personnage toujours représenté, dans la mythologie populaire, avec cet instrument agricole négligemment posé sur l’épaule?

27 août 2008 - 5 commentaires
Classé dans : procès Tags: , , , , , ,

DEBATS SUR LES OGM A L’ASSEMBLEE NATIONALE.

vegcorn.jpg

Il va peut-être falloir un jour cesser de divaguer et de se comporter comme des incultes, à tout le moins cesser de mettre systématiquement en doute l’honnêteté des scientifiques et des chercheurs.

Aujourd’hui ont repris, à l’Assemblée Nationale, les débats sur les OGM envers lesquels quelques irréductibles focalisent leur ire, dont je demande si la signification profonde est véritablement le respect écologique et non la mise en avant de leur propre égo soutenu par quelques partisans qu’ils ont savamment entraînés dans leur sillage.

Qu’il y ait des abus, nul ne le contestera; que des inventions issues de la recherche aient été détournées par des marchands sans scrupule et pour leur profit, existent et ont existé, nul ne le contestera non plus; que certains docteurs Folamour pris de déraison élaborent des systèmes destructeurs et totalement en contradiction avec le respect de la vie, surgissant et oeuvrant en dehors de toute structure légale, émergent de temps à autre à la une des médias pour disparaître aussi vite qu’ils sont apparus, soit patent, nul ne le niera. Mais de là à faire un amalgame aussi dérisoire que pathétique entre cet univers malsain et celui fondamental et essentiel de la recherche, relève de la mauvaise foi et de l’escroquerie. D’autant que ces thuriféraires de l’apocalypse, n’hésitant pas à tromper leur public, utilisent une argumentation fondée sur la méconnaissance, la peur, l’irrationnel  et le mensonge. Faire par exemple un rapprochement entre la stérilité d’un troupeau de vaches et une nourriture de maïs OGM, comme je l’ai lu et entendu, ne repose sur rien de scientifique, sur nulle étude, mais uniquement sur les dires d’un éleveur anti OGM. Affirmer que les plantes génétiquement modifiées sont porteuses à terme de maladies ou d’allergies est non seulement faux, mais contraire à la réalité puisqu’on sait que certains fruits, à l’inverse, comme les tomates, minimisent ces allergies. Et je pourrais citer de multiples autres exemples.

Le film de Marie-Monique Robin, diffusé sur Arte dernièrement, est totalement dépourvu de rigueur, partant du principe que pour démontrer la nuisance des OGM tous les moyens sont bons, y compris le mensonge, n’hésitant pas à montrer des fleurs monstrueuses comme étant le résultat des contaminations génétiques dues à Monsanto. Or il s’agit d’une autre plante, Arabidopsis thaliana, ayant subi une mutation spontanée (cf. Gilles Mercier dans afis). Mais son message est clair, tous les partisans de ces nouvelles technologies sont à la solde de Monsanto. C’est aller un peu vite en besogne. Elle aurait pu ajouter que depuis la nuit des temps, tous ceux qui ont apporté une pierre à l’édifice étaient aussi à la solde de cette société. Celui qui inventa la roue ne pensait pas à autre chose sans doute.

Moi qui ai connu des champs de blé que la moindre pluie couchaient, rendant leur moisson impossible, ne suis pas surpris ou effrayé de les voir aujourd’hui rester érigés sous l’orage, et le sont encore moins ceux qui les cultivent. Ces semences furent obtenues par croisements successifs, par conséquent aux gênes modifiés; et je ne vois pas en quoi il faudrait craindre plus de nos jours ces manipulations génétiques, différentes dans leur technique, mais équivalentes dans leur résultat.

On parle de lobbys des semenciers et des chercheurs. C’est faire une injure à ces derniers, à leur abnégation et leur conscience professionnelle; et c’est oublier un peu vite que les lobbys ne sont peut-être pas du côté que l’on imagine, ou que l’on veut faire accroire. Posez-vous la question de savoir par qui sont subventionnés, ou en tout cas parrainés, les groupes de pression anti-tout. Cherchez bien et vous aurez quelques surprises.

Par qui est propulsée M.M. Robin dont le film, qui n’a rien de scientifique n’étant qu’une suite d’affirmations qui restent à démontrer, devait être diffusé hier aux députés? A quel titre? Pour quel enseignement? Quelle propagande? Je n’en veux nullement à cette jeune femme dont je ne mets pas en cause la sincérité, mais son instrumentalisation. De quelle légitimité se pare le sénateur Legrand pour affirmer qu’il existe “des doutes sérieux sur le MON 810″, alors que douze des scientifiques sur quinze du Grenelle se sont désolidarisés  de lui, en désaccord avec ses propos. Est-il soutenu par un lobby? Je n’affirme rien, mais je pose la question, à son inverse, lui qui dans Le Monde d’aujourd’hui insinue que les autres “ont été actionnés”.

Enfin quand il affirme que “La question des OGM est un combat d’arrière-garde”, c’est bien lui qui fait preuve d’obscurantisme en insinuant encore que la biodiversité disparaîtra, tout en ajoutant, sans doute pour accréditer sa thèse, que la recherche doit se poursuivre. En la confinant dans un placard qu’on appelle moratoire afin que notre pays prenne quelques décennies de retard?

Il ne fut jamais question d’ailleurs d’imposer une quelconque méthode de culture à quiconque. La liberté en ce domaine reste de mise, sauf pour les anti-OGM qui veulent imposer leur pensée liberticide.


OGM! OGM! QU’EST-CE QU’ON VOUS AIME!

Ainsi après avoir rendu son verdict, la Haute Autorité fut écoutée.

Monsieur José Bové va pouvoir fumer une bonne pipe après un bon repas (je lui conseille une pipe en paille de maïs que fumaient autrefois quelques noirs Américains et qui revient à la mode). Ségolène Royal se réjouit en disant “qu’il était temps”, ainsi que Noël Mamère parlant de “victoire nécessaire et symbolique”.

Et 86% de votants vont être satisfaits de la décision de Nicolas Sarkozy.

Tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes de la politique. On voit désormais la vie en rose, je n’ose dire en jaune maïs.

Seulement voilà quelques uns ont de sérieux doutes quant à la pertinence de cette Haute Autorité qui n’est que provisoire, bâtie à la va vite, dont sont absents quelques groupuscules écologiques, dont le président dénonce l’existence de lobbies, dont les scientifiques, qui eurent quelques difficultés à élaborer un texte, se plaignent que ce texte ait été quelque peu dénaturé par le rapporteur, dont la FNSEA émet des doutes sérieux sur son objectivité, dont les céréaliers s’insurgent contre son “obscurantisme”, et dont enfin les scientifiques qui seuls travaillent sur le sujet avec le plus d’objectivité émettent également des doutes sérieux sur la teneur des craintes énoncées.

Donc la clause de sauvegarde a été signée, au nom du principe de précaution, cette ânerie technocratique qui met un frein à toute découverte, le texte sera débattu à partir du 5 février et ne pourra être adopté avant les élections municipales.

Ouf! on respire! Merci José Bové d’avoir su choisir une date qui permet à tous de sauver les prétentions à la victoire électorale.

Les débats vont pouvoir se dérouler sur fond de victoire pour chacun.

Après, on verra bien. Mais je suis optimiste, et je parie que le texte ne sera pas signé, ou qu’on trouvera une formule pour le contourner afin que les cultures reprennent au plus vite, comme elles n’auraient jamais dû cesser.

Il va falloir vous préparer à d’autres diètes José Bové; et c’est quand même dommage de rater à Pâques un excellent gigot d’agneau aux flageolets avec une scarole frottée à l’ail, arrosé d’un Pauillac et suivi d’une bonne bouffarde.

Fermer
Envoyer à l'email