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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

LES DIEUX SONT AVIDES.

Il y a ce soir trois évènements qui me taraudent. Trois faits divers -puisqu’il faut bien les nommer ainsi à défaut d’autres termes- parmi tant d’autres qui parsèment notre monde et le fleurissent de leurs couronnes de deuil. Aucun lien ne les relie, si ce n’est ce sentiment d’injustice qui vous frappe au coeur et vous laisse assommé de déraison et d’incertitude face au devenir de notre humanité. Humanité la mal nommée sans doute, et qui n’a rien de bienveillant envers les hommes.

Rose, elle s’appelait Rose et l’on a retrouvé son petit cadavre dans un sac flottant sur une rivière près de Tel-Aviv. Cette fleur à peine éclose n’avait que quatre ans, née de l’amour de deux adolescents qui se séparent lorsque la jeune mère devient amoureuse du père de celui qu’elle épousa. Et ce couple sordide -mais l’amour, quel qu’il soit, est-il sordide dans l’extase de la passion première?- s’est retrouvé incapable de s’occuper de l’enfant dont la mère avait obtenu la garde, partageant son existence avec les deux autres fillettes nées ensuite, à la fois demi-soeurs et tantes. Alors ils la tuèrent, comme on se débarrasse d’un fardeau trop pesant. Afin de bâtir leur univers insouciant, ils immolèrent Rose, démiurges barbares, sur l’autel de leurs amours.

Comment, mais comment une mère peut-elle agir avec tant de haine alors que d’autres, tant d’autres pleurent leur enfant mort ou se réveillent la nuit dans l’angoisse de ce qui peut survenir?

Rose aujourd’hui repose dans la paix d’un petit cimetière près de Paris. Sa mère, incarcérée en Israël, nie son implication dans ce meurtre, rejetant ce crime sur son amant. Quand bien même fût-ce exact, son attitude n’a-t-elle pas contribué au geste insensé de cet homme? Il n’est qu’à lire ce chantage au suicide décrit dans l’acte d’accusation, ou bien ces pleurs et ces cris, manifestation du rejet de sa fille, pour se persuader que cette mère, agissant ou non, fut en quelque sorte la déesse pour laquelle l’homme sacrifia cette offrande. Le dieu qui accepte ou réclame l’offrande est aussi coupable que celui qui la lui offre.

Quel est ce Dieu alors qui réclama en présent la vie de cet homme de trente huit ans, professeur accusé d’avoir frappé un de ses élèves, et qui s’est pendu vendredi? Est-ce la crainte du déshonneur? Est-ce la lassitude? Ou bien encore l’angoisse du futur? Le mensonge ou la vérité, ces serpents s’échappant des lèvres d’un adolescent, sont-ils la cause du suicide? Nul ne le saura jamais. Il est parti emportant avec lui le secret de son désespoir.

Et pourtant le procureur avait agi en homme sensé, refusant de poursuivre, la parole de l’un s’opposant à celle de l’autre, l’acte prétendu s’étant accompli en lieu clos, sans témoins.

Un autre en revanche s’était érigé en procureur implacable, celui qui, sans émettre un doute, sans rencontrer le professeur, sans chercher d’autres réponses que celles émises par son fils, s’en était allé dès potron-minet déposer plainte. C’est tellement facile et si confortable de poser son fardeau sur les épaules de la maréchaussée, cette gendarmerie bien prompte à mettre en garde-à-vue au prétexte de découvrir la vérité, sans se préoccuper de savoir si d’autres possibilités existent. C’est tellement facile là encore, et si confortable de bouleverser un homme en le soumettant à la question aux seules affirmations d’un gamin de quinze ans.

Dans cette société où désormais nul ne souhaite montrer un fragment de courage, se défaussant sur l’autorité à condition que celle-ci n’importune que les autres, abandonnant ses prérogatives parentales sur le corps enseignant à condition que celui-ci n’en use pas, délaissant tout esprit critique pour ne croire que ce qui satisfait à condition de ne pas être contredit, s’enfermant dans son microcosme de peur de la réalité à condition toutefois de n’être pas réveillé, les dieux de la béatitude demandaient un holocauste, ils l’ont une fois de plus obtenu, pantelant au bout d’une corde.

Il eût été tellement plus simple de dialoguer avant, trop simple mais surtout trop contraignant.

Comme il serait sans doute nécessaire de savoir très exactement ce que vit la famille de cette jeune fonctionnaire roumaine, Cécilia Adina Glodean, travaillant à Strasbourg à la Cour européenne des droits de l’homme.

Elle a déposé, sur le blog de Serge Portelli, Chronique de l’humanité ordinaire, un très long commentaire réclamant une protection pour elle et sa famille suite aux agissements de l’Etat roumain et du Conseil de l’Europe.

Son mari est accusé de désertion alors qu’il était en congé parental; elle-même serait payée au noir, voire pas du tout depuis septembre 2007; sa famille aurait reçu des menaces et des pressions policières; elle accuse le gouvernement roumain, mais aussi la Cour européenne de vouloir anéantir sa famille et réclame la protection de la France. Ses paroles sont parfois confuses et peuvent prêter à sourire, mais ce cri ressemble à un cri de détresse. Il ne faudrait pas que demain nous apprenions, dans la rubrique faits divers, qu’une famille fût immolée sur l’autel de l’indifférence.

Les Dieux sont tellement avides.

RENAULT: LA VOITURE EN NEGATIF.

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Photo Wikipédia.

Il y a quelques lustres déjà je roulais en Dauphine. Ce fut ma seule idylle avec l’ex star de Boulogne-Billancourt. L’histoire d’amour dura presque trois ans, jusqu’au jour où la belle, transie de froid lors d’un hiver rigoureux, se fissura le bloc sous le capot arrière. Je l’abandonnai lâchement le long d’un trottoir pour m’en aller courtiser de multiples autres culasses.


Jamais je ne suis revenu vers la marque au losange. A vrai dire rien ne m’a véritablement titillé l’arbre à cames en contemplant ses châssis aussi stylés qu’une plaquette de beurre posée sur une planche à roulettes. Parfois le logo, aplati sur une base, semblait remplacer la plaquette. Quant aux derniers modèles, de vraies sculptures gothiques dont on aurait tronçonné les flèches.


Le divorce entre nous est donc en attente de jugement. Aux dires de certains, il me faudra attendre trois ans; juste le temps nécessaire à l’apparition du nouveau bébé dont quelques photos -numériques et non sur négatif- ont été déjà prises et livrées aux fantasmes des “Fangio” du dimanche (Fangio, parce que je trouve l’allure de nos Renault en concordance avec l’époque du coureur argentin décédé en 1995). Le papa s’en est offusqué et a déposé plainte. La justice, étant une autre belle mécanique, s’est mise en route sans patiner, mais faisant fi de toute limitation a terminé sa course dans les bureaux d’une rédaction, percutant au passage un des journalistes d’Auto-Plus pour l’envoyer se faire soigner aux petits oignons par des spécialistes du gonflage.


Tout cela ne me dit rien qui vaille, et vous a un relent de vieille cuisine inquisitoriale qui laisse présager des jours sombres pour la liberté de la presse. Car une fois encore on s’acharne sur un homme qui fait son travail pour le contraindre à dénoncer son informateur, au prétexte d’un contexte concurrentiel qui ne peut permettre la moindre faille. Mais cette faille, si tant est qu’elle existe, n’est que le fait de Renault qui n’a pas su la colmater. Pas du journaliste. Pas du magazine. Le juge qui décide une telle perquisition, un an après les faits soit dit en passant, fait preuve d’un zèle de dominicain et d’un dynamisme de bulldozer. La justice française ne sait-elle plus manoeuvrer désormais qu’avec la délicatesse d’un rouleau compresseur ou la distinction d’un affamé fouillant les poubelles?


Quant à Renault -qui, entre parenthèses, n’hésite pas à délocaliser en Roumanie ses productions, comme la Logan, ce fleuron d’esthétisme, construite par sa filiale Dacia dont les ouvriers en grève pour une augmentation de 30 euros se voient à leur tour menacer de délocalisation- quant à Renault, dis-je, que croit-il risquer en laissant dévoiler la carrosserie de son prochain chef-d’oeuvre? Qu’un autre constructeur ayant le sens du comique la copie? Au mieux se servira-t-il des photos comme exemple à ne pas suivre.


Jusqu’à ce jour c’était un jeu entre journalistes, constructeurs et lecteurs, et chacun y trouvait son compte. Le scoop pour les uns, l’annonce d’une pérennité pour les autres, le rêve pour les derniers. Aujourd’hui grâce à Renault c’est un cauchemar pour tous.


Décidément je n’attendrai pas trois ans, ce soir je prononce définitivement mon divorce d’avec la marque au losange. Je n’espère plus rien d’elle.

VAIS-JE DEVOIR PORTER PLAINTE? JOURNAL - EXTRAIT.

 

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27 juin
Aujourd’hui j’ai manqué l’appel téléphonique de mon avocat. Je n’avais pas allumé mon téléphone portable. Je ne suis pas un adepte irrécupérable de cette technologie, bien que reconnaissant parfois son utilité. J’ai tellement circulé sans cette espèce de cordon ombilical dont ne peuvent se couper les jeunes générations, que je souris lorsque je distingue la frayeur dans le regard de ceux qui osent s’aventurer en l’ayant oublié. Tout juste si l’on ne va pas bientôt le rendre obligatoire pour les prétendus aventuriers; à tout le moins le leur reproche-t-on lorsqu’on est sans nouvelles de leur part.

Mon avocat m’a donc laissé un message, me demandant de le rappeler avant le déjeuner. Il était trop tard lorsque j’en pris connaissance. Sa voix semblait décidée, il avait plusieurs informations à me communiquer et m’apprenait qu’on s’acheminait vers le classement du dossier, le procureur ne devant pas estimer la nécessité d’ouvrir une information. Nous passerons outre. Il faudra donc déposer plainte et se constituer parties civiles. Je le rappelle lundi pour en déterminer les modalités. L’Etat se trompe s’il croit que nous allons baisser les bras. La mort de Guillaume est de sa responsabilité, il ne fallait pas venir me titiller.

Un autre appel ce soir, que je n’ai pas raté, celui d’Olivier me demandant où en était la création de l’association. Je m’en occupe lundi. Désormais nombreuses sont les autres familles du drame du Sinaï, mais aussi celles d’accidents plus anciens, ou plus récent, à souhaiter s’unir pour qu’enfin cesse ce discours s’apparentant à l’hypocrisie et au mensonge.

L’autre jour j’entendais d’une oreille discrète, mais suffisamment attentive, le Président de la République actuel dresser l’état catastrophique du matériel de l’armée, et en particulier celui des avions de l’Armée de l’Air. Ils arrivent en bout de course, particulièrement ceux du transport -bien que quelques Mirages tombent ou se montrent, au mieux, très récalcitrants avec leurs pilotes- et ce n’est sans doute pas par hasard si M. Sarkozy a souhaité un nouvel appareil dédié à sa personne. Je l’avais dit l’an dernier déjà aux plus hautes instances de l’Etat, ajoutant qu’on avait découvert sous le plancher d’un Casa une mare d’eau dans laquelle baignaient des gaines électriques. A la stupéfaction suivit l’incrédulité; toutefois Hervé Morin me demanda si je pouvais lui laisser ma note; ce que je fis volontiers. J’entends avec plaisir aujourd’hui le chef de l’Etat confirmer ce que je disais.

Lorsque nous sommes partis, en mai, pour le Sinaï, c’est un Airbus A310, sur la carlingue duquel était inscrit “République Française”, qui nous a transporté. Le dossier du siège sur lequel j’étais assis ne tenait pas relevé. J’ai changé pour celui d’à côté, sachant que ce détail peut être fatal si un problème survient lors d’une des phases de décollage ou d’atterrissage. Quelques autres d’ailleurs présentaient le même défaut. Je ne l’ai pas mentionné, comme non plus les éléments du plafond, au moins deux dans l’allée près de laquelle j’étais, ne tenant pas et s’affaissant régulièrement malgré les soins répétés de plusieurs des membres de l’équipage. Finalement ils les scotchèrent. Nous sourîmes.

Ce n’étaient certes que détails, mais symptomatiques de matériels vétustes dans lesquels des hommes et des femmes volent et sur lesquels des mécanos font des prodiges pour les maintenir en état. Leur expression favorite est: “la bitte et le couteau”. Plus que jamais désormais elle prend tout son sens en attendant des jours meilleurs.

GARDE A VUE POUR UNE GIFLE.

“On ne peut pas accepter qu’un professeur gifle un enfant quelles que soient les circonstances”, a commenté le rectorat après qu’un professeur ait giflé un enfant l’ayant traité de “connard”.

Et bien moi je dis si!

D’ailleurs si l’un de mes deux fils (paix à l’âme de mon second) avait traité un de leurs professeurs ainsi, que ce dernier l’eût giflé, je serais allé voir le professeur, avec mon fils, pour savoir ce qui se fût réellement passé et lui en aurait donné une seconde, devant l’enseignant.

Ils n’ont jamais insulté leurs maîtres, même si parfois ils s’estimaient victimes d’injustice. Ils en parlaient, ils en discutaient parfois même avec ceux qui les leur faisaient subir. Ils savaient ce qu’était la politesse et le respect.

Aujourd’hui les parents dans la médiocrité de leur éducation, dans la mollesse de leur indifférence, dans le laisser-aller de leurs responsabilités, dans les rots de leur bière bue devant la télé, dans leur discussion de café du commerce, dans la désinvolture de leur accoutrement laissent leur progéniture à l’abandon, ne leur donnant comme enseignement que l’exemple de leur avachissement.

Il ne faut pas s’étonner dès lors que ces tristes rejetons ne sachent plus où se situent les limites au-delà desquelles la tolérance n’a plus lieu d’être. Il faut à l’enfant de la douceur mais aussi de la rigueur. Si ce ne sont pas les parents qui les lui donnent, qui sera-ce?

Les parents reportent sur les enseignants, bridés par une loi stupide, leur totale incompétence. Il faut qu’ils en acceptent aussi les conséquences.

Ne nous étonnons pas alors que ces actes déplorables, ces violences, ces rackets, cette drogue, cette arrogance juvénile qui se vivent dans tous les établissements de France, entraînent leur lot de démotivation, d’exaspération et parfois d’une bonne paire de claques, ô combien méritée, qu’un père n’a pas su donner et qu’un autre à le mérite de prendre en charge.

Et ce n’est pas le professeur qu’il faut juger, c’est ce gendarme qui n’a pu su donner à son fils un soupçon de politesse. Eut-il admis qu’il le traitât de “connard” sans rien dire, sans le gifler? Se permettrait-il, lui, de proférer la même insulte à l’un de ses supérieurs?

Il ne vaut guère mieux que son fils, sans respect pour l’éducation et la nécessaire rigueur qu’elle suppose. Et plutôt que dialoguer, respire à pleins poumons l’air du temps en s’empressant de porter plainte. Encore heureux qu’il n’ait pas dégainé!

Non cette gifle n’est pas blâmable. Elle était nécessaire. J’affirme même que ce gamin de onze ans en mérite une seconde.

Ne pensez pas que je sois nostalgique des sévices d’antan. J’ai vécu le coup de règle sur les doigts ou sur le crâne, la trique sur les mollets, l’agenouillement au centre de la cour, les oreilles ou les cheveux tirés, la claque ou le coup de pied au derrière. C’était trop certainement. Mais lorsqu’on arrivait au lycée, en sixième, on savait lire, écrire, compter et respecter. Or entre le trop d’hier et le rien d’aujourd’hui nous n’avons su que créer des adolescents déliquescents.

Ausone disait déjà vers l’an 350, “il faut à la jeunesse turbulente un peu de verge et beaucoup d’éducation”. C’était le précepteur de Gratien et son élève devint empereur.

PORTER PLAINTE SUR LE NET: CA VA PAS MANQUER DE SEL!

“Un homme a dit la vérité Et on l’a exécuté…”

Ce court extrait d’une chanson de Guy Béart pourrait bien être modifié sous peu en remplaçant “homme” par “chercheur”.

Je viens de lire l’aventure de Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm, qui dénonce les méfaits du sel dans l’alimentation, mais surtout les lobbies de l’industrie agroalimentaire.

Ces derniers le poursuivent donc pour diffamation.

Ca ne manque pas de sel!

D’autant moins qu’on sait que le sel est un excellent conservateur, donne de la saveur aux aliments et que certains industriels ne s’en privent pas, mais surtout qu’ils se tamponnent comme d’une salière des recommandations formulées par l’Afssa en 2001. Comme le dit l’article paru dans Le Post, on ne note aucun changement concret depuis.

Oui le sel peut tuer! Il retient l’eau dans l’organisme. Et quand il y a rétention d’eau, il y a fuite de potassium, oedèmes et autres risques. Et c’est bien pour cette raison que sa suppression est stricte dans les pathologies cardiaques, rénales ou hépatiques. Par voie de conséquence on peut s’interroger pour savoir si ce ne serait pas à nous, consommateurs, de porter plainte contre l’industrie agroalimentaire pour les dangers qu’elle nous fait encourir sans nous en avertir.

Et j’en viens enfin au sujet de ce billet, car, vous disiez-vous avec finesse, quel rapport entre le sel et internet?

Une loi est en préparation. Elle arrivera au parlement dès la fin des municipales. Elle va faciliter la tâche des nombreux procéduriers, délateurs, plaignants de toutes sortes: dès cet été, si la loi est votée, ce qui est fort probable, tout un chacun pourra porter plainte de chez lui, via Internet, dans un premier temps pour les actes de vol ou de vandalisme.

Mais il est prévu à court terme la création d’un véritable commissariat de police virtuel où seuls les faits de violence ne pourront faire l’objet de plainte. Toute autre affaire pourra y être enregistrée.

Il suffira de cocher des cases, de donner son nom (à priori les plaintes anonymes ne seront pas reçues. Ouf! on respire!), de décrire les faits, de valider et la plainte sera adressée directement au commissariat ou la gendarmerie la plus proche qui se fera un plaisir de vous appeler (n’oubliez pas votre n° de téléphone, ça serait crispant) pour finaliser le tout.

J’en connais qui vont se délecter, se pourlécher,se goinfrer. Déjà qu’on assiste à un véritable déferlement de plaintes en tout genre, pour une gifle, pour un arbre, pour du bruit, pour un avion qui passe, pour une cigarette, pour un médicament, pour… pour… tout et n’importe quoi.

J’espère qu’ils n’oublieront pas une case “divers”, pour mon sel. J’ai l’intention, en effet, de tester cet intéressant service dès que possible.

Un conseil, attention à vos commentaires! Je ne vais pas me gêner!

Au fait, vous savez combien ça coûte pour la mise en place? 5 millions d’euros! C’est salé!

Ce qui risque d’être salée aussi, c’est la note de fonctionnement. Car si vous faites tous comme moi, ce ne sera plus un déferlement mais un tsunami. Et c’est ce que craint, sans trop le dire, le Ministère de l’Intérieur.

Alors, un second conseil, tempérez vos ardeurs et allez plutôt discuter avec votre voisin qui vous empêche de faire la sieste avec sa tondeuse, car le printemps arrive, les pâquerettes vont pousser et les sauniers vont récolter.

SUICIDE D’UN MEDECIN.

Ce matin dans le commissariat d’Asnières-sur-Seine un homme s’est suicidé en se tirant une balle en plein coeur.

Il était médecin. Il avait soixante ans. Une jeune femme avait porté plainte contre lui pour agression sexuelle après lui avoir injecté, affirme-t-elle, des produits pour abuser d’elle.

Convoqué par la police, où il avait déjà été entendu en 2006, il a demandé à se rendre aux toilettes et s’est tué en criant “pour l’honneur!”

Voici les faits.

Mais les questions restent en suspens.

D’abord celle-ci: comment peut-on entrer dans un commissariat avec une arme? Petite et discrète, selon le directeur départemental de la police, il n’avait pas été fouillé car non mis en examen.

Pourquoi dès lors se tuer? Par crainte du scandale, par crainte de la vérité, par honte d’être injustement accusé ou par lassitude?

La jeune femme ment-elle ou dit-elle la vérité? Pour quelle pathologie annoncée lui avait-il administré un produit? Car on n’impose pas une injection sans au moins une raison, même fallacieuse. Où? A son domicile ou au cabinet? Pour quels symptômes avait-elle consulté? Car là encore, on ne se rend pas chez un médecin uniquement pour lui dire bonjour, bien que j’aurais des exemples.

Toutes ces questions que je me pose, les posera-t-on à la jeune femme? Car si elle dit la vérité, justice désormais lui a été rendue par son propre agresseur. Si elle a menti elle portera sur la conscience la mort d’un homme.

Je n’accuse ni l’un ni l’autre, pas plus que je ne condamne. Je sais qu’il existe des brebis galeuses partout, et même chez les médecins que je connais bien pour les avoir côtoyés de longues années, professionnellement. Je sais aussi qu’ils subissent de la part de leurs patients, parfois mécontents, des attaques régulières. Je sais que certains, rares, très rares, ne sont pas dignes d’exercer.

Mais ce que je sais aussi c’est que nombre d’entre eux craignent de plus en plus ces dépôts de plainte presque toujours injustifiés. Un médecin de ma connaissance refuse désormais toute consultation seul à seul dans un foyer de jeunes. Un éducateur spécialisé que je connais, vient de subir une injustice au seul témoignage d’un enfant qui l’accusait de sévérité, sa mère menaçant de porter plainte, ce qu’elle ne fit pas, et pour cause. Et le phénomène touche tous les milieux, sans nier pour autant les quelques abus qui demeurent. Pour le permis de conduire, il faut attendre une réponse postale. Les inspecteurs craignent les violences en cas d’échec. On recrute en duo, dans les sociétés, pour éviter un éventuel chantage. On laisse la porte du bureau ouverte lors d’un entretien. On fait signer des décharges aux malades hospitalisés (même pour un examen banal). On enregistre, on filme, on se fait accompagner.

Un livre n’y suffirait pas, tant les craintes de se voir accuser de tous les crimes de la terre s’amplifient.

Nos concitoyens souffrent d’une pathologie, celle de la “plaintonite”, et je ne sais pas si ça se soigne.

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