
“Hypatia” Tableau de Charles William Mitchell (1885)
Photo Wikipédia
Lorsque les hommes sont livrés à eux-mêmes, que les contraintes habituelles s’estompent, que l’autorité s’éloigne ou disparaît, que les liens qui constituaient la trame du tissu social se dénouent, il n’est pas rare de voir les esprits les plus dociles se départir de leur apathie pour se révéler les plus ignobles des fauves. Ainsi ai-je lu ou entendu, je ne sais plus tant le fatras d’information qui se déverse sur notre monde ressemble aux dépôts d’ordures d’autrefois, ces monticules hideux fumant en périphérie des villes, ai-je appris donc que des bandes armées sévissaient en Georgie, volant, violant, tuant, massacrant ceux qu’ils rencontraient sur leurs sinistres parcours. Achevant au couteau des hommes ou des femmes, les découpant et les donnant en festin à leurs chiens. Nulle limite à leur barbarie que contemplent, désabusée et sans intervenir, la soldatesque russe.
Cela se passe en Georgie, dans cette région du Caucasse, si loin et si proche pourtant de notre Europe tant policée, jouxtant la Turquie par l’une de ses frontières. Et je me demande si demain, dans notre pays de douceur toute relative, si par aventure l’airbag de la civilisation venait à se dégonfler, nous n’assisterions pas à ces dérives malfaisantes. Car lorsque je lis sur la majorité des sites, sous les billets publiés, les commentaires que certains osent déposer, étrons exécrables dégageant leur fumet vindicatif et haineux, sous la mansuétude de l’anonymat, je me dis qu’il suffirait de peu pour que survienne ce déferlement de violence, ces exactions.
Connaissez-vous Hypatie? Fille de Théon d’Alexandrie, “le plus sage des philosophes”, élève et collaboratrice de son père, mathématicienne et philosophe, alors qu’au printemps 415 elle donnait un cours devant une assemblée nombreuse, une troupe de moines pénétra, l’accusa de sorcellerie, la traîna jusqu’au Cesareum où les moines la frappèrent avec des tessons, lui arrachèrent les yeux et la langue. Morte, transportant son corps au Cinaron, ils la dépecèrent, extrayant ses organes, puis brûlèrent ses restes. Pas un seul des participants à sa conférence ne se leva pour la défendre. Les moines lui firent payer ce qu’elle représentait en tant que femme à qui les plus hautes autorités demandaient conseil, ce que ne tolérait pas Cyrille, évêque d’Alexandrie. Ce crime resta impuni. Hypatie fut la première femme sacrifiée en raison de sa culture.
Et je me dis que nous avons bien peu évolué, que sous le masque de nos sourires civilisés rôde encore et toujours la bête immonde.
Ces sourires propres aux asiatiques, je ne sais s’ils sont le reflet d’une déférence constante vis à vis de leurs interlocuteurs ou la marque de la fourberie. Toujours est-il que c’est avec le sourire que les chinois admettent que certains truquages furent employés lors de la cérémonie d’ouverture des jeux. Cet aveu serait respectable s’ils n’ajoutaient que la presse s’occupe un peu trop des à-côtés. Mais ils n’en sont pas à leurs premiers essais. Lors des candidatures, et afin de faire croire que Pékin respirait sous l’air pur, lorsqu’on y atterrissait on pouvait y admirer des espaces plus somptueux qu’un alpage suisse au printemps: leurs pelouses rutilaient de peinture verte.
Ce n’est pas parce que les dirigeants d’un peuple se montrent à ce point si machiavéliques qu’il faut en déduire que leurs concitoyens le sont. C’est comme si nous disions que ce policier se tirant une balle dans le pied, pour complaire à ses chefs, est représentatif de sa corporation. Restons lucides pour nous préserver de toute ignominie.
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Chasseur à pied. Une des oeuvres du sculpteur Rochelais
Auguste Arnaud (1825-1883) qui ornaient le pont de l’Alma
avec l’Artilleur, également de son burin.
Le Grenadier et le Zouave sont du sculpteur Diebolt.
Souvenez-vous, la semaine dernière, je vous narrais l’histoire de Vanessa C., de La F. dans l’Aisne, près de Saint-Quentin.
C’était le premier chapitre de ce conte pas pour enfant où son mari pâtissait des mensonges de sa femme.
J’avais oublié de vous le dire, dans mon conte, cette femme est une menteuse pathologique.
Par exemple, invitée pour un mariage, la veille de la cérémonie elle téléphone à la future mariée (une de ses ex meilleures amies; je ne vous dis pas la colère de la mariée!) pour lui apprendre qu’elle ne pourra venir, son père résidant en Espagne (tiens, pourquoi l’Espagne? Une idée à moi sans doute.) et qu’elle n’a pas vu depuis longtemps, est mourant.
Merci pour ce brave homme, aux dernières nouvelles il est fringant comme un taureau (Ah! l’Espagne, ses corridas et son flamenco!).
Mais j’ai imaginé encore mieux. Où vont se nicher ces histoires, je vous le demande!
Comme dans tout conte, la trame se complique. Je récapitule. Elle avait un amant. Elle est revenue vers son mari. Mais entre temps elle a rencontré un policier (en civil ou en tenue? Je ne sais pas trop encore) qui est devenu son second amant.
Serait-ce lui l’instigateur de ce plan démoniaque? D’autant que pendant la garde-à-vue de J.F.C., il venait régulièrement le voir pour ironiser sur son sort. Dans mon conte, ce sera donc lui le méchant.
Je clos mon deuxième chapitre sur cette constatation. Après le fils de médecin, l’abominable policier. Il en faut toujours un dans les films! Ca augmente le suspense, et les autres, par comparaison, deviennent sympathiques.
Je ne sais pas encore comment vont se dénouer les fils de cette aventure, mais bientôt je vous reparlerai de Vanessa C.
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