LES ROCADES BORDELAISES
Amis Bordelais j’ai traversé votre superbe pont d’Aquitaine aujourd’hui, puis j’ai poursuivi ma route sur la rocade vers Mérignac.
J’aimerais vous poser une question. Quelle est la sommité de votre agglomération, nourrie d’équations à s’en faire une tumeur cérébrale, qui a eu les lumineuses idées clignotant sur son arbre rachidien comme sur un épicéa de Noël, de vous installer:
1) un radar tout en bas du pont, 1 km après le panneau, à la fin d’une descente telle que l’on est obligé de freiner constamment et fortement pour respecter les 70 km/h à faire bouillir un boeuf bourguignon si on pose la casserole sur les disques? (alors que le pont élargi a 6 voies)
2) une limitation de vitesse sur les quatre voies de la rocade à 90 km/h, alors qu’il y a peu c’était encore 110?
J’ai tenté, et réussi à force d’attention forcenée sur mon compteur, au détriment du reste, à respecter les 2 vitesses préconisées. Parfois quand même j’avais quelques appels de phares dans mon rétroviseur, ou des engins filant d’une façon normale et sans danger, me doublant.
Si l’un ou l’une d’entre vous pouvait me répondre, j’en serais fort aise et me permettrait d’écrire à ce génie pour le féliciter de son commencement d’action touchant à la sécurité, lui préconisant au surplus de poursuivre dans cette voie et de vérifier encore une fois le résultat de ses équations.
A mon avis il peut encore améliorer le système: je connais des rocades à quatre voies limitées à 50 km/h (Niort par ex) où la gent policière se pourlèche les calepins, des avenues longues et droites limitées à 30 km/h (La Rochelle) sur 2 km, vitesse qu’on ne peut respecter qu’en descendant de voiture et la pousser.
Tous ces génies me fascinent et je voudrais leur suggérer une solution plus rationnelle: l’interdiction définitive de rouler même quand ça ne présente aucun danger.
Ailleurs, qu’ils installent des espèces de chicanes en travers des routes et des rues afin que les automobilistes jouent au gymkhana.
Enfin on pourra rouler lentement tout en s’amusant sans être obsédé par un compteur dont l’aiguille a une faiblesse pour se déplacer vers la droite dès qu’on ne l’observe plus.
