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du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

DE TOUT UN PEU, QUELQUES NOTES AU HASARD.

 

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Brice Hortefeux va pouvoir pavoiser lorsqu’il affichera ses prochaines statistiques; au nombre des partants vers l’étranger il ajoutera un nom, Alain Ducasse qui, préférant sans doute ne pas subir les affres fiscales, est parti tout seul, comme un grand, vers ce royaume princier où l’argent a vraiment une odeur étrange.

Bravo Alain, votre geste est exemplaire et nous souhaitons tous qu’il soit suivi avec attention par ceux qui regimbent quand on les pousse manu militari dans l’avion du désespoir. Qu’ils soient au moins comme vous, coopératifs. Et surtout n’allez pas brûler au jeu des casinos le maigre pécule qu’on vous a alloué. Vous vous êtes dévoué pour leur montrer l’exemple, il est inutile d’en faire plus.

Pour votre survie, là-bas, à l’étranger où l’on blanchit l’argent sans remords, où le mot fisc est totalement inconnu, achetez donc un petit local pour y enseigner votre talent à l’usage des impétrants. J’ai trouvé son nom: “Le Paradigme”.


Il y a longtemps, lorsque je regardais “Nicolas et Pimprenelle” -attention, la série qui débuta en 1962, pas celle de 1995- ou “Interlude” -vous savez ce petit train rébus- il n’y avait pas de publicité à la télévision. Lorsque celle-ci fit son apparition ce fut de toute part des cris d’effraie. Exactement comme aujourd’hui où l’on parle, à l’inverse, de la supprimer sur les chaînes publiques. En fait, on n’est jamais content. Elle vient, on crie; elle repart, on crie encore. Certes, et ce serait une excellente idée si l’on avait les moyens d’assumer, mais comme il faut bien vivre et que les budgets ne sont plus extensibles, il faudra trouver le financement supplétif. Qui croyez-vous qui supportera le fardeau? Alain Ducasse? Non, il est parti. Nous alors? Bravo, c’est presque ça. Internet et les opérateurs; et comme ils répercuteront la taxe sur nos abonnements, ce sera bien nous.

Comme tout à l’heure je vous disais que les budgets n’étaient pas extensibles, je le répète pour les valeureux penseurs du projet, les nôtres non plus.

Et pendant ce temps-là, la maison Bouygues gagnera sur tous les tableaux avec la publicité sur sa chaîne.


Un autre tableau de chasse à son actif, c’est la signature, le 19 février, avec Madame Dati d’un contrat pour la construction, mais aussi l’exploitation -vous avez bien lu: l’exploitation- de trois prisons.

Qu’un maçon bâtisse, c’est normal, c’est son métier de répondre aux appels d’offre et de gagner la mise si le rapport qualité-prix est bon. Mais qu’un maçon exploite ensuite le bâtiment qu’il a construit, surtout quand il s’agit d’une prison, relève quelque peu de l’outrancier. A quand la Justice rendue par Bouygues? Car au train -qui n’est pas celui de mon interlude- où vont les événements en ce moment on peut craindre le pire.

Comme je ne suis pas en manque d’idées ce soir, j’ai encore une solution pour économiser sur le devis: que Bouygues fasse bâtir les prisons par les prisonniers eux-mêmes, ça les occupera en attendant de pouvoir regarder les programmes de TF1.


J’avais d’autres sujets à sortir de mon panier -il faut dire que la récolte est facile en ces premiers beaux jours- comme les mères porteuses ou encore la chasse ouverte aux généraux qui critiquent le livre blanc, mais je les garde pour plus tard.

On ne sait jamais, des fois que ça se calmerait du côté de nos penseurs, je n’aurais plus rien à vous offrir en pâture.

Allez ruminez bien et à plus tard.

NOUS PRISONS TROP LES PRISONS!

Aujourd’hui il y a plus de 62.00 détenus en France pour 50.637 places!

Malgré toutes les promesses faites, cette surpopulation carcérale tend à augmenter. L’administration pénitentiaire prévoyant quelques 67.000 détenus pour 2008.

Ce chiffre dépassera largement le record de 2004 avec 63.600 détenus.

Derrière ces chiffres se cache une réalité cruelle: des hommes et des femmes vivent dans des conditions anormales et indignes d’une société dite démocratique.

Pour répondre immédiatement aux priseurs de prison qui vont se récrier qu’ils le méritent, je dirai que je ne suis pas opposé aux peines carcérales justifiées. Je dis simplement qu’en tant que citoyen, qu’en tant qu’homme soucieux de respect, qu’en tant que membre d’une collectivité, d’une société de progrès, je trouve honteux d’entasser des êtres comme on entasse des bestiaux dans les bétaillères, dont certains ne devraient même pas s’y trouver tant qu’ils sont présumés innocents.

Cela étant dit, je ne m’étendrai pas sur ces conditions que tout le monde connaît: 2, 3 voire 4 détenus dans une cellule prévue pour 1 seul, hygiène, promiscuité, atteinte sexuelle etc… mais rappeler uniquement 2 textes du code de procédure pénale.

Art. 717-2: “les condamnés sont soumis dans les maisons d’arrêt à l’emprisonnement individuel de jour et de nuit et, dans les établissements pour peine, à l’isolement de nuit seulement, après avoir subi éventuellement une période d’observation en cellule. Il ne peut être dérogé à ce principe qu’en raison de la distribution intérieure des locaux de détention ou de leur encombrement temporaire ou des nécessité d’organisation du travail.”

Règle 18-6: “Chaque détenu doit en principe être logé pendant la nuit dans une cellule individuelle…. Une cellule doit être partagée uniquement si elle est adaptée à un usage collectif, et doit être occupée par des détenus aptes à cohabiter.”

Alors? Alors on sait que l’application de ces textes ou règles est mathématiquement impossible en raison de cette loi universelle “de l’offre et de la demande”, si je puis m’exprimer ainsi.

Par conséquent c’est aux juges de prendre conscience de cette dérogation continuelle au code, eux si assidus à vouloir faire respecter la loi.

N’y a-t-il pas dans leur panoplie répressive d’autres solutions plus en adéquation avec notre temps? Des peines de substitution, d’intérêt collectif, d’enfermement à domicile ou de contraintes judiciaires plus strictes.

N’avez-vous pas, juges, entre vos mains ce pouvoir magnifique de passer outre la facilité de la détention pour appliquer, à ceux qui ne méritent pas ce triste sort, d’autres peines moins sordides?

Vous feriez oeuvre d’humanité, et si cela ne vous convainc pas, oeuvre d’intérêt collectif en diminuant le budget colossal, que nous subissons tous, qu’implique la gestion d’un si grand nombre d’êtres humains.

20 décembre 2007 - Aucun commentaire
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