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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Les faucheurs glanent les ennuis.

thetriumphofdeath.jpg“Le triomphe de la Mort” (détail)
                                                                                       Bruegel l’Ancien (XVI e siècle)


Aujourd’hui à Bordeaux s’ouvrira le procès des militants anti-OGM qui avaient détruit le silo d’un exploitant. L’ardeur des faucheurs, qui se jour-là avaient remisé leurs faux pour un mélange d’eau et de brou de noix, était telle, qu’ils s’attirèrent les foudres que je dirai légitimes, au risque de me faire foudroyer moi-même, de l’exploitant, les chassant comme des malfrats -ce à quoi ils s’apparentaient- à coups de fusil tirés en l’air.


Très franchement, voyant débarquer chez moi une bande d’olibrius animée de pareille intention, venant détruire ce qu’ils estiment, au nom de leur seul point de vue, néfaste, je crois que la colère me serait mauvaise conseillère, et protégeant mon bien, de mon seul point de vue l’estimant propice, je ne m’armerai pas de ma seule patience légendaire.

Au nom de quoi se permet-on désormais d’imposer sa loi? Au nom de quoi se décrète-t-on détenteur de la vérité? Au nom de quoi s’érige-t-on en modèle de la désobéissance? En vérité d’ailleurs, j’aime bien l’insoumission, mais pour moi-même, chez moi et sans importuner quiconque.  Viendrait-il à l’esprit d’un pro-OGM d’aller détruire les véhicules et les faux de ces justiciers en herbe, au seul constat que ces objets sont néfastes pour lui? A moins que ces véhicules et ces faux se trouvassent, sans y être autorisés, sur sa propriété, bien sûr.

Si l’on faisait subir les mêmes avanies au fumeur de pipe et ses comparses, en débarquant chez eux pour détruire les élevages de brebis parce qu’ils polluent l’air alentour, nul doute qu’ils sortiraient leurs faux pour un autre usage moins bucolique que la moisson.

Mais j’y pense, à propos de faux, quel est le personnage toujours représenté, dans la mythologie populaire, avec cet instrument agricole négligemment posé sur l’épaule?

27 août 2008 - 5 commentaires
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Viens voir les comédiens, voir les musiciens…

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Françoise Seigner et Jean Carmet dans “Les Misérables” de R. Hossein
Crédit photo:Collection AlloCiné/www.collectionchristophel.fr

Il y avait autrefois, parmi les acteurs, des seconds rôles inoubliables. Des personnages, des vrais, des gueules, des voix. Noël Roquevert, Raymond Bussières, Pauline Carton, Pierre Larquey, ou encore Robert Dalban.

Plus près de nous Jean Bouise, ce fabuleux acteur qui tourna dans “Z” aux côtés de Montand. Un autre les accompagnait, Charles Denner.

Pierre Vernier, ami de Belmondo depuis le conservatoire, au succès mérité dans le feuilleton des années soixante, “Rocambole”.

Et tant d’autres, tant d’autres dont les noms figuraient en lettres moins imposantes, mais s’imposaient quand même, sous celui des vedettes. Il me faudrait les citer tous, leur talent étant au moins de même ampleur que ceux qu’ils valorisaient par leur présence.

Mais les temps changent, et cette recherche incessante de “l’audimat”, cet afflux de films déferlant sur les écrans, ce besoin de capter un nombre grandissant de spectateurs, ces budgets pharaoniques alloués par des producteurs plus soucieux de rentabilité que de réels chefs-d’oeuvre, cet appât du gain contaminant tel un virus ayant muté, toutes les couches d’une société, nous entraînent dans un cyclone dispersant ce qui nous restait d’honneur et de respectabilité.

Hier on regardait aussi un film pour le plaisir d’y entendre les répliques des seconds rôles. Aujourd’hui même les stars ne font pas toujours recette et l’on adjoint à leurs côtés, pour attirer le chaland, quelques célébrités fugaces, planètes d’un moment à l’éclat pareillement dérisoire à leur pâle talent de comédien, alors que des conservatoires émergent des soleils dont la lueur ne parvient pas jusqu’à nous.

Ces comédiens savent que les portes du paradis leur seront sans doute à jamais interdites. Les clefs de ces portes n’étant pas forcément en adéquation avec la serrure du succès. Que leur reste-t-il pour crocheter ces serrures? Le théâtre, la publicité, la figuration, l’intermittence? Ils sont nombreux à vouloir faire parler d’eux. Car rien n’est désormais possible sans ce passage obligé du vedettariat, sachant que la jeunesse s’enfuyant, s’enfuit avec elle l’espoir d’être connu. Dès lors tout devient prétexte, des mauvais procès aux paroles les plus stupides, pour que son nom s’affiche en lettres géantes aux frontons des temples où l’on veut pénétrer.

Il faut savoir ce que l’on souhaite, et assumer sereinement ce choix que l’on a fait, ou rester dans l’ombre si l’éclat des projecteurs nous devient insupportable, cet éclat propagé, subit parfois, souhaité souvent, par le miroir du web dont fuzz.fr n’en était qu’un des aspects.

Qu’on ne s’étonne pas alors si cette comédie qui se joue tous les jours sur la scène des médias, ces nouveaux tréteaux dressés pour une société avide de sensation, tourne au drame, quand les spectateurs y contemplent un médiocre jouer mal son rôle.

Les huées ne sont que le salaire qu’il mérite.

29 mars 2008 - Aucun commentaire
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ASSISES DE CHARENTE MARITIME: L’HORREUR D’UN MEURTRE.

Je n’avais jamais assisté à une session d’assises (15 jours tous les 3 mois généralement). Entre les viols et les meurtres, j’ai suivi ces derniers jours trois procès, un viol sur mineure (huis-clos en partie) et deux meurtres.

Sept ans de prison pour le premier, dix ans pour le second.

J’engage tous ceux qui n’ont pas vécu ces moments intenses de s’y rendre un jour. On y découvre toute la détresse du monde, la pauvreté, la misère intellectuelle ou encore la déchéance morale.

Le procès dont je voudrais vous parler concernait une femme, Corinne Boutolleau, 40 ans, qui le soir du 14 janvier 2004 a tué son mari, Eric Boullon en lui faisant manger des yaourts dans lesquels elle avait mélangé quelques dizaines de comprimés d’Equanyl 400 mis en poudre grâce à un hachoir électrique. Cinq fois la dose létale. Lui, les trouvant trop amers elle y ajouta du sucre.

Le découvrant mort sur le canapé, le lendemain matin, elle le glissa sur une brouette pour l’emmener dans la chambre le temps que ses enfants, et son frère Bruno, qui vivait dans la grande maison familiale et versait l’intégralité de son salaire à son beau-frère afin que la famille puisse vivre, partent les uns à l’école accompagnés par leur mère, l’autre à son travail.

De retour, elle remit le cadavre sur la brouette, le mena au fond de la propriété, le jeta sur un tas d’ordures, recouvrit le tout de bois et mit le feu qu’elle alimenta régulièrement pour découvrir au bout de deux jours un élément non carbonisé d’environ quinze kilos, de forme carrée qui ressemblait au thorax.

Ne sachant qu’en faire, elle mit cet élément dans deux sacs poubelles qu’elle alla jeter dans un container destiné à la déchèterie. Puis, inventant une histoire, elle déclara la disparition de son mari, le faisant croire à tous, et notamment à ses enfants, deux garçons, dont un d’une première liaison, et deux filles. Elle imagina, pour troubler les pistes, perdre le portefeuille du mari dans une ville voisine, ce qui 18 mois plus tard allait la perdre, sa fille Marie Catherine se doutant de quelque chose, la menaçant de se rendre à la gendarmerie, conversation téléphonique suivie par les gendarmes qui l’avaient mise sur écoute, et qui commencèrent à douter de la version des faits.

Mise en garde à vue ainsi que sa fille et l’un de ses fils, soupçonnés tous deux de complicité, elle avoua rapidement son geste. Un amant falot fut mis hors de cause, lui aussi suspecté de l’avoir aidé.

Voici les faits. Rapportés ainsi et lus dans la presse, cette femme paraissait un monstre de cruauté et de perversité. Toute sa famille se ligua contre elle, le beau père dont on sut qu’il s’était peu, pour ne pas dire jamais, intéressé à son fils, la belle-soeur, la première fille de cet homme issue d’une courte liaison abrégée très vite suite à son alcoolisme et sa violence, le fils de cette femme lui aussi issu d’un premier amour délaissé par l’homme qui l’enfanta, et les deux filles enfin légitimes. Seul l’un d’entre eux, Simon l’avant dernier, une quinzaine d’années, qui m’est apparu comme le plus digne et le plus estimable, ne s’était pas constitué partie civile.

Le ministère public et les parties civiles n’observèrent que les faits, bruts et sans état d’âme.

Mais au fil des débats et des témoignages se dessina l’image d’un homme tyrannique, alcoolique, violent, fainéant ne subsistant que grâce au travail de Bruno, faisant régner la terreur au sein de son foyer, le fils aîné allant jusqu’à avouer à la barre qu’il craignait de rentrer chez lui le soir.

Il interdisait à sa femme toute sortie, chronométrant le temps qu’il lui imposait pour faire les courses, jaloux, la frappant parfois, la chassant le soir obligée de dormir dehors, ne lui permettant pas de s’habiller comme elle l’eut souhaité, lui interdisant les jupes, obligeant ses enfants à travailler dans le jardin par 40°, leur faisant effectuer des travaux de terrassement, les frappant à coups de poings et de pieds, se rendant au collège en passant par dessus la clôture pour frapper un de ses fils, dépensant le peu d’argent dans l’achat d’une seconde voiture ou de dix fusils de chasse, menaçant de mort un ami s’il hébergeait sa femme après un départ avec ses enfants, buvant jusqu’à six litres de vin par jour, du pastis ou des bières, se frappant le bras d’un coup de masse pour prolonger un arrêt de travail, perdant un emploi de routier pour cause de boisson; devenu éboueur le maire de la commune fit savoir qu’il serait licencié après son arrêt maladie, trop de soucis avec lui. Un fait augmenta encore sa violence, il savait que son beau-frère Bruno allait quitter le domicile pour vivre avec une jeune femme et qu’ainsi son salaire ne lui reviendrait plus.

Hospitalisé plusieurs fois pour surcharge médicamenteuse ou coma éthylique, entamant une cure de désintoxication, il sortait toujours avant la fin du séjour contre l’avis des médecins.

Cette vie n’était pas une existence pour cette femme qu’elle supporta, subit de longues années. Même sur la fin, devenu presque grabataire, encore qu’un de ses fils reconnut l’avoir vu marcher normalement se croyant seul, il parvenait à donner des coups avec les béquilles qu’il utilisait.

Alcoolique, traité par anxiolytiques et antidépresseurs on comprit qu’il faisait subir à sa femme d’autres tourments, la contraignant d’essayer de le satisfaire lui qui ne pouvait plus rien. On comprend mieux dès lors la survenue d’un amant auprès duquel elle recherchait sans doute un peu de bonheur et de réconfort. Relation d’ailleurs qui ne dura guère.

Les parties civiles plaidèrent l’horreur du geste, l’absence de sépulture, les enfants meurtris par ce mensonge, disséminés, la plus jeune, Océane, 13 ans, placée dans une famille d’accueil, l’aîné dans un foyer de jeunes travailleurs, allant jusqu’à insinuer que les surcharges médicamenteuses étaient du fait de l’épouse alors que pour au moins une, elle était absente. Jamais ils ne considèrent l’enfer qu’ils vécurent tous.

Quant à l’avocat général, parlant d’une voix monocorde qui faillit m’endormir, son réquisitoire se borna à reprendre les faits bruts, insistant sur la date du meurtre, jour où Eric Boullon n’était plus qu’une loque sans défense, désormais sans sépulture. “Aucune indulgence, non aucune indulgence, je requiers 20 ans de réclusion criminelle”.

Enfin son avocat, Maître Moulineau, plaida de façon admirable. Démontrant, s’il en était besoin, du désarroi de cette femme, de sa souffrance, de son enfer, de sa domination, de sa personnalité “gentille, serviable, travailleuse” (tous les témoignages la décrivent ainsi), de son enfermement psychologique qui a fait qu’un soir, tonna-t-il, un ressort se cassa. Pendant une heure et demie il démontra que ce geste non prémédité ne fut que la résultante d’un long calvaire. “On ne prémédite pas un meurtre ainsi, s’emporta-t-il, en mettant un cadavre de 80 kilos dans une brouette qu’on va chercher dans une grange, traversant la maison, allant le coucher dans la chambre, rangeant la brouette puis retournant la chercher, le remettre dessus, retraversant la maison pour aller le déposer sur un tas d’ordures et y mettre le feu”.

Le jury délibéra deux heures pour répondre à cette question: Corinne Boutolleau a-t-elle volontairement donné la mort sur la personne d’Eric Boullon? A cette unique question la réponse, bien sûr, ne pouvait être que “oui”! Verdict: 15 ans de réclusion.

Ensuite dans l’attente du civil (les amendes et dommages-intérêts réclamés par les enfants, la famille et le conseil général, qui furent accordés, légèrement diminués) le fils aîné discutait en souriant, la fille sortait et rentrait chaussée de savates genre mules. Seul Simon s’éloigna pour pleurer. Il avait fait dire à sa mère qu’il l’aimait par le biais de son avocat.

Je dois dire que l’attitude de trois des enfants de cette femme m’a surpris, se croyant plus au spectacle qu’au procès de leur mère, semblant heureux des caméras les filmant aux interruptions d’audience, entrant et sortant sans cesse lors des séances, ne faisant preuve que de peu de douleur et pas même de chagrin, allant jusqu’à la haine pour la fille aînée. Seul, je le répète, le jeune Simon est resté digne.

Certes rien ne justifie la mort, tout meurtre doit être sanctionné, et je pense aussi à cet homme, dont la mère mourut de cirrhose à 40 ans, qui devait avoir en lui une souffrance le conduisant vers des dérives intolérables. Il avait aussi 40 ans. Mais ce crime ne méritait pas 15 ans, même en considération de l’atrocité qui prévalut à l’ordonnancement des gestes effectués pour la disparition du cadavre. Le feu avait valeur de symbole sans doute. Et je ne conçois pas ces gestes comme acte volontaire, mais comme finalité d’un affolement obviant toute lucidité.

Ce verdict qui me semble excessif m’a répugné car j’eusse aimé plus de clémence. Ses enfants m’ont indigné dans leurs attitudes, alors qu’ils reconnurent tous qu’après la disparition du père, la vie était redevenue heureuse. On ne se présente pas en chausson, on ne sourit pas après la condamnation d’une mère. Certains qui se félicitaient de cette peine en sortant de la cour, oublient qu’un jour ils peuvent eux aussi commettre l’irréparable parce qu’il est des instants où la vie de tous les jours est telle que plus rien n’existe, seules cette force et cette violence qui nous poussent à agir en dehors de toute logique, subsistant.

Si j’avais été l’un des jurés, ce soir-là il m’eut été difficile de m’endormir.

AU SECOURS! ON VEUT ME FAIRE TAIRE!

Ce matin dans SUD-OUEST a paru un article concernant la lenteur du TAAP (Tribunal aux Armées de Paris) suite au crash du Sinaï en mai 2007, le jour de l’élection de N.SARKOZY.

Article écrit avec talent par Pierre-Marie LEMAIRE, dont voici le lien:

http://www.sudouest.com/201207/france.asp?Article=201207aP1330120.xml

Il y décrit les circonstances du drame, mais surtout l’attente des familles qui se sont constituées parties civiles et qui n’obtiennent aucune réponse du TAAP pour certaines, ou un refus d’accéder au dossier pour d’autres, ce dont mon avocat est scandalisé.

Il y indique également l’adresse de mon site où je décris tout depuis ce jour funeste.

Visitez-le vite: http://www.patrickpike.fr

car un ami vient de me prévenir ce soir que quelqu’un veut le faire fermer!

J’ai le tort de lui déplaire et veut même m’assigner en justice.

Mon avocat, interrogé, sourit et ne s’inquiète pas.

Quant à celui qui veut me faire taire, s’il veut faire de moi une victime de plus, je suis prêt.

Ainsi nous pourrons sans doute avoir quelques explications plus précises et pourrais dire sans contrainte tout ce que je sais.

20 décembre 2007 - Aucun commentaire
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