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Un BLOG Internaute
du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

LE DROIT AU TRAVAIL,LE TRAVAIL DU DROIT.

Hier je m’interrogeais; comment se fait-il que les riches deviennent aussi nombreux dans le même temps que les pauvres s’appauvrissent? J’ai la réponse aujourd’hui; Du moins, c’est Xavier Bertrand qui me l’apporte. Pour devenir riche il faut travailler plus avait répété le candidat Sarkozy. Par conséquent, en zélé partisan du patron, le ministre du travail n’hésite pas à mettre en oeuvre ses idées géniales, quitte à aller au-delà de sa pensée, du moins de ce qu’il avait dit. Supprimons les trente cinq heures, que ceux qui travaillent en fassent un peu plus, ils deviendront riches et les autres n’auront qu’à tendre la main pour quêter une obole. C’est une trouvaille, que même moi je n’y aurais pas pensé! A tel point d’ailleurs, que les syndicats commencent à lever sérieusement les sourcils et que le MEDEF se demande si c’est vraiment raisonnable d’aller à l’encontre des négociations en cours. C’est tout dire de sa compréhension de la réalité du monde et de sa perception de l’univers du travail. Que voulez-vous, on ne peut pas demander à quelqu’un qui n’a jamais tenu une pioche de sa vie huit heures durant, chaque jour, de soigner aussi les ampoules que l’échauffement du manche provoque. Il est capable de leur dire de mettre des gants, blancs de préférence afin de voir s’ils ont réellement servi. Bref, les quarante heures c’est pour demain si tout va bien. Le progrès est en marche. Soyez heureux, vous allez vous enrichir sans heures supplémentaires. Et puis, avec les progrès de la technologie, vous pourrez écouter vos musiques préférées ou téléphoner, avec un casque sur les oreilles, sans quitter votre poste de travail. C’est un double avantage, car en plus il vous protégera du bruit ambiant. Ah! travailler en écoutant le murmure des vagues! Plus besoin de prendre de vacances. On envisage la création de lunettes spéciales avec diaporamas de lagons bleus.

A tel point que cinq semaines de congés, désormais ce sera trop, ce sera superfétatoire. Je regrette d’être né trop tôt. C’est trop injuste, j’aurais même pu gagner de l’argent en économisant sur mes vacances.

A propos de justice, je lis à l’instant que le tribunal de grande instance de Lille vient d’annuler un mariage, au prétexte que la jeune femme, musulmane, n’était pas vierge. Et lui, ce bon musulman, était-il encore puceau? Et vous, juges, avez-vous encore tout votre esprit? Êtes-vous donc à ce point si férus de droit pour dénicher sous les pages poussiéreuses du code un article pour donner raison à ces conceptions moyenâgeuses? Devant une telle ineptie, les mots me manquent. Comment peut-on décider qu’une femme, quelle que soit sa religion, ne peut se marier sans être vierge? Au nom de quoi, au nom de qui peut-on juger de la liberté du corps, de son corps? Avez-vous véritablement réfléchi à ce que vous venez de décider? Aux conséquences d’une pareille absurdité? Au drame que vous venez de déclencher? Ce n’était pas au plaignant qu’il fallait donner raison, mais à la femme. C’est l’homme qu’il fallait condamner pour oser faire une telle demande devant la justice de France.

“La mission de la justice est noble, considérable. Elle se suffit à elle-même.” Ce n’est pas moi qui le dis, c’est un de vos pairs, et non des moindres, l’avocat général Philippe Bilger. Il l’écrivait aujourd’hui dans l’un de ses billets, à tout autre propos. Mais comme elle est splendide cette phrase! Comme elle énonce ce que tout citoyen est en droit d’attendre d’elle et de vous qui en êtes, théoriquement, les garants. Vous n’aurez su aujourd’hui, par votre jugement, que nous la rendre à nos yeux un peu plus pitoyable et insignifiante.

ARRÊTEZ! VOUS ALLEZ ME FAIRE PLEURER!

Quand je lis dans SUDOUEST.COM de ce matin le récit d’Eric RAMOND “Voilà leur train de vie”, je souffre. Mais pas pour lui!

Je souffre pour ces travailleurs qui doivent travailler, eux, jusqu’à soixante ans ou plus pour avoir droit à une maigre retraite, les maçons, plombiers, artisans en tout genre, salariés de l’industrie, représentants, mécaniciens, tourneurs, fraiseurs, carreleurs, peintres, plâtriers, électriciens, menuisiers… et j’en oublie, qu’ils me pardonnent. Et même ces salariés dans les bureaux, pressés par les horaires, par leurs patrons.

Quand ils ne font pas 8 à 10 h. par jour de labeur, dans le froid ou la chaleur; quand ils ne rentrent pas chez eux car le chantier est trop loin; ou qu’ils découchent quand il est encore plus loin; quand on ne compte pas leur temps de trajet dans leurs horaires; quand leurs primes, s’il y en a, dépendent du bon vouloir d’un petit chef.

Et que dire de ces infirmières, aide-soignantes, personnel hospitalier ou de cliniques qui ne comptent pas leurs heures pour le confort des malades? Heures qui ne sont ni payées ni récupérées.

Et que dire encore de tous ceux dont la sécurité de l’emploi n’existe pas? Qui sont eux-aussi obligés de découcher? Qui ne passe pas tous leurs WE à la maison? Ou les fêtes loin des leurs? Ils sont légion et ils cotisent 40 ans; et ils ne partent pas en retraite à 55 ans, à moins qu’on ne les ait licenciés avant. Et ils ne disent rien, car ça fait partie de leur travail

Alors, ayez un peu de décence! et n’essayez pas de nous attendrir par des propos dont j’aurais honte à les prononcer.

Non, votre travail n’est pas pénible! Non votre train de vie n’est pas spécial!

Des milliers d’autres font pire que vous et pour moins que vous.

Le seul problème qui vous préoccupe est de sauvegarder vos acquis, vos privilèges qui datent d’une époque révolue où les hommes mouraient avant même de prendre leur retraite. Aujourd’hui l’espérance de vie, en France, est une des plus élevée au monde après le japon, la Suède, la Suisse et Israël!

Alors prendre sa retraite à 60 ans, ça vous laisse encore pas mal de temps pour vivre d’autres aventures et faire d’autres km sans vous plaindre, au volant de votre voiture, ce qui sera plus usant que dans votre cabine de TGV. A moins que vous ne preniez le train, gratuitement encore, puisque vous aurez toujours cet avantage.

Vous prenez en otage une grande partie de ceux qui veulent véritablement travailler. Mais n’oubliez pas ceci: l’acquis n’existe pas! Il peut à tout moment être supprimé. Le seul qui soit pérenne est le salaire.

Et ce n’est pas un patron, ou un bourgeois, ou un nanti qui vous dit cela. Je ne suis qu’un retraité qui, lorsqu’il a commencé à travailler devait cotiser 37,5 ans mais qui n’a pris sa retraite qu’à 61 ans car il a dû cotiser, bon gré mal gré, 160 trimestres pour n’obtenir moins que vous n’aurez en partant à 55 ans, qui a découché plus que vous, qui a peu vu ses enfants grandir, qui a parcouru des km en voiture, en train, en avion. Qui a souffert de n’être pas là pour une fête, de partir le dimanche, de s’absenter quand il aurait préféré rester au coin du feu, ou partir à la plage, qui râlait en faisant ses bagages mais qui partait quand même parce que c’était son travail et qui se disait: “Si tu n’es pas content, tu n’as qu’à faire autre chose!”

16 novembre 2007 - Aucun commentaire
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DES TAS OU D’ETAT DE GREVES?

Je n’ai jamais fait de grève de ma vie. Ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer.

D’ailleurs, à quoi bon? je suis en retraite! Ou alors peut-être pour une revalorisation de ma pension.

J’y pense.

Certes, mais comment pratiquer?

En bloquant les routes avec ma voiture? Ils vont me coller un PV!
En stoppant les trains avec mon vélo? Ils ne vont pas se gêner pour rouler dessus!
En éteignant mon électricité dès la nuit tombée? Je ne pourrai plus écrire!
En refusant d’ouvrir ma boîte à lettres? Je vais oublier mes factures!
En fermant mon ordinateur? Vous n’aurez plus de mes nouvelles!

Décidément je manque totalement d’imagination pour ma grève sur le tas.

Je ne suis pas le seul, me direz-vous; et depuis que le droit de grève existe, ça n’a pas changé. Si, quand même, EDF-GDF. Ils sont plus intelligents, ils ne coupent plus les réseaux comme dans ma jeunesse. Au moins ils ne perturbent plus les pauvres usagers que nous sommes.

Attention: ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Je ne suis pas contre la grève. Et quelques grandes grèves des XIX et XX ièmes siècles ont fait reculer pas mal d’aberrations et d’injustices.

Mais alors là, aujourd’hui, je ne comprends plus: vous faites grève pour quoi au juste?
Pour supprimer ces aberrations et toutes ces injustices?

Non? Ah! c’est pour l’inverse! Je n’avais pas compris!

Et moi qui croyez que vos grèves sur le tas, c’était pour que tous soient égaux, en fait votre grève sur l’état c’est bien pour préserver vos petits avantages, et qu’importe si ceux qui vous financent, c’est à dire nous, en subissent les conséquences.

Camarades, continuons le combat et surtout ne criez pas au scandale quand des députés ou des hommes politiques s’octroient des avantages: ils font comme vous, ils veulent non seulement les garder, mais aussi les amplifier.

Et eux, ils n’ont pas besoin de faire grève, ils ne demandent l’avis de personne, sauf le leur.

16 novembre 2007 - Aucun commentaire
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