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du Journal SUD OUEST

Les notes de Patrick PIKE
Un petit soleil aura toujours plus d’attrait qu’un gros satellite!

Pike | A quelle race appartient Eric Zemmour?

 

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A quelle race appartient Eric Zemmour qui, dans une émission d’Arte, s’est permis de distinguer les blancs des noirs, des jaunes argumentant, selon le court extrait diffusé par internet, sur la seule notion de métissage? Sa démonstration tient en une phrase, puisqu’il y a mélange physique il y a de facto des races, sinon il n’y aurait pas de métissage. J’aurais envie de m’écrier comme Cyrano, c’est un peu court jeune homme, mais sa pensée étant aussi appétissante que peut l’être une coquille d’huître vide, je ne voudrais pas survolter les neurones qui lui subsistent au risque de les voir s’anéantir dans une longue réflexion qui le fera disjoncter. Je me demande d’ailleurs si l’interrupteur n’est pas déjà sur “off”.

Faut-il lui rappeler qu’il y a quelques centaines de milliers d’années, sur la quinzaine de races d’hominidés se côtoyant sur l’espace immense de notre terre, seule survécut celle à laquelle nous appartenons tous, Homo sapiens, sans aucune sous-catégorie. Pas une seule des populations de la terre n’a de gènes qui lui soient propres, et l’on sait bien pourtant que lors d’un besoin d’organe pour une transplantation, il se peut que le donneur compatible soit originaire de l’Alaska ou de Centre-Afrique alors qu’au plus proche de votre voisinage il ne se trouvera personne en mesure d’y correspondre. Pas de gènes propres, mais une mixité phénoménale qui offre autant de chances à chacun de trouver le donneur compatible, du devant de son seuil à l’autre extrémité du monde.

Faut-il lui rappeler également que la couleur de la peau n’est qu’une adaptation plus ou moins forte d’un même gène à des contraintes d’ensoleillement. Si les peuples de la terre étaient restés figés sous les latitudes qui les ont vus naître, le promeneur partant pour une longue odyssée, du Nord vers le Sud, serait incapable de situer le lieu où les couleurs de peau changent. Ce ne serait qu’une succession de nuances se mêlant les unes aux autres. Le métissage n’étant en définitive pas autre chose qu’une atténuation de l’expression d’un gène commun, ce qui explique également les différences anatomiques que l’on constate entre diverses populations.

Faut-il lui rappeler enfin que la notion d’espèce implique une reproduction entre elles totalement impossible. C’est d’ailleurs ce qui n’a pu se produire à l’apparition des hominidés, où les espèces entre elles, quand bien même se fussent-elles accouplées au hasard de leur pérégrination, n’ont jamais enfanté. Il n’y a pas de descendant d’une fécondation réalisée entre Homo néandertalis et Homo sapiens, pas plus qu’il n’y en a entre une carpe et un lapin. En revanche les métis, dont nous sommes tous par l’impondérable des rencontres de nos géniteurs, sont légions.

Je ne sais pas ce qu’a voulu insinuer Eric Zemmour en insistant sur le fait qu’il était de race blanche et la jeune femme face à lui de race noire; ce que je sais en revanche c’est que, selon sa démonstration, il ne se reproduira sans doute pas, pour le bien de l’espèce, puisqu’étant d’une race à part, pour répondre à la question du début. A moins qu’il ne rencontre, malheureusement, une autre représentante de son genre. Ce n’est pas au Musée de l’Homme qu’il la trouvera et pourtant je lui suggère fortement d’y aller faire une incursion ou de suivre, au Collège de France, un cours de paléontologie. Non seulement pour sa culture générale, mais pour paraître moins ridicule à l’avenir.

17 novembre 2008 - 29 commentaires
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La vie est un fromage.

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Ce soir je suis bougon. Je l’écris pourtant, alors que Littré nous dit qu’il ne peut s’employer que dans le style le plus négligé. Grondeur et radoteur, mot tout à fait populaire selon lui. Bref, et quoi qu’il en soit, je bougonne. N’allez pas croire que je fus un spectateur de la série qui débuta hier soir sur la 6, il y a longtemps que je ne regarde plus cette sorte d’aquarium où gesticulent quelques têtards s’imaginant rejetons de Poséidon. Je suis bougon, sans être non plus descendant des très illustres familles du même nom assignant au tribunal les réalisateurs de la dite série. Ridicule pour ridicule, on se demande de qui des deux l’est le plus. D’ailleurs on assigne aujourd’hui pour tout et pour rien, comme ce brave homme sans doute qui bougonnait également après avoir été débouté du procès intenté contre une pauvre femme qui aurait été vue, derrière son bar, fumant. La loi c’est la loi, vociférait-il au nom de son association, sur une radio nationale, se promettant de poursuivre sa guerre saine. Je suis bougon, allez savoir pourquoi! Le temps, peut-être, gris et maussade.
“Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits;”
En récitant ces vers, dans le courant de la journée, tout en m’acheminant vers les pompes au volant de mon véhicule, je partageais son spleen et comprenais Baudelaire. Non pas que le coût du carburant, comme le dit si bien mon âne préféré, si loin de la poésie mais si prosaïquement attentatoire au bon sens et à la logique, m’exaspérait, mais bien plutôt le fait de circuler alors que j’avais prévu une après-midi de bricolage à poser une étagère indispensable à la décence de mon garage. Ce salutaire coup d’oeil dans le rétroviseur de mon emploi du temps me fait prendre conscience que j’étais déjà bougon ce tantôt, ce qui me rassure en quelque sorte, ne l’étant pas devenu en lisant que la Marseillaise avait été sifflée lors du match de foot de ce soir. Ce qui, soit dit en passant, ne me réconcilie nullement avec les manchots et leurs admirateurs. La stupidité, une fois de plus, a gagné.
En fait, si je suis bougon, la faute en est à une jeune juge -charmante au demeurant, comme vous le savez si vous suivez mes péroraisons- qui m’envoya une lettre recommandée -je hais les lettres recommandées- m’informant de mon statut de curateur. La justice suivant son cours, j’attendais cette missive depuis une semaine. Parvenue ce matin, il me fallait bousculer mes prévisions, remettre à demain ce que j’avais prévu pour le jour-même. Rencontres, démarches, je ne suis rentré que pour dîner. Sur la table, avant le dessert, il y avait un fromage dont je lus l’étiquette: “Le Bougon”, fromage de chèvre des Deux-Sèvres! Bon prince, je l’entamais, sans bougonner. La vie n’est qu’un fromage.
Un dernier mot encore, bougonner, selon Littré que je vous recommande, bien meilleur que Le Robert avec ses nouvelles orthographes -mais nous en reparlerons, viendrait du vieux français boujoneur et bougonneur, celui qui était chargé d’inspecter les draps et de faire observer des règlements.
C’est tout moi, ça! D’ailleurs je vais de ce pas inspecter mes draps, la nuit s’avançant sans que j’y prenne garde, pour bougonner sur mon oreiller.

dsc_0009.JPGC’est rassurant, non?



SARKO SHOW

    C’est vrai qu’il est brillant notre Sarkozy international.

    C’est vrai qu’il est convaincant avec son ton décisif, incisif, péremptoire et sans l’ombre d’une hésitation lorsqu’il est affirmatif.

    Je suis sûr que demain les sondages vont remonter. Un peu comme la bourse. Ca va, ça vient. Et en ce moment elle remonte, enfin aujourd’hui! Sans doute quelques bonnes nouvelles.

    Mais demain?

    Demain les commerçants vont acheter aux producteurs, plus cher, et revendre aux consommateurs, moins cher. Bravo!

    Demain les propriétaires ne demanderont plus de caution aux locataires, sauf un mois de garantie. Point final. Bravo encore!

    Bravo aussi pour l’indexation du loyer sur l’indice des prix.

    J’en connais qui font faire la “gueule”! Mais comme il le dit, il n’est pas le Père Noël. Il aurait pu ajouter “ni Saint Nicolas”!

    Bon, je ne me vais pas m’étendre sur tout ce qu’il a promis, comme de travailler le dimanche (et la nuit?), de débloquer les fonds de participation (c’est assez facile), de réhabiliter le travail (il était coupable?), de payer les heures supplémentaires , les RTT dans le public comme dans le privé… Et tout ça sur fond de dialogue avec les partenaires sociaux.

    Alors là, c’est pas gagné, surtout avec la claque qu’ils viennent de prendre pour les régimes spéciaux.

    Mais où Saint Nicolas risque d’en prendre une, de claque, c’est avec les enfants des banlieues. Et j’ai la vague impression qu’il serait plutôt du côté du saloir que de celui du miracle.

    Car, si je suis en accord avec lui sur le fait que nous ne sommes pas au Far-West pour se faire tirer dessus et que les coupables doivent être sanctionnés à la hauteur de leurs actes, il a une fâcheuse tendance à globaliser et mettre tout le monde dans le même panier à salade.

    Or chacun sait (enfin presque) qu’il n’en est rien et que la “banlieue” attend autre chose qu’une répression plus prégnante qui ne fera qu’envenimer le sentiment d’abandon, de rejet et de ghetto qu’elle ressent. Il faut lui proposer des solutions d’avenir qui passent par l’éducation (je me répète, mais c’est le fondement même d’une société), le travail accepté, donc correctement rémunéré, les loisirs partagés, le dialogue ou encore des encouragements répétés (un bon “manager” sait qu’il faut une minute pour critiquer et cinq pour féliciter, et qu’il n’obtient jamais rien quand une décision est imposée et non proposée par celui à qui il veut la faire exécuter). Attendons le plan de Fadela Amara. Mais je crains le pire quand j’entends des mots comme “immigration non maîtrisée” ou “immigration choisie”.

    Enfin pour conclure, j’ai toujours préféré Othello à Iago.

29 novembre 2007 - Aucun commentaire
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